The Daily Shaarli
Oui, le gouvernement a déjà diffusé un questionnaire de satisfaction à ce sujet, mais bon, apparemment, à la fin du mandat, il faut bien s'occuper un peu et balancer pas mal d'argent public par les fenêtres afin que Ernst & Young (oui, un des gros cabinets d'audit financier…) le récupère… … …
Voici mes réponses :
Selon vous, quels besoins étaient exprimés par le gouvernement à travers cette consultation ? … … …
Apporter de l'expertise et améliorer la qualité du texte pour mieux répondre aux enjeux du numérique ?
Pas du tout
Défendre l'intérêt des citoyens peu représentés par les canaux habituels de consultation ?
Pas du tout
Identifier les sujets susceptibles de poser des difficultés de mise en oeuvre ?
Pas du tout
Apporter des idées innovantes ?
Pas du tout
Associer davantage les citoyens à la décision publique ?
Pas du tout
Toucher une communauté large et peu organisée ?
Pas du tout
Communiquer et afficher une volonté de consulter les citoyens ?
Pas du tout
Quel(s) autre(s) besoin(s) identifiez-vous ?
L'objectif de cette consultation était vicié dès le début : il ne s'agissait pas de faire prendre part les citoyen-ne-s à la décision politique, ni de trouver des idées innovantes, ni de chercher une expertise ni quoi que ce soit, mais de faire de l'affichage politique en mode "on est trop dans le délire de la démocratie direct, on écoute les citoyen-ne-s". Sur les grandes lignes, le texte a été peu modifié (dans la direction citoyen-ne) par rapport au texte préparé en amont par le gouvernement. Je retiens totalement l'avis formulé par ces collectifs citoyens : https://www.regardscitoyens.org/le-gouvernement-ouvert-a-la-francaise-un-leurre/ .
Selon vous, la démarche de consultation en ligne était-elle adaptée pour répondre à ces besoins ?
Tout à fait
Avez-vous été satisfait(e) par la plateforme République numérique proposée pour cette consultation (facilité d’utilisation, présentation des contributions, clarté de l’outil, etc.) ?
Plutôt non
Etes-vous satisfait(e) d’avoir pu contribuer à cette consultation en ligne ?
Pas du tout
Avez-vous le sentiment que vos contributions ont été prises en compte... ?
…à l’issue de la consultation en ligne et avant les débats parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat ?
Pas du tout
…dans le texte final de la loi ?
Pas du tout
A titre personnel, quel(s) bénéfice(s) avez-vous tiré de cette consultation ?
Familiarisation avec le processus d’écriture de la loi et le fonctionnement des institutions françaises
Plutôt non
Meilleure compréhension des arguments en faveur et en défaveur des propositions émises
Plutôt non
Fierté d’avoir été associé(e) à la décision publique
Pas du tout
Amélioration de l’image de l’administration
Pas du tout
Autre (réponse facultative)
« Familiarisation avec le processus d’écriture de la loi et le fonctionnement des institutions françaises » écrivez-vous. Cette consultation est un rideau décoratif qui masque le véritable fonctionnement de nos institutions : agenda du parlement décidé par le gouvernement, procédure accélérée + délai pour prendre parti sur un texte toujours plus court, délégation de vote au Sénat, court délai pour poser un amendement, faible qualité des débats au Parlement (paroxysmes : prolongations de l'état d'urgence et 1/5 de la loi égalité et citoyenneté censuré par le Conseil constitutionnel), 49.3, etc. Participer à une consultation ne permet pas de percevoir ces rouages grippés qui forment pourtant notre quotidien démocratique.
Diriez-vous que la consultation a permis d’enrichir la décision publique ?
Pas du tout
Qu'avez-vous pensé de la temporalité de la démarche de consultation ?
Auriez-vous souhaité que la consultation intervienne plus tard dans le processus d’élaboration de la loi, pendant l’examen du projet de loi par l’Assemblée nationale et le Sénat ?
Pas du tout
Auriez-vous souhaité que la consultation intervienne plus tôt dans le processus, au stade de l’écriture des articles du projet de loi ?
Tout à fait
Auriez-vous souhaité que la consultation dure plus longtemps ?
