« Alors que l’effet de l’automatisation sur l’emploi est de plus en plus perçu comme une cause structurelle du chômage, actuel ou futur, la vieille idée d’instaurer un revenu universel de base que toucheraient tous les citoyens refait surface. Il pourrait en effet être financé en totalité ou en partie par les gains de productivité offerts par l’intelligence artificielle et la robotisation, permettant à l’Homme de tirer véritablement profit du progrès technologique.
Le Sénat doit ainsi débattre mercredi prochain d’un projet de résolution déposé par le groupe écologiste, qui vise à demander au gouvernement de prendre « les mesures nécessaires pour mettre en place un revenu de base, inconditionnel, cumulable avec d’autres revenus, notamment d’activité, distribué par l’État à toutes les personnes résidant sur le territoire national, de la naissance à la mort, sur base individuelle, sans contrôle des ressources ni exigence de contrepartie, dont le montant et le financement seront ajustés démocratiquement ».
Il s’agirait de garantir à toutes les personnes résidentes en France un revenu mensuel fixe minimum, sur le même modèle que des expérimentations déjà menées ou programmées en Finlande (800 euros par mois), aux Pays-Bas, en Inde, au Brésil, ou en Alaska ou plus récemment, en Ontario (Canada). »
Et du coup, un petit mail rapide pour les sénateurs et sénatrices de mon coin :
« *Mercredi 9 mars*, une *résolution* en faveur de l'instauration d'un *revenu de base inconditionnel* sera présentée devant le Sénat. Voir
http://www.senat.fr/leg/ppr15-353.html.
Je vous demande de *soutenir cette déclaration de principe transpartisane*.
Mes principaux arguments :
* Cette mesure sera nécessaire à l'avenir puisque nous *aurons toujours affaire à un chômage structurel croissant* dû, entre autres, à une *robotisation accrue et à une délocalisation persistante*. Il n'y a qu'à voir les progrès considérables de l'intelligence artificielle (voitures autonomes, drones de livraison, algorithmes prédictifs, algorithmes d'analyse,...) ces dernières années pour mesurer et prédire le fort impact négatif que cela aura sur les emplois dans les prochaines décennies.
* Cette mesure permettra de *pallier au fait que*, comme l'expose la résolution, « de nombreuses activités, pourtant génératrices de valeur d'usage, notamment dans les domaines social, sanitaire et culturel, ne donnent droit aujourd'hui à aucune rémunération ». Cela *profiterait au monde associatif*, en général qui serait *dynamisé* et qui n'aurait plus forcément nécessité à arbitrer entre temps libre et subventions/partenariats privés. Je ne *crois pas* un seul instant à la prédiction fataliste selon laquelle on se retrouverait avec *une majorité de fénéant-e-s inactifs-ives*.
* Cette mesure créerait, comme l'expose la résolution, « les conditions de dignité et de confiance favorisant l'employabilité » : je choisis mon emploi sans vice de consentement (économique, social, géographique,...) et sans pression, je travaille précisément sur le sujet sur lequel je souhaite travailler à un instant T. On améliore le *bien-être de tout un chacun-e*. Par prolongement, nous aurons des *relations sociales apaisées*.
* Le revenu de base constitue une des pierres angulaires de *l'émancipation humaine collective*. Il m'apparaît important de nous poser la question de stopper la vision néo-libérale selon laquelle l'individu, autonome et responsabilisé doit trouver seul son chemin et acquérir, par lui-même, les compétences pour s'en sortir uniquement par lui-même. Ça n'a aucun sens : *l'homme est social par nature. L'entraide est naturelle*. Cette idéologie néo-libérale individualiste n'a pas porté ses fruits jusqu'à présent et a causé des dommages collatéraux sur la cohésion sociale. Peut-être est-il temps de réellement *jouer collectif* ?
Cordialement. »
Une résolution n'a rien de contraignant c'est juste une déclaration de principes qui recommande au gouvernement de faire quelque chose. Mais sur un malentendu...