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——————————— January 1, 2019 - Tuesday 01, January 2019 ———————————

Les smartphones arrivent à faire une mise au point de l’image avec l’appareil photo : il y a donc un déplacement des lentilles optique.

Dans les appareils photo plus conséquents, ce sont des moteurs qui font bouger les optiques dans tous les sens (c’est même très complexe, avec des dizaines de lentilles : niveau ingénierie et physique optique, ce sont des bijoux, bref).

Dans mon téléphone, le déplacement est assuré de la même façon que vibre une membrane de haut parleur : avec un champ magnétique !

Une petite bobine fait le tour de la lentille, le tout porté par une membrane. En faisant passer un courant dedans, la bobine s’approche ou s’éloigne plus ou moins du capteur CCD (ou d’autres lentilles) et permet de faire la mise au point.

C’est brillant.

Et le petit "tic-tic" qu’on entent quand ont éteint l’appli de l’appareil photo, c’est justement la membrane qui reprend (un peu trop brusquement) sa position initiale.

Un documentaire sur les réacteurs nucléaires à sels fondus (combustible liquide). Il permet d'avoir les idées plus claires sur ce type de réacteur que certains vantent à longueur de temps à l'aide de l'argument "les méchants lobbies limitent son développement", ce qui n'est pas si simple (il reste encore des inconnues et du travail de recherche à accomplir) et qui ne résout pas tous les problèmes (notamment d'émission de déchets).

J'en recommande le visionnage, même si toute l'animation de synthèse (la fausse pub sur le Thorium qui revient en boucle, la partie de poker "nuclaire"…) est très très pénible…



Mes notes :

  • Après l'arme nucléaire, l'armée navale état-unienne souhaite disposer de navires et de sous-marins à propulsion nucléaire. Cela permettra aux submersibles de rester immerger plus longtemps puisque la fission nucléaire délivre beaucoup d'énergie tout en occupant un volume restreint ;

  • Il existe plusieurs combustibles, plusieurs moyens de refroidissement et plusieurs modérateurs (pour contrôler la fission). Cela fait plus d'un millier de combinaisons possibles, donc plus d'un millier de réacteurs nucléaires possibles ;

  • Par exemple, le thorium, nommé selon le dieu du tonnerre dans la mythologie nordique, peut absorber des neutrons. C'est ce que l'on nomme la désintégration radioactive. Puis, devenu de l'uranium 233, il peut fissionner. Le thorium ne convient pas pour un usage militaire : l'uranium 233 produirait des bombes qui exploseraient systématiquement trop tôt. Le thorium est présent un peu partout autour du globe, la France dispose déjà d'un siècle de réserves déjà extraites ;

  • Le choix civil se porte sur un réacteur uranium + plutonium à l'état solide + eau pressurisée (afin d'augmenter la capacité de dissipation thermique de l'eau en repoussant son seuil de passage à l'état gazeux) + graphite (afin de contrôler la fission, de ralentir la propagation des neutrons). Le choix civil se confond avec le choix militaire des débuts : il faut des réacteurs qui produisent plus de matière fissile (plutonium utilisé dans les bombes) qu'il en consomme. ;

    • Pourtant, un tel réacteur est plus gourmand en combustible : la fission fissure les pastilles de combustible, ce qui nuit à la dissipation thermique donc à la performance du réacteur et qui conduit à changer le combustible pour le recycler alors qu'à peine 10 % a été utilisé ;

    • De même, ce type de réacteurs est moins sécurisé : leur état par défaut, c'est l'emballement qu'il faut freiner avec un modérateur. De même, on est obligé de se demander si le gainage va pouvoir effectivement contenir le combustible en toutes conditions. De même, en l'absence d'un système de refroidissement, l'eau utilisée pour transmettre l'énergie à des turbines à vapeur peut subir une radiolyse (décomposition en hydrogène, entre autre) qui peut conduire à une explosion de vapeur… Il peut également y avoir production d'hydrogène explosif en cas de réaction entre l'eau bouillante et le zirconium utilisé dans le gainage du combustible… ;
  • Notons les avantages d'un réacteur à sels fondus + thorium :

    • Pour arrêter le réacteur, nul besoin de stopper un emballement : on retire les sels fondus du circuit pour les transvaser dans un réservoir ;

    • Aucun risque de vapeur ou d'hydrogène explosif, car rien de tout ça est produit dans un tel réacteur ;

    • Les sels se cristallisent si le refroidissement cesse, ce qui empêche les fuites de résidus de fission en cas d'accident ;

    • Un tel réacteur consomme, en circuit fermé, l'intégralité du combustible qu'on lui fournis ;

