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——————————— Tuesday 10, April 2018 ———————————

« La main de l’État ne tremblera pas », déclarait Sébastien Lecornu, secrétaire d’État à la transition écologique, le 20 mars, lors de sa rencontre avec la délégation issue du mouvement anti-aéroport.

Ouais, Valls disait pareil. C'est curieux de retrouver cette petite phrase ici, dans un contexte politique où les autorités rapprochent de plus en plus la contestation politique du terrorisme afin de lui appliquer les mêmes mesures en dehors de l'état de droit.


Relayé par divers élus, des représentants de l’État et des éditorialistes, un discours binaire s’est mis en place : sur les 1 650 hectares de la ZAD, il y aurait d’un côté les occupants impliqués dans un projet agricole, prêts à se régulariser, et, de l’autre, des militants présentés comme « anarchistes », « d’extrême gauche » ou « altermondialistes », rejetant tout cadre légal.

[…]

L’assemblée des usages, une instance collective des « usager·e·s » de la ZAD, a fait parvenir à la préfecture une proposition de convention provisoire collective. Ils acceptent de signer avec l’État une forme précaire de bail régularisant leurs activités mais pas sur une base individuelle, ni exclusivement pour des projets agricoles.

Je ne comprends pas pourquoi ce devrait être des terres agricoles, surtout après les études qui expliquent qu'il ne faut pas construire l'aéroport, car ça écraserait tout un bocage avec une faune et une flore riches… Si on suit la logique, on pourrait s'attendre à ne pas voir pousser des champs qui ravagent le coin et normalisent le paysage avec une monoculture…


Ils ont créé en février une association loi 1901 « pour un avenir commun dans le bocage », habilitée à signer ces documents, et sollicité un rendez-vous auprès de la MSA, la mutuelle agricole indispensable pour obtenir le statut officiel d’agriculteur. « C’est ce cadre collectif qui peut assurer le maintien d’une vision du territoire soucieuse des communs, du soin au vivant, d’une vision paysanne et de la place nécessaire aux expérimentations sociales », écrivent-ils dans un communiqué. Cela correspond aussi à leur vision agro-écologique de la culture des terres, selon un principe de rotation des parcelles qui évite leur morcellement. L’État, lui, voudrait des conventions d’occupation précaire individuelle. Mais « nous ne pouvons envisager un tri sélectif de la richesse et de la diversité des projets actuels », contestent ces habitant·e·s.

[…]

Dans le cadre légal, un paysan doit passer devant une commission agricole, la CDOA, pour obtenir l’autorisation officielle d’exercer son activité. Si son projet est jugé économiquement viable, il peut légalement s’installer et toucher des aides. Pour Mickaël, ce cadre est contraignant : « Tu as des objectifs chiffrés à atteindre, alors que les projets collectifs sont toujours mouvants. » Surtout, il s’inquiète d’y perdre sa flamme militante. « C’est vite fait d’être pris dans un cadre uniquement professionnel. Tu n’as plus le temps d’aller aux réunions, tu as une livraison à faire, tu dois t’occuper de tes enfants. Ça arrive très vite. Je ne voudrais pas faire que ça. »

Maraîchage, culture de plantes médicinales, production et transformation laitière : la plupart des activités paysannes sur la ZAD ne peuvent être régularisées en l’état, car pour s’affilier à la MSA, il faut déclarer des parcelles. Or, personne ne sait encore ce qu’elles vont devenir. L’État annonce vouloir les vendre mais qui va les acheter ? En exigeant des habitant·e·s de la ZAD qu’ils ou elles se régularisent, l’État leur demande un acte aujourd’hui impossible à concrétiser. […]

[…]

[…] On n’est pas là pour faire la guerre à l’État. C’est pour changer les croyances. Le capitalisme a tout défoncé. Partout dans le monde, on voit les mêmes voitures, les mêmes bâtiments. C’est hyperoppressant. On peut pas faire le même schéma pour tout le monde » À quelques mètres de sa tourelle, il a creusé un puits dans l’argile, avec ses mains, pour s’approvisionner en eau et profiter de cette grotte fraîche en été. « C’est un endroit magique. C’est génial pour y jouer de la musique, au frais, à l’intérieur de la terre. » Une merveille de poésie décrite comme une potentielle cache d’armes et un départ de souterrains secrets dans une note de police publiée dans le Journal du dimanche en décembre. Son constructeur n’en revient toujours pas.

[…] D’ailleurs, ce mot de « friches », il le conteste : « C’est anthropocentré et formulé dans le but de répondre à nos besoins. »

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