Tiens, j'ignorais que KissKissBankBank et Societe.com sont des filiales du groupe La Poste.
Une décision d'adéquation est un acte de l'exécutif européen, la Commission européenne (CE), qui reconnaît que le droit d'un pays tiers (hors UE) offre un niveau de protection des données personnelles compatible avec celui de l'UE, ce qui permet d'y transférer des données persos sans frein (article 45 du RGPD).
En 2015, la Cour de Justice de l'UE (CJUE) a invalidé le Safe Harbor, nom donné à la décision d'adéquation des États-Unis prise par la CE à la fin des années 90. Arrêt dit « Schrems I ».
Les États-Unis et la CE négocient rapidement sa successeure, la décision d'adéquation nommée Privacy Shield. La CJUE l'invalide en 2020 (arrêt dit « Schrems II »).
Depuis, une nouvelle décision d'adéquation est en négociation.
Biden a pris un décret présidentiel afin de rendre les pratiques de ses services de renseignement conformes aux attendus de la CJUE, permettant à la CE de prendre une nouvelle décision d'adéquation.
D'après une première analyse de NOYB, si ce décret présidentiel reprend le vocabulaire clé de l'UE, il en change le sens. « Proportionnalité » s'entend toujours comme « aussi adapté que possible ». « Recours juridictionnel effectif » s'entend toujours comme un recours devant une Cour qui dépend de l'exécutif et qui adresse des réponses automatiques sans débat (en première instance). Donc, a priori, les critères posés par la CJUE ne sont toujours pas satisfaits.
Depuis ce décret présidentiel, la CE peut prendre une nouvelle décision d'adéquation. Elle est attendue pour le printemps 2023.
Deux notes :
However, the US takes the view that foreigners don't have privacy rights. I doubt that the US has a future as the cloud provider of the world, if non-US persons have no rights under their laws.
Under Swedish law, a party can request a decision within four weeks, if an authority has not decided within six months. Following three years of inactivity, the complainant requested a formal decision under Section 12 of the Swedish administrative law, which was rejected by the Swedish IMY, arguing that it is undertaking a parallel ex officio investigation into Spotify and that the complainant is not a party to the procedure.
Une enquête de son propre chef d'une APD, même si elle est plus large qu'une réclamation déposée par un lambda auprès de la même APD, ne fait pas obstacle à une demande de prise de décision (après six mois de silence, dans la loi suédoise) portant sur la réclamation.
Attention, il s'agit d'une loi suédoise relative aux administrations, pas tellement d'une loi relative aux données persos, donc ce cas peut être cité en exemple mais n'est pas transposable à un autre pays de l'UE. Et la décision fait toujours l'objet d'une contestation devant la cour suprême suédoise en juin 2023.
L’approche est toujours la même. Commencer par faire un inventaire des données que nous traitons. Ensuite, chercher le montage juridique qui permet de ne rien changer aux process habituels. Puis mettre en œuvre ce montage. C’est ce qui produit des textes longs, arides, qu’on demande à l’utilisateur final de valider d’un clic, le plus souvent sans le lire. Et hop, magie du droit : on a obtenu le consentement de l’utilisateur, on peut continuer comme avant. […] Elle positionne la privacy comme un poste de coût, comme un risque, comme une chose qui n’est pas souhaitable.
[…]
Le message affiché dit une chose (en général “we value your privacy”), alors que la réalité porte un message contraire (tu signes le contrat, 73 pages, maintenant, sans le lire). L’utilisateur sait bien, quand il signe ça, que tout le monde ment dans cette histoire. Non, il ne l’a pas lu. Et non, personne ne “value” sa privacy. On positionne l’utilisateur comme ennemi, d’une certaine manière. Quelqu’un a qui on fait signer un document, plus ou moins sous la contrainte, par lequel il s’engage à ne pas nous faire un procès, c’est un ennemi.
[…]
Voilà bien un point clef de compréhension. Si on en vient à devoir demander son consentement explicite à l’utilisateur, c’est qu’on est en train de porter atteinte à sa vie privée d’une manière qui ne lui rend pas service. Le consentement n’est pas la première condition de tout traitement de données personnelles. C’est au contraire la dernière, si vraiment il n’y a aucun motif légitime, avant de faire un truc potentiellement un peu crado, il faut demander la permission.