    • Un tel réacteur est moins complexe, donc plus sécurisé, notamment car il ne nécessite pas toute une machinerie pour le refroidir et d’autres pour traiter les différents problèmes d’un réacteur à eau pressurisée, il traite le problème à la source ;

    • La puissance délivrée par un tel réacteur peut être modulée plus facilement, ce qui en fait un bon complément des énergies renouvelables** dont la production fluctue (éolien, solaire, hydro, etc.) ;
  • Notons que le problème des déchets n'est pas totalement résolu : un réacteur à sels fondus + thorium réduit de 80 % les déchets émis, mais il en reste. Certes, ceux restant ont une durée de vie courte, loin des millénaires nécessaires aux résidus de fission d'un réacteur à eau pressurisée ;

  • L'armée de l'air état-unienne se met à désirer un avion à propulsion nucléaire capable, ainsi, de voler plus longtemps, donc d'être présent plus longtemps en territoire ennemi (utile en cas de menace permanente, comme celle qu'exerçait alors l'URSS). C'est stupide : que se passera-t-il en cas de crash ? Le poids du blindage nécessaire pour protéger les passagers entre en contradiction avec la nécessité de voler, etc. Mais l'argent est là, donc autant en profiter… Ce besoin donne un nouvel intérêt au thorium utilisé dans les sels fondus (fluorure de lithium ou de béryllium à l'état liquide) qui ne se transforment pas en vapeur, à pression atmosphérique normale, avant 800 degrès Celsius, température nécessaire pour un vol. Il n'y a plus de non plus de risque d'explosion de vapeur d'eau ni de production d'hydrogène. Lors de son arrivée au pouvoir, Kennedy met un terme à ce projet, notamment, car les missiles intercontinentaux apparus en 1962 limitent l'intérêt d'un largage par avion, ce qui enterre l'idée d'un réacteur nucléaire à sels fondus ;

  • Le Japon cesse également ses recherches en la matière… Il rencontrait des problèmes sur les alliages, problèmes déjà résolus aux USA, mais les Japonais l'ignoraient ;

  • Les temps ayant changé, qu'est-ce qui empêche aujourd'hui le développement d'un réacteur nucléaire à sel fondu au thorium ?

    • Même s'il n'y a plus vraiment de besoin militaire pressant justifiant une production conséquente de plutonium, la recherche scientifique a une certaine inertie ("on a toujours fait comme ça") ;

    • Les industriels ont peur de la concurrence qui les contraindraient à fermer les réacteurs à eau pressurisée qui ont été amortis et dont le maintien en condition opérationnel coûte (à court terme, et sans considérer un accident potentiel) moins cher que d'investir dans une nouvelle technologie. De même, cela remet en cause le modèle économique basé sur le recyclage et sur la possession d'une filière d'uranium. Les industriels de l'énergie fossile ont également peur de cette concurrence ;

    • Un réacteur à sels fondus, même s'il y a eu plusieurs implémentations, n'a jamais été vraiment testé dans des conditions réelles : des doutes persistent sur la corrosion, la gestion des sels, etc. Il reste encore pas mal de travail de recherche à effectuer. Ce qui est un problème en soi : nous ne disposons plus d'une équipe facilement mobilisable comme lors du projet Manhattan, du savoir a été perdu en chemin, il faudrait donc repartir de quasiment 0, ce qui coûterait environ 1 milliard de dollars pour avoir une bonne démonstration ;

    • L'IMSR, le réacteur intégral à sels fondus, l'une des implémentations les plus en vues est modulaire. L'un des modules a une durée de vie de 7 ans, ce qui limite le bénéfice après amortissement… ;
  • Les Chinois et tout un tas de start-up bossent sur des réacteurs à sels fondus. Néanmoins, en fonction de l'objectif que l'on se fixe (réduire les déchets, augmenter la sécurité, etc.), tous les réacteurs en cours de développement (notamment ceux dont la livraison est promise dans quelques années par des startups) ne conviennent pas ;

  • Notons que la transmutation, ce procédé pour recycler les résidus de fission de nos réacteurs actuels avec lequel on nous abreuvait il y a 10-15 ans, semble avoir du plomb dans l'aile… Ce qui n'a rien d'étonnant vu la complexité de la totalité du procédé…

Via HS-157.

Un documentaire de 2015, rediffusé en août 2018 sur Arte, qui traite de la conception et des essais des premières bombes atomiques et thermonucléaires états-uniennes (le processus d'armement des Russes est à peine évoqué, celui des autres pays dotés de l'arme atomique ne l'est pas du tout).

