Trump demande une enquête sur son rival aux présidentielles de 2020 au président ukrainien. Les témoignages affluent : deux agents de la CIA (l'un deux est la première source des médias), le chef de cabinet de la Maison-Blanche, un représentant spécial à Kiev, etc. La transcription (ou plutôt les notes et souvenirs) publiée par la Maison-Blanche fait apparaître une demande, mais je n'y vois pas de pression, et personne y voit une condition à l'aide militaire contre les pro-russes… Affaire à suivre. Je ne crois pas à la destitution : aucun président a été destitué, ça fait partie des gadgets pour amuser le bon peuple.
Nouvel ouragan sur la côte est américaine, qui dévaste le Capitole et la Maison-Blanche. Voilà désormais Trump accusé d’avoir fait pression avec insistance sur le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour qu’il déclenche une enquête pour corruption visant l’ex-vice-président Joe Biden, son rival pour 2020, ainsi que son fils Hunter, qui était employé à partir de 2014 du groupe gazier ukrainien Bursima…
Au cours d’un long coup de fil à son homologue ukrainien, le 25 juillet, Trump aurait fait huit fois allusion aux Biden père et fils ! Et il aurait même mis en balance l’aide financière américaine, cruciale pour que l’Ukraine se défende contre les incursions des séparatistes pro-russes… Or 391 millions d’aide US à l’Ukraine ont bel et bien été gelées sur ordre de Trump avant ce coup de fil.
Pressé de questions dans les couloirs de l’ONU le 23 septembre, Trump a nié : « Je n’ai pas lié l’aide, je ne l’ai pas fait. » Puis il a lâché, en sens inverse : « Pourquoi verseriez-vous de l’argent à un pays que vous estimez corrompu ? »
Cette nouvelle affaire relance plus fortement que jamais la possibilité d’une procédure d’impeachment contre Trump, qui pourrait se voir invalider comme président pour avoir exercé des pressions sur une puissance étrangère afin de nuire à un adversaire politique : 143 parlementaires démocrates se sont d’ores et déjà déclarés favorables à cette procédure solennelle. Et les élus exercent désormais un bras de fer pour que l’administration Trump publie le compte rendu in extenso de la conversation du 25 juillet.
Mais, attention, Trump n’est jamais meilleur que dos au mur, retournant la situation comme au catch !
Dans le Canard enchaîné du 25 septembre 2019.