[…]
Le plus souvent, une fois que ce point est posé, il reste l’objection clef : tout le business du digital, c’est de saccager la vie privée des gens, pour pouvoir les modéliser et les profiler, pour vendre de la publicité ciblée le plus cher possibles, et faire de la prédiction de comportements. Bref, si on veut exister en ligne, il faut se calquer sur le modèle américain.
[…]
Tentons une autre approche. Considérons que le RGPD est un texte qui protège les Européens, qui impose nos valeurs (comme le respect de la vie privée) dans un monde qui les ignore. Le texte nous dit que les entreprises qui ne respectent pas ces valeurs ne sont pas les bienvenues sur le marché unique européen. Sous cet angle, le RGPD offre un effet protectionniste évident : les entreprises européennes, qui respectent la vie privée comme une chose précieuse et désirable, gagnent un avantage concurrentiel évident. L’écosystème du numérique européen peut se mettre à exister, et obtenir un accès protégé au marché le plus profitable du monde.
[…]
Voilà bien un équilibre de Nash. Toutes les entreprises européennes ont intérêt à utiliser à leur avantage l’effet protectionniste du RGPD, mais chacune a l’idée que si elle s’y colle en premier, elle va se faire tailler en pièces par celles qui ne respectent pas la norme. Normalement, pour sortir de ce type d’équilibre néfaste, il faut une action de régulation du marché.
Oui. C'est à ce titre que la décision de l'autorité allemande de la concurrence de considérer que des infractions au RGPD constituent une atteinte à la concurrence est une bonne idée, faute de mieux.
#Bayart
En matière de police, je n'aime pas voir être associés les mots IA et jeux de données… Surtout quand il y a eu abus passé. On se rapproche d'une collecte massive et d'une approche prédictive de la criminalité, tout de même. :(
Via https://twitter.com/gchampeau/status/1573030150953902082.
Pas conforme (sécurité des données, articles 5.1f et 32 du RGPD, voire détournement de finalité articles 5.1b et 6), d'après les Autorités de Protection des Données personnelles grecque, espagnole, belge, et anglaise, que ce soit un conseil municipal, une école, un cabinet d'avocats, ou une œuvre de charité. Même pour quelques clients d'un même cabinet d'avocats.
[…] le « paquet européen de protection des données à caractère personnel », composé du règlement n° 2016/679 du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l’égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données (RGPD) et de la directive n° 2016/680 du 27 avril 2016, dite directive « Police-Justice ».
[…]
Le RGPD a vocation à s’appliquer à l’ensemble des traitements de données à caractère personnel dans les Etats membres, à la fois dans le secteur public et le secteur privé, à l’exception toutefois des traitements mis en œuvre pour l’exercice d’activités qui ne relèvent pas du champ d’application du droit de l’Union européenne, telles que les activités de sûreté de l’Etat ou de défense nationale, et ceux mis en œuvre aux fins de la directive « Police-Justice ».
Ooook. Trois contextes (champs d'application) distincts :
Droits en plus et/ou en moins entre la directive Police-Justice et le RGPD (notamment un droit d'accès restreint voire indirect pour la directive).
Pour rappel, une donnée personnelle n'est pas forcément nominative, c'est plus vaste. Une donnée, ou un ensemble de données, publiée ou non, qui peut être liée, par quiconque et par tous moyens, maintenant ou dans le futur, à une personne ou un groupe restreint de personnes est une donnée à caractère personnel (DCP). Une somme de données persos, ça peut définir un profil fantôme : on ne sait pas encore, mais on va savoir (exemple de la collecte des pages web lues, car elles intègrent toutes une police de caractère distante).
