The Daily Shaarli
Qui dit mieux ? Après le Sovaldi, qui avait débarqué en France au prix bisou de 41 000 euros le traitement, place à une nouvelle génération de médocs encore plus chers. Cette fois, il s’agit d’un anti-cancéreux, le Kymriah, mis au point pour combattre une forme de leucémie des jeunes adultes et des enfants. Forcément, leur vie n’a pas de prix. Ou plutôt si : le labo Novartis l’a adjugé à 475 000 dollars aux Etats-Unis. Mais, attention, comme un robot ménager, c’est satisfait ou remboursé ! Si cette thérapie génique ne fonctionne pas au bout d’un mois, pas besoin de payer. A quand la vente aux enchères ?
Chaque fois, les labos mettent en avant l’oseille claquée dans la recherche. Mais l’arrière-boutique est un poil plus triviale. Une commission d’enquête du Sénat américain a déjà prouvé que le prix du Sovaldi avait été fixé par le laboratoire Gilead, non pas en fonction de son coût d’investissement, mais après une fine étude marketing. En interrogeant des assureurs, un cabinet de consultants avait établi le prix maximal au-delà duquel les « payeurs » et l’opinion se révolteraient…
Apparemment, il y avait de la marge : le Kymriah est dix fois plus cher…
Hé oui, en 2013, dans le monde, 9 des 10 plus grandes entreprises pharmaceutiques ont dépensé plus d'argent en marketing (notamment en consultant⋅e⋅s pour convaincre les médecins de prescrire leurs médocs) qu'en recherche et développement. Source : #DataGueule 37 - Maladies à vendre. LALA la bonne excuse de la recherche qui coûte trop chère mouin mouin.
C'est juste ignoble… Je présume que les autorités publiques françaises ne lèveront que très tardivement le petit doigt alors que la législation leur en donne les moyens… Il ne faut pas se fâcher avec Big Pharma. :(
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Pour préparer son université d’été, le Medef avait commandé une enquête à l’institut Viavoice sur la perception de l’avenir par les chefs d’entreprise. Les résultats ont été rendus publics en août. Et, à leur lecture, il est aisé de comprendre pourquoi l’organisation patronale n’a guère communiqué dessus.
Interrogés sur la façon dont ils imaginaient l’entreprise d’après-demain, les patrons ne sont en effet que 18 % à croire que celle-ci sera « proche de ses salariés, avec de nouvelles méthodes de travail », et seulement 12 % à considérer qu’elle sera « responsable, soucieuse de l’environnement, transparente et à l’écoute de ses clients et des différentes parties prenantes ». Le patronat sait nous promettre des lendemains enchanteurs…
Etrangement, les chefs d’entreprise sont, en revanche, beaucoup plus nombreux à considérer qu’ils devraient davantage prendre la parole sur les sujets écologiques (43 %) et sociétaux (42 %).
Pour prévenir leurs salariés qu’ils ne comptent pas, à l’avenir, se montrer plus écolos ni plus attachés à leur bien-être ?
SUURPRIIISE ! What did u expect, bro?
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Promesse de campagne de Macron : le CETA ne sera appliqué en France que s'il ne nuit pas au climat.
Décisions du Macron élu :
Les promesses n'engagent que ceux et celles qui y croient…
Dernier recours possible du peuple : se manifester auprès de nos parlementaires qui peuvent encore dégager le CETA à terme (il sera tout de même appliqué partiellement le temps que tous les parlements nationaux se prononcent). Pour l'instant, la Wallonie et la Pologne rechignent à ratifier le CETA. Pour combien de temps ?
