Certaines personnes jouent un rôle central dans les communautés geeks. Est-ce toxique, souhaitable, utile, dangereux ? Retour d'expérience.
Le personnage public a une responsabilité car il est en capacité de fausser le discernement et de donner une image de ce qu'est la norme. Ce personnage ne peut pas parler, sauf auprès de gens de confiance, des sujets qu'il ne connaît pas ou insuffisamment de peur que personne ne le contredise s'il se trompe.
Tour d'ivoire pour se protéger des attaques auxquelles le personnage public est, statistiquement, plus exposé. Cela conduit à refuser un argument par principe, avant même d'y avoir réfléchit.
Le personnage public devient un centre. On fait de lui un centre. Et comme toute centralisation, c'est dangereux. Ça encombre : ce personnage est toujours invité aux conférences à la place des copain-ine-s tout aussi compétent-e-s, ce personnage détourne l'audience des talks parallèle au sien, etc. Ça épuise le personnage public. Ça complexifie le passage de relai.
On attend du personnage public une certaine image, une certaine crédibilité. Benjamin évoque l'exemple bidon de bosser chez Google. Je me souviens de cette connaissance, côtoyée assez longuement dans un hackerspace alors que j'étais étudiant, me taquinant (et plus si affinité), des années après, au sujet de mon ex-employeur qui me retirerait, à ses yeux, ma crédibilité à causer de neutralité des réseaux quand bien même cet employeur est très loin d'être le pire dans ce domaine. Pourtant, c'est sain de briser l'image parfaite du personnage public parfait, du militant tendance ligne dure, car personne n'a envie de ressembler à de tels êtres car ce n'est pas fun et que cela, ce semblant de perfection, semble inaccessible, du coup, cela contribue à avoir relativement peu de gens qui se mettent en avant dans nos communautés.
En bref, comme le dit Benjamin, le personnage public connu et le public qui a fait émerger ce personnage public ont tous les deux une part de responsabilité dans le façonnage dudit personnage public : on se fabrique nous-même notre tyran, en quelque sorte.