Un numéro de compte client est une donnée identifiée auprès d'un responsable de traitement (RT), car il l'a collecté ou associé à une identité. Une plaque d'immatriculation ou un numéro de sécu est une donnée identifiante : quelqu'un d'autre que le RT peut faire le lien (si je publie la photo d'une plaque d'immatriculation, je suis un RT en incapacité de nommer le titulaire de la carte grise, mais un tiers le peut). Les exemples de l'article pointé sont des données possiblement identifiantes : à première vue, un RT qui les collecterait peut ne pas avoir conscience qu'elles sont identifiantes. Le RGPD protège ces trois types de données (d'où l'exigence d'analyses d'impact sur les données détenues, par ex.).
Cet article donne quelques exemples. Mes préférés sont les traces GPS de footing (numéro 3), la balance connectée (numéro 6), la vente de médicaments (numéro 8) et le triplet genre / date de naissance / code postal (87 % de ré-identification).
(Le terme consacré est « donnée à caractère personnel », pas « donnée personnelle », mais ça va plus vite. :- )
Via https://twitter.com/aeris22.
#définition
Identifier le titre et l'auteur d'une musique : SongRec est un client Shazam (Rust, GPL) disponible sur GNU/Linux.
Depuis un fichier, un micro, ou les haut-parleurs (une option de SongRec évite même d'aller configurer la boucle sortie son standard vers entrée son standard dans PulseAudio / Alsa / autre).
flatpak install --user flathub com.github.marinm.songrec
flatpak run com.github.marinm.songrec
Changer la police par défaut de LibreOffice Writer : Outils, Options -> LibreOffice Writer -> Polices standard (occidentales).
Avant, quand je cliquais sur un fichier dans une page web, Firefox m'affichait une popup. Si je choisissais d'ouvrir, le fichier était stocké dans /tmp. Et il y restait même après la fermeture du fichier (j'ai parfois récupéré des trucs après coup). Si je choisissais de télécharger, Firefox le rangeait dans ~/Téléchargements.
Depuis que Debian stable est passé à la version 102 de Firefox, celui-ci range tout dans ~/Téléchargements, qui devient un vrai zouk.
Pour retrouver l'ancien comportement : browser.download.start_downloads_in_tmp_dir à true dans about:config.
J'ai également constaté que Firefox commence le téléchargement (dans /tmp si « start_downloads_in_tmp_dir » est à true) avant que je choisisse d'ouvrir ou de télécharger. Johndescs me dit que ça fait déjà quelques versions. En tout cas, ça a rien à voir avec ce que je viens de décrire : même avec « start_downloads_in_tmp_dir » à false (valeur par défaut), Firefox télécharge en anticipation.
Quand le correcteur orthographique de LibreOffice Writer ne souligne plus les fautes (alors qu'il est activé dans les options), il faut supprimer le profil utilisateur car il doit être corrompu. Il se trouve dans ~/.config/libreoffice.
En février 2022, la CNIL a mis en demeure plusieurs sites web de ne plus utiliser Google Analytics : transfert illégal de données personnelles vers les États-Unis, car ils ne présentent pas de garanties suffisantes de respect de la vie privée.
La problématique fondamentale qui empêche ces mesures de répondre à la problématique de l’accès aux données par des autorités extra-européennes est celle du contact direct, par le biais d’une connexion HTTPS, entre le terminal de la personne et des serveurs gérés par Google. […] Les requêtes qui en résultent permettent à ces serveurs d’obtenir l’adresse IP de l’internaute ainsi que de nombreuses informations sur son terminal. Celles-ci peuvent, de manière réaliste, permettre une réidentification de celui-ci et, en conséquence, l’accès à sa navigation sur l’ensemble des sites ayant recours à Google Analytics.
J'en profite pour rappeler que le RGPD ne prévoit pas d'approche par les risques en matière de transfert de données persos vers un pays qui ne présente pas un niveau adéquat de protection de la vie privée. Donc, peu importe la probabilité qu'un européen fasse l'objet d'une demande des autorités ricaines.
Je découvre les recommandations du CEPD sur les mesures supplémentaires à mettre en œuvre lors d'un transfert de données personnelles hors de l'UE et en l'absence de décision d'adéquation.
En juin 2022, la CNIL a publié cette notice sur l'utilisation d'un reverse proxy comme mesure technique supplémentaire autorisant le transfert vers les États-Unis.