Je comprends désormais l'escalade nucléaire et pourquoi, dans notre système de pensée, il n'était pas possible d'arrêter la recherche concernant la bombe : peur du nazi puis du nippon puis du soviet. Arrêter, la recherche, c'était se rendre vulnérable à la découverte d'une autre nation, la boîte de Pandore étant ouverte à l'instant même où la réaction nucléaire avait germée dans la tête de qui que ce soit et qu'une expérience avait mis en exergue la fission nucléaire…

Ce documentaire laisse également transparaître un des facteurs de la puissance des USA durant la deuxième guerre mondiale et après : l'immigration, aux USA, des intellectuels juifs européens. Le régime nazi a provoqué une partie de sa chute.

Je me rends également compte que la pensée pessimiste de John von Neumann d'une destruction de l'humanité par une absence de contrôle des instruments qu'elle a fabriqués n'est pas devenu la réalité, comme quoi le pire est quand même évitable et évité

J'en recommande vivement le visionnage.



Mes notes :

  • En 1938, la fission nucléaire est mise en exergue par deux chercheurs allemands et théorisée par une chercheuse polonaise, Lise Meitner. D'autres scientifiques (Szilard, Fermi, Joliot, etc.) avaient déjà théorisés, sans les démontrer, la réaction en chaîne nucléaire et les réacteurs nucléaires ;

  • Les scientifiques flippent : est-ce que le régime nazi a conscience de l'impact des découvertes allemandes de 1938 ? Vont-ils concevoir une bombe ? Est-ce pour ça que le régime a arrêté la vente d'uranium ? Szilard convainc Einstein de signer une lettre destinée au président Roosevelt, ce qui conduira à la création d'un comité puis du projet Manhattan. Ils n'ont pas pris en compte que Hitler avait aucune considération pour la science juive jugée décadente. Or, Lise Meitner était une juive polonaise ;

  • Pourquoi « projet Manhattan » ? Il s'agit du nom de l'arrondissement de New-York dans lequel était situé le bureau où tout a commencé. L'idée était de garder le secret jusqu'au nom ;

  • Hommes forts du projet Manhattan : le militaire Groves (capable de fournir matos, fric et ressources humaines) et le chercheur Oppenheimer (capable de diriger une équipe de recherche et d'expliquer la science à son supérieur, Groves) ;

  • Le projet Manhattan était réparti sur plusieurs sites géographiques : Hanford, Californie (production de plutonium dans des réacteurs), Tennessee pour la production d'uranium, Los Alamos, Nouveau-Mexique pour le laboratoire. Les chercheurs sont de plusieurs nationalités (UK, USA, ex-allemand, etc.) ;

  • Produire de l'uranium se fait particule par particule, car il est difficile de séparer l'uranium 238 très répandu dans la nature, de l'uranium 235 moins répandu. Ce travail allait prendre plusieurs années… inconcevable ("et si les nazis trouvent avant nous ?!") d'où le choix du plutonium ;

  • L'ennui, c'est qu'une explosion n'est pas possible avec du plutonium… L'implosion est imaginée : comprimer le plutonium avec des explosifs ;

  • Les avancées scientifiques nazies (missile v2, missile de croisière, avion à réaction réellement opérationnel) font de plus en plus peur ;

  • Le régime nazi capitule alors que la bombe n'est pas encore prête, ce qui rend caduque la justification de la fabriquer vite-fait… Mais les USA sont toujours en guerre contre le Japon ;

  • 16 juillet 1945 : Trinity, premier essai d'une bombe atomique à implosion au plutonium. L'incertitude règne encore, donc tout est mesuré : température, onde de choc, photographies, etc. ;

  • Maintenant que les USA ont la bombe, doivent-ils envahir le Japon ou utiliser la bombe pour écourter une guerre qui risque d'être coûteuse en soldats ricains ? Utiliser la bombe permettrait, en outre, de justifier un projet de recherche qui a déjà coûté plus de 2 milliards de dollars. Truman décide d'avoir recours à la bombe ;

  • Août 1945 : bombardement d'Hiroshima, 75k-80k personnes meurent instantanément, 50k plus tard. Le monde découvre la facilité pour tuer un grand nombre de personnes. Le Japon refuse de capituler, il compte sur l'URSS pour négocier leur capitulation sous condition (préserver la famille impériale). Manque de pot, l'URSS lui déclare la guerre. Un deuxième largage était prévu sur Kokura, mais, pour cause de mauvaise météo, cela sera Nagasaki. Le monde découvre la facilité avec laquelle on peut décider qui va vivre ou mourir. Le Japon ne capitule pas encore. Il le fera en septembre 1945 ;