Plutôt oui
A l’avenir, seriez-vous prêt(e) à contribuer de nouveau à ce type de consultation dans le cadre de l’élaboration d’une loi ?
Plutôt oui
Avez-vous d'autres commentaires à formuler sur le processus de consultation ? (réponse facultative)
« A l’avenir, seriez-vous prêt(e) à contribuer de nouveau à ce type de consultation dans le cadre de l’élaboration d’une loi ? » : plutôt oui, SI la qualité démocratique du processus s'améliore. 1) Le gouvernement n'a quasiment rien retenu des propositions. 2) Les réponses du gouvernement sont d'une telle faiblesse dans l'argumentation que c'en est déplorable. Soit le gouvernement avance que l'UE est en train d'étudier le dossier faisant l'objet de la proposition et donc on s'interdit de réfléchir et de proposer des choses à l'UE, ce qui est stupide. Soit le gouvernement avance que la proposition serait contraire aux réglementations européennes et internationales alors que ça n'a pas freiné le gouvernement pour déployer un état d'urgence violent, hors de contrôle et anti-démocratique (la France est en exception à la CEDH !), par exemple. Soit le gouvernement répond des banalités sans argumenter sur le fond juridique ou moral. On est donc très loin d'un échange avec les citoyen-ne-s.
Ça aurait été bien que cette consultation (comme les autres), ne se soit pas déroulée sur la plateforme d'une société commerciale privée en position dominante sur le marché (via un accès privilégié à la commande publique), Cap Collectif par le biais d'une association, Démocratie Ouverte, qui concentrent les conflits d'intérêt. Là encore, lire : https://www.regardscitoyens.org/le-gouvernement-ouvert-a-la-francaise-un-leurre/
Tiens, j'avions raté ça.
Mais finalement, le gouvernement américain repousse une nouvelle fois cette indépendance à septembre 2016, expliquant que de nombreux points restent à éclaircir. Il faudra finalement attendre un accord obtenu lors du 55e congrès de l’Icann à Marrakech pour que le scénario se concrétise. La perspective d’une année électorale inquiète, les républicains américains ne se privent ainsi pas de dénoncer un abandon d’internet de la part de la présidence Obama, mais malgré les craintes et les mauvais présages, le projet tient bon et le contrat liant l’Icann au gouvernement américain n’est pas renouvelé.
L’Icann n’est pourtant pas sorti de l’auberge et aura de nombreux combats à mener afin de roder sa nouvelle gouvernance multipartite, mais un cap est passé.
Les gens de chez Datagueule ont besoin d'argent pour financer un documentaire long format (comme leur excellent « 2 degrés avant la fin du monde ») qui sera dédié à questionner la démocratie et qui sera diffusé sous une licence Creative Commons (laquelle ?).
Il reste moins d'une semaine et il manque encore 37 % des fonds nécessaires à la production de ce documentaire. Si l'objectif n'est pas atteint, ce documentaire ne sera apparemment pas réalisé, car les auteurs de DataGueule veulent vraiment le financer de cette manière. Ça serait dommage vu la qualité des autres épisodes…
La carte des difficultés sociales de la France en 2013 montre qu’elles présentent de grandes similitudes géographiques. Ce sont à peu près les mêmes territoires où sévit le chômage, où les jeunes n’ont pas de diplômes, où la pauvreté est la plus élevée et où les familles monoparentales sont les plus nombreuses. Nul hasard à cela car ces problèmes font système en se renforçant les uns les autres: les jeunes sans diplôme risquent le chômage beaucoup plus que les autres, les chômeurs sont plus pauvres que la moyenne, le chômage est un ferment de dissolution des liens sociaux, en particulier des liens familiaux, ce qui entraîne des ruptures et donc la multiplication des familles monoparentales, dont 35 % sont au-dessous du seuil de pauvreté. En cherchant à venir à bout de l’une de ces difficultés, on rencontre inévitablement les autres.
[…] Il serait cependant inexact d’en déduire que ce vote est celui des pauvres et des laissés pour compte. Ces derniers s’abstiennent le plus souvent. On doit plutôt constater que c’est le vote des régions pauvres, celles où beaucoup craignent les accidents de la vie car ils voient leurs proches atteints par eux.