Cette méthode peut être utilisée avec d'autres destinations / produits / outils que Google Analytics.
Elle me semble être une mauvaise idée à tous les niveaux :
Dans le cas d'un outil de mesure d'audience (Google ou autre), l'utilisation d'un reverse proxy retire une grande partie de l'intérêt de l'outil. :D
La CNIL a une mission de conseil (article 8 de la loi I&L), mais pas de n'importe quoi. Là, on se tire une balle dans le pied, surtout avec l'absence de contrôle depuis l'extérieur. :(
Sans surprise, ce qui devait arriver arriva : https://www.linforme.com/tech-telecom/article/transfert-de-donnees-vers-les-etats-unis-le-figaro-epargne-par-la-cnil_1801.html
Certes, la Société du Figaro a bien mis en œuvre dans l’intervalle de ces trois années des mesures techniques (en l’occurrence, une « proxyfication », consistant en l’utilisation d’un serveur intermédiaire pour limiter les risques d’identification des internautes), mais les choix opérés n’ont pas été jugés suffisamment solides par la CNIL. Dans un courrier daté du 4 juin, adressé à la plaignante et qu’a pu lire l’Informé, Marie-Laure Denis, présidente de l’autorité relève qu’ils « n’ont pas permis d’éviter le transfert de données à caractère personnel des utilisateurs du site web LeFigaro.fr vers les États-Unis ».
Un truc qui me fascine : le recours massif à un CDN… Sans trop savoir pourquoi ni vérifier son paramétrage ni évaluer le gain économique réel ? J'ai l'impression qu'il s'agit d'une frénésie, de mode, de suivisme, pas de décisions rationnelles. Je vais tenter de développer ce ressenti.
Même les dino s'y sont mis. Gandi (l'espace client). Un hébergeur qui ne sait pas héberger ses propres JavaScript et CSS ? Le noyau Linux (docs.kernel.org, bugzilla.kernel.org). L'IETF (site web vitrine et certains outils comme le suivi des documents ‒ datatracker ‒). La discussion des normes techniques d'Internet chez Cloudflare… Le RIPE (site web vitrine). Ces personnes sont capables de monter des architectures techniques aussi chiadées qu'Atlas, que RIPEstat / RIS, ou que des référentiels pour gérer les ressources Internet rares (adresses IP, numéros d'AS, racine RPKI), mais plus d'héberger un simple site web ? Qui va croire que ces sites web reçoivent une plus forte affluence qu'avant alors qu'ils sont très techniques et mêmes inconnus de nombre d'informaticiens ?
J'ai déjà râlé sur Debian et OpenStreetMap.
Il y a ceux qui recours à un CDN alors que leurs concurrents encaissent quasi deux fois plus de visiteurs qu'eux sans CDN. Exemple : Les Jours (12 000 abonnés en 2021) a recours à un CDN alors qu'Arrêt sur images (22 000 en 2021) n'en utilise pas. On peut mettre ça sur le compte aussi bien d'un site web mal conçu (gourmand en ressources) que d'une fréquentation tout au long d'une journée différente que d'un arbitrage délibéré ("on préfère dépenser la thune sur autre chose ‒ salaires, investissements, etc. ‒, ce CDN réduit notre facture d'hébergement conventionnel").
Il y a ceux qui ont la puissance de calcul pour génerer les pages web dynamiques de leur site web, mais pas pour diffuser quelques images, documents PDF, etc. alors que les ressources statiques se mettent très facilement en cache, aussi bien côté serveur (Varnish, HAProxy, etc.) que client (entêtes HTTP Cache-Control et Expires, désactiver ETAG, etc.). Exemple : Next Inpact.