Pendant ce temps-là, la Belgique saisie la Cour de Justice de l'UE afin qu'elle se prononce sur les tribunaux arbitraux, de faux tribunaux (il n'y a aucun juge) qui permettront aux multinationales d'attaquer des États qui nuisent, selon elles, au libre échange et à leurs profits. Ainsi les grosses sociétés commerciales pourront contester des interdictions de mise sur le marché ou le principe de précaution ou…
De son côté, la Commission européenne annonce déjà deux nouveaux traités de libre échange : l'un avec l'Australie et l'autre avec la Nouvelle-Zélande. Ces accords ne contiendront pas les tribunaux arbitraux afin de relever de la seule compétence de l'UE, ce qui permet de ne pas demander leur avis aux parlements nationaux.
Démocratie, santé, environnement et agriculture, j'écris votre nom. :( Gerbant.
Panique dans un collège de Val-de-Reuil (Eure), lors d'une simulation d’attaque terroriste (« Le Figaro », 6/9) : « La scène a été si réaliste, avec deux policiers municipaux encagoulés et armés qui faisaient éclater des pétards en poursuivant certains profs, que ces derniers, paniqués et en pleurs, sont allés se cacher et que des voisins du collège ont appelé la police. Le rectorat a dû ouvrir une cellule psychologique dans l'établissement. »
Pour calmer les policiers ?
Poin poin poiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin. Quand on explique que ces exercices sont des débilités qui crispent la société et attisent la défiance tout en conditionnant les gens par la création de traumas…
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
Suite de Bercy veut tailler en presse les opérateurs de téléphonie.
Haro sur les opérateurs téléphoniques ! Dans un entretien au « Point » (7/9), Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, l’affirme haut et fort : « On ne peut pas fermer les yeux sur des comportements d’optimisation [fiscale]. » Le ministre vise principalement SFR (devenu Altice) et Bouygues. Sous le couvert d’offrir « gratuitement » à leurs abonnés un service de consultation de journaux en ligne, ces opérateurs ont amélioré leurs marges.
« Nous allons remettre à plat tout le système de la fiscalité appliquée aux opérateurs téléphoniques », souligne un ponte de Bercy. En effet, il y a urgence ! Du côté de l’administration des Impôts, le manque à gagner s’élève, au bas mot, à 1,2 milliard d’euros.
L’astuce fiscale réside dans les offres couplées proposées par les opérateurs (« Le Canard », 14/6). Depuis avril 2016, l’abonné au service de téléphonie Power de SFR (24,99 euros par mois) accède gratuitement aux grands titres de la presse française (Hormis « Le Monde », « Le Point » et « Le Canard »). Si l’on comptait les 19,99 euros correspondant au prix de ces publications, la facture devrait grimper à 44,98 euros. Elle reste pourtant inchangée : l’abonné bénéficie d’une remise immédiate équivalente au coût du kiosque numérique.
Simple comme un coup de fisc
Comment SFR peut-il se permettre une telle générosité ? Grâce à la TVA. Puisque l’opérateur offre des journaux à lire, il applique le taux de TVA réduit de la presse (2,1 %) à une bonne partie du forfait télécom (téléphone + Internet), théoriquement soumis au taux de 20 %. Et voilà une taxe divisée par dix ! Ebloui par ce stratagème, Bouygues Télécom a pris à son tour, en mai, le train de la presse numérique.
Orange et Free, qui ont lancé leur offre TV by Canal à l’automne 2016, ont eux aussi réalisé leur petite opération d’« optimisation » fiscale grâce à des taux différents de TVA. Dans leur forfait, ils ont fait jouer à la télé le rôle qu’occupent les journaux dans le package de SFR et de Bouygues. Sauf que, comme le précise un proche de Xavier Niel, le patron de Free, « la TVA sur la télévision est de 10 %, pas de 2,1 % ; l’écart n’est pas comparable avec celui de la presse ».
Pas sûr que cette argumentation suffise à convaincre un gouvernement en mal de recettes. Gérald Darmanin a promis « une clarification dans le projet de loi de finances pour 2018, avec une entrée en vigueur dès le 1er janvier ».
On entend déjà les opérateurs : « Non mais, allô, quoi ! »
Dans le Canard enchaîné du 13 septembre 2017.