[…]
[…] le vote frontiste est plus faible dans les villes et particulièrement dans les grandes agglomérations que dans leur périphérie alors qu’inversement, les problèmes sociaux y sont plus aigus. […] Ceci montre que les électeurs choisissent plus en fonction de leurs perspectives d’avenir que de leur situation réelle. Dans les zones éloignées du centre, les habitants se sentent oubliés et ont l’impression de ne pas pouvoir changer leur situation. Dans les villes, même les plus pauvres peuvent espérer rencontrer une opportunité qui les tirera de la misère.
Conservatisme & peur du lendemain…
Intéressant.
L'énergie investie (ou brûlée, selon le regard que l'on adopte) dans l'organisation des différentes mises en compétition des établissements supérieurs a été considérable. À la fin de son mandat ministériel, un ministre de l'Enseignement supérieur se réjouissait de ce que ces différents "concours" aient amené à ce que des gens qui ne se parlaient pas auparavant commençaient à se fréquenter (et c'est vrai).
Mais il estimait avec perplexité que la réponse aux Programmes d'investissement d'avenir 1 (Idex, Labex, Equipex, etc.) avait mobilisé de l'ordre de 6.000 années de travail des meilleurs chercheurs du pays (6.000, sur 100.000 universitaires permanents en France). L'essentiel de ces écritures a en effet concerné des personnes à très haute qualification et très haute responsabilité. Et le ministre d'observer que, cette année-là, la production scientifique du "laboratoire France" avait, de fait, baissé.
Quelques années plus tard, en 2015, un budget de disette venait extraire 100 millions d'euros des fonds de roulement des EPSCP, donnant le pire signal à ceux qui avaient choisi de se constituer des capacités d'investissement, démontrant au passage que l'autonomie des établissements publics était une illusion. Par ailleurs, sur les 1.000 postes créés dans le supérieur en 2015, environ 650 étaient affectés aux structures permanentes de Comue : il y avait là une magnifique démonstration d'anti-économies d'échelle, où des postes opérationnels de chercheurs étaient transformés en postes fonctionnels de structures fédératives imposées, financés en prélevant sur le budget des établissements.
[…]
Finalement, on réussit assez bien à rendre les acteurs dociles par une conjonction d'épuisement budgétaire (budgets bloqués mais quasi-interdiction d'innovation sur le plan des ressources propres), de corset administratif (une seule Comue par grande métropole, territorialité obligatoire, Idex quasiment soumises à fusion des établissements), et de la violence subie que représente l'espace entre le discours ("nous investissons dans l'enseignement supérieur et la recherche, les ambitions de la France")... et la réalité humaine des postes bloqués et des finances exsangues.
[…]
Vu de Boston, San Francisco et Shanghai, le nombre de prix Nobel et de médailles Fields compte plus pour la visibilité internationale que le nombre d'étudiants et le regroupement territorial. Mais la France fait comme si la force venait d'abord de la taille ou de la structure.
Christine Musselin a bien raison : le plus étonnant est la résignation. Les acteurs sont épuisés, voilà tout. Ils savent que toute leur énergie mentale, leur intelligence et leur créativité devraient être tournées vers la recherche, l'invention, le soin envers les étudiants, et que ces missions sont par nature sans limites. Les lieux d'excellence mondiale sont ceux qui savent rendre cela possible en reconnaissant que c'est là l'essentiel, plutôt que de chercher à promouvoir des "rationalisations" si difficiles et si coûteuses en énergie, donc inefficaces, dans un contexte de budget limité et administrativement corseté.
Via https://twitter.com/IGarcinMarrou/status/852142916097146880 via https://twitter.com/quota_atypique
Contrairement à ce que dit François Asselineau, l’article 106 TFUE n’a pour objet ni le démantèlement des services publics français ni leur privatisation, mais l’ouverture par principe au droit de la concurrence de ceux qui interviennent dans la sphère économique, tout en protégeant ceux portant sur les activités régaliennes, sociales et de santé, et les activités qui sont nécessaires à l’accomplissement de la mission de service public.