Il y a les incohérents qui ne recourent pas à un CDN sur toutes leurs pages alors qu'on peut pourtant prédire qu’elles reçoivent la même quantité de trafic et que leur tenue de la charge est tout aussi nécessaire pour le fonctionnement global du service. Exemple : le fisc français. Le portail d’authentification de l'espace web pour les particuliers et le tableau de bord après authentification, sans lesquels l’accès au service (et donc les démarches administratives) est impossible, ne sont pas derrière un CDN…
Dans leurs réponses, les CDN incluent des entêtes HTTP additionnels (curl -D - -so <URL> ;) ). On peut y lire le nom du serveur qui a traité la requête web, qui, très souvent, indique sa localisation géographique. On peut aussi y lire si le CDN a servi une copie du contenu qu'il détenait ou s'il le récupére, en temps réel, à chaque demande, auprès de l'hébergeur final, auquel cas il a servit à rien (le serveur final a mouliné) et il a même fait perdre du temps (trajet client -> CDN -> hébergeur final + retour au lieu de client -> hébergeur + retour).
C'est ainsi que l'on constate que toutes les requêtes pour les pages web (le texte) de Mediapart, de L'informé ou de sites web officiels français gérés par la DILA (Légifrance, Journal-Officiel, Service Public, Vie-Publique, etc.) parviennent à leur hébergeur final (cf. entête HTTP « x-cache: MISS »). Cloudflare permet de configurer la mise en cache des pages dynamiques, mais Numerama ou Les Jours n'ont pas effectué cette configuration, donc toutes les requêtes pour leurs pages web doivent être traitées par leur hébergeur (cf. entête HTTP « cf-cache-status: DYNAMIC »). Intérêt du CDN ? À leur décharge, la mise en cache de pages dynamiques contenant des données personnelles (Mediapart : identifiant dans le menu horizontal supérieur) n'est pas triviale (ben oui, il ne faut pas servir une page contenant les données persos d'une autre personne… Et mettre en cache X versions d'une page pour X abonnés, ça revient au même que de se passer de cache).
Il y a les champions qui cumulent un hébergeur Google Cloud et un CDN Fastly. Comme si Google ne disposait pas de ressources suffisantes ni d'une excellente connectivité de son réseau à travers le monde ni d'une capacité à encaisser les attaques par déni de service… Exemple : L'informé. Faisons l'hypothèse que Fastly coûte moins cher que de la ressource supplémentaire Google Cloud et que l'utilisation de Fastly permet la montée en charge d'un nouveau journal, mais je prends les paris que le CDN demeurera après la montée en charge (qui est un prétexte parmi d'autres) parce que ça marche, parce qu'on a oublié, parce qu'on s'en fiche le public nous aime comme ça, parce qu'on a toujours fait comme ça, blablabla.
Alors, oui, un CDN ne sert pas qu'à mettre en cache. Il peut aussi filtrer des attaques informatiques (par déni de service, applicatives, etc.) plus efficacement que d'autres prestataires (typiquement les gros hébergeurs) car il a accès à la requête web, donc à plus d'infos pour arbitrer, et peut-être pour moins cher qu'une prestation spécialisée vu les parts de marché des CDN. On ne peut donc pas totalement préjuger de la volonté de ceux qui y ont recours. Même si on me fera difficilement croire que le petit journal ou l'IETF ou le RIPE croulent sous des attaques permanentes.
Ces choix concentrent le trafic web dans les mains de quelques acteurs (dépendance, fiabilité, concurrence ?) et appauvrissent les compétences (qui sait construire, configurer finement, et maintenir une plate-forme d'hébergement web digne de ce nom ? Qui sait construire et maintenir un CDN maison ? Qui peut concurrencer, techniquement, les gros CDN ricains ?). Évidemment, ces quelques acteurs consignent qui (adresse IP) a consulté telle page web précise (c'est l'URL demandée ou des entêtes HTTP supplémentaires) à telle date.
Si je résume :
Ouiiii, on peut installer, entre le visiteur d'un site web et Google / Amazon, un reverse proxy qui retire (strip) les entêtes HTTP contenant des données personnelles, afin de continuer à utiliser ces outils. Mais, si l'on externalise, ce n'est pas pour se farder un reverse proxy, normalement. Surtout que sa conformité au RGPD nous tombe dessus (est-il bien configuré) ? D'autant que ça retire une bonne partie de l'intérêt d'une mesure d'audience.
Oui, on peut continuer à utiliser un Matomo installé sur des serveurs détenus par une entité UE (soi-même ou un prestataire).