  • Dès le bombardement d'Hiroshima, Staline renforce son plan d'armement soviétique lancé en 1943 mais doté jusqu'alors de ressources limitées. Ça tombe bien, l'URSS a des espions au sein du projet Manhattan : Klaus Fuchs et Ted Hall, notamment. Comme quoi, même le projet le plus secret peut se faire infiltrer ;

  • Juin 1946 : les USA proposent à l'ONU de se défaire de l'arme atomique si tous les pays s'engagent à ne pas concevoir d'armes atomiques et laisse les USA les inspecter afin de s'en assurer ;

  • Été 1946 : l'opération Crossroads vise à tester la résistance de l'armée américaine à une bombe atomique ennemie. Près de l'atoll de Bikini, dans le Pacifique, 1 bombe sera larguée depuis un avion, deux autres sous l'eau. Sur 90 bateaux (des prises de guerre ou des vieux coucous ricains), combien en restera-t-il ? Les médias sont lourdement conviés, c'est le début de la médiatisation de la bombe. L'eau, les bateaux et les sols sont contaminés, des îles sont détruites… Suite à un reportage sur 6 survivants d'Hiroshima, les populations commencent à prendre conscience de la dangerosité de la bombe atomique. Mais le mode de vie américain vantera le nucléaire civil : médecine, énergie, etc. ;

  • Hé, as-tu noté le nom de l'atoll dans le point précédent ? Bikini… Oui, c'est bien l'origine du nom du bout de tissu : Louis Réard, tenancier d'une boutique de lingerie parisienne présente son bout de tissu le 5 juillet 1946 et souhaite surfer sur le "popularité" des essais nucléaires. Notons que Jacques Heim a lancé, une décennie plus tôt, un maillot de bain 2 pièces moins dénudé que le bikini en le nommant Atome… Ainsi, les jeux de mots publicitaires pouvaient débuter : « Atome, le plus petit maillot de bain du monde », « Le Bikini, la première bombe an-atomique ! » ;

  • 1948 : opération SandStone : début du transfert de la technologie au civil et de la production en masse ;

  • Août 1949 : l'URSS teste sa première bombe atomique. Mince, les USA perdent le monopole de la violence ! Faut-il développer une bombe à hydrogène ? La communauté scientifique est mitigée : les USA pourraient donner l'exemple… La peur du soviétique est forte donc Truman veut la bombe H ;

  • Guerre de Corée : la bombe A n'a pas trop d'effet sur cette topologie de terrain (ce n'est donc pas l'arme absolue universelle ?!) et, surtout, les USA, qui soutiennent la Corée du Sud sont dissuadés d'en faire usage puisque l'URSS, qui soutient la Corée du Nord dispose aussi de la bombe A ;

  • La course à l'armement entre USA et URSS s'accentue. Des scientifiques diffusent l'horloge de l'apocalypse qui indique le temps restant avant une destruction mutuelle des deux puissances (et du reste du monde). Les citoyens américains sont inondés de propagande afin de leur faire acheter un bunker, rénover leur habitat et entretenir leur jardin pour une meilleure résistance à la bombe A ;

  • Novembre 1952 : test de la première bombe H, Ivy Mike, par les USA… 600 fois plus puissante que la bombe A larguée sur Hiroshima. Le monde découvre un changement d'échelle de la puissance explosive. Avec une bombe A, on la quantifie en kilotonnes (1 000 tonnes de TNT). Avec une bombe H, on la quantifie en mégatonnes (1 million de tonnes de TNT), soit un facteur 1 000… ;

  • Août 1953 : l'URSS dispose d'une bombe H fonctionnelle, qui, contrairement à Ivy Mike, est assez petite pour être transportée par avion. Les USA prennent conscience de leur vulnérabilité : un avion et boooom, et cette fois-ci, rénover sa maison ne permet pas de résister à une attaque ennemie. La menace est permanente. Qui a rencardé l'URSS ? La chasse aux sorcières est ouverte, Oppenheimer, père de la bombe A américaine, sera limogé au motif de son passé communiste, sans trop de preuves, évidemment ;

  • Les essais continuent, tout comme la contamination des sols et des eaux… Les deux puissances tentent de plier l'arme nucléaire à toutes les sauces, quitte à ce que ce soit stupide : canon d'infanterie, sac à dos nucléaire, bazooka nucléaire, etc. En 1961, l'URSS largue la plus grosse bombe H de l'Histoire, la Tsar Bomba… Une telle bombe est-elle plus efficace (en nombre de morts) que plusieurs petites bombes ? Non. Stupidité une fois de plus ;

  • Aujourd'hui, 8 États détiennent la bombe A : USA, Russie, France, Angleterre, Inde, Pakistan, Chine, Corée du Nord. L'Afrique du Sud y a renoncé et Israël refuse de communiquer sur le sujet.
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