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——————————— July 17, 2018 - Tuesday 17, July 2018 ———————————
  • Entrevue avec Thomas Dietrich qui nous rappelle les horreurs commises en Afrique par la France d'hier comme d'aujourd'hui : considérer que la Centrafrique lui appartient car son sol est riche en matières premières (pétrole, diamants (souvenir de l'affaire des diamants de Bokassa ;) ), etc.), soutien inconditionnel au dictateur Déby (Tchad), placement du pantin Bozizé à la tête de la Centrafrique, corruption (avec Balkany en intermédiaire) quand ce dernier refuse de signer l'accord français sur l'uranium et le pétrole, appel à Déby, nouvel homme fort d'Afrique après l'assassinat de Kadhafi, pour chasser les djihadistes du Mali en 2013 (histoire de sous-traiter une partie de la guerre à une main d'œuvre moins coûteuse économiquement et politiquement - les pertes humaines sont toujours difficiles à défendre devant l'opinion), en échange de quoi Déby obtient l'autorisation d'entrer sur le territoire de la Centrafrique et de se servir, Bozizé (Centrafrique) appelle son allié de l'Afrique du Sud à la rescousse donc on se retrouve avec un merdier (Tchad versus Afrique du Sud en Centrafrique…), massacre des musulmans, les viols et les ratonnades et assassinats commis par l'Armée française à l'encontre des femmes africaines tout ça classé sans suite par les tribunaux, etc. ;

  • Fakir nous rappelle également le colonialisme français et les massacres de villages entiers, en 1949, quand ceux-ci refusaient de payer leur impôt à la France ;

  • Ruffin nous parle de la forme qui écrase tout à l'Assemblée. La chemise dans le pantalon, bien sûr, mais aussi la bonne manière d'écrire un rapport parlementaire avec le directeur de cabinet du président de l'Assemblée qui téléphone à Ruffin pour lui demander une confirmation sur sa volonté de s'exprimer de la sorte dans son rapport… Tu reçois 0 formation quand tu deviens député et t'es prié de connaître les délais, les procédures pointilleuses et tout et tout… Ruffin suppose que cette exigence de la forme pour repousser le fond n'est pas nouvelle et cite l'exemple du discours « Les Caves de Lille » de Victor Hugo, discours qui relate sa visite des logements ouvriers de Lille infestés de maladies, discours qu'il n'a pas prononcé (hypothèse de Ruffin : pour ne pas choquer ?) ;

  • Extrait de « Un ministre ne devrait pas dire ça » :

    À Bercy, Brigitte et Emmanuel Macron occupaient à la suite d'Arnaud Montebourg, l'un des deux splendides appartements surplombant la Seine, avec parquet en chêne clair, moquette et immenses baies vitrées. C'est dans ce cadre digne d'une revue d'architecture que, matin, midi et soir, le couple a reçu beaucoup de monde pour préparer le décollage d'En Marche!. […] Les journalistes, les acteurs, les écrivains, les « people », les chefs d'entreprise, les chanteurs, bref le Tout-Paris et bien au-delà, accourus le plus souvent par l'entrée discrète située quai de Bercy. […] Je me demande, avec toutes ses rencontres, ses réunions privées, ses voyages escortés par les médias, comment Macron a trouvé le temps et les moyens pour être ministre de l'Économie, de l'industrie et du Numérique. […] La préparation de la Marche présidentielle ne se faisait pas qu'à l'appartement privé. Tous les espaces […] étaient mis à contribution simultanément. Une stratégie qui permettait à Brigitte et Emmanuel Macron de prendre l'apéritif dans une réception du ministère, de débuter un premier dîner plus officiel avec d'autres convives au 7e étage, puis d'en poursuivre un second à l'appartement ! Un double-dîner, en somme. Il fallait un solide estomac, ou une belle habilité, pour prendre un premier plat dans les étages de Bercy et en attaquer un second avec une autre fournée d'invités dans le décor plus cosy du 6e niveau. Les convives pouvaient décider d'aller ensuite se montrer en ville pour prendre un dernier verre… et quelques photos. Le tout, et c'est là le plus grand scandale, aux frais de la République ! En 2016, pendant les huit premiers mois, les crédits de l'année entière ont été consommés en frais de représentation ! Brigitte et Emmanuel Macron postulaient à devenir le couple présidentiel. Ils avaient bien sûr parfaitement le droit de rencontrer les vedettes du show-biz et tous les bobos parisiens ou provinciaux. Mais pas aux frais du ministère de l'Économie ! ;

  • Ruffin expose son sentiment sur l'Assemblée : la cadence d'examen des amendements empêche tout débat ; Tout débat est impossible à cause d'une majorité de blocage qui doit sa légitimité et donc sa présence dans l'hémicycle à Macron, car les élections présidentielle et législative sont concomitantes, donc le président choisit à qui il donnera une circonscription en échange d'une loyauté implicite ; La volonté du président de la République passe avant tout et le parlement ne fait qu'exaucer ses souhaits (flat tax, fake news) ; Les député⋅e⋅s sont enfermé⋅e⋅s dans leur bulle : coupé⋅e⋅s des vrais gens, coupé⋅e⋅s de la littérature et de la production d'écrits argumentés ; La forme est importante pour masquer la vacuité de l'Assemblée dans le fond d'où il est important d'avoir sa chemise dans le pantalon, d'avoir une garde républicaine, d'avoir un décor de rêve, des huissiers avec des chaînes d'or, des cérémonies avant l'entrée dans l'hémicycle, etc. ; L'Assemblée se contente, en fait, de donner une apparence démocratique aux décisions technocratiques, froides, verticales, autoritaires prises dans les cabinets des ministres et du président de la République. La haute administration technocratique a toujours eu le pouvoir, mais elle était masquée derrière un politicien pantoches, aujourd'hui, elle a le pouvoir en direct car Macron est un pur produit de cette administration.
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