Le 1a de l'article 49 du RGPD permet d'autoriser des transferts de données personnelles vers un pays tiers non adéquat (n'offrant pas les mêmes garanties de respect de la vie privée) sur la base du consentement (spécifique au transfert, pas le consentement de l'article 6 du RGPD, et après information sur les risques encourus).
Mais uniquement pour des transferts occasionnels.
Via https://www.cnil.fr/fr/cookies-et-autres-traceurs/regles/questions-reponses-sur-les-mises-en-demeure-de-la-cnil-concernant-lutilisation-de-google-analytics (question « Est-il possible de continuer à transférer des données avec le consentement explicite des personnes ? »).
ÉDIT DU 26/06/2025 : C'est plus subtil que ce que la CNIL a écrit. Le CEPD rappelle que le considérant 111 du RGPD prévoit une dérogation pour, d'une part, les transferts auxquels une personne concernée a consenti explicitement ou intérêt vital ou intérêt publique ou, et, d'autre part, lorsque le transfert est occasionnel et nécessaire dans le cadre d'un contrat ou d'une action en justice. Donc le caractère occasionnel ne porte pas sur le consentement, qui peut donc être systématique. Néanmoins, après, le CEPD rappelle que le principe d'une dérogation est d'être exceptionnelle : « Il convient néanmoins de souligner que même les dérogations qui ne sont pas expressément limitées aux transferts «occasionnels» ou «non répétitifs» doivent être interprétées de manière à ne pas contredire la nature même des dérogations, qui sont des exceptions à la règle […] » FIN DE L'ÉDIT.
Plus d'un an après, et suite à une question du député Latombe, le ministère de l'éduc' nat' nous apprend qu'il a demandé (quand ?) de stopper les déploiements d'Office 365 ainsi que ceux de la solution de Google (Workplace ?). RGPD, transferts illégaux de données personnelles vers les États-Unis (Schrems II), décision de la CNIL et circulaires de 2021, tout ça. Bref, rien de neuf, mais ça fait mine d'avancer.
Dès 2019, l'Allemagne et les Pays-Bas ont partiellement banni Office 365. Allemagne : un seul Land puis suspension de l'interdiction le temps des négociations avec MS ; Pays-Bas : uniquement Office Online et les applis mobiles Office. En 2022, les danois ont suspendu durant un mois l'utilisation des Chromebooks et de Google Workplace.
J'ai hâte (ou pas) de voir la réaction de Microsoft. Va-t-on partir sur de la revente de licence à des clouds souverains ? Sur du On-Premises (ça n'a pas l'air d'être populaire pour l'instant) ?
J'ai hâte (ou pas) de voir l'absence d'action de la part des bahuts exsangues que la gratuité d'Office 365 arrange bien. Le député évoque d'ailleurs la concurrence déloyale (et l'accoutumance) que cela constitue. Le ministère rappelle une de ses anciennes réponses : limiter le périmètre couvert par des licences gratuites, limiter la durée du "contrat", ne pas accorder d'exclusivité, blablabla.
En juillet 2022, l'Autorité de Protection des Données personnelles (APD) danoise ordonnait à deux communes (en charge de l'éducation) de cesser leur utilisation des Chromebooks et de G Suite for Education / Google Workplace for Education.
Injonction levée en septembre 2022 alors que les problèmes ne sont pas corrigés, mais comme les communes reconnaissent leurs torts et ont identifié les problèmes, tout va bien. Dommage, car ça donne le sentiment que les infractions au RGPD ne sont pas si grave que ça, après tout.
Notes :
Bref, ça gamberge bien pour sauver la mise aux GAFAM.
Une analyse d'impact sur la protection des données personnelles portant sur Microsoft Teams, OneDrive, SharePoint et Azure Active Directory réalisée en février 2022 par le ministère de la justice et de la sécurité des Pays-Bas.
Mes notes :
Bref, je note que ça met du temps à converger / gamberger (points 6 et 8), et que ça souhaite quand même bien sauver la mise aux GAFAM (points 7 et 10).
Ooook :