Jean-Jacques Urvoas, alors sinistre PS de la Justice avait transmis à Thierry Solère, alors député LR, sa fiche d'action publique, c'est-à-dire une note qui fait le point sur l'enquête pour fraude fiscale et corruption qui le visait. Pour le procureur, Urvoas a agit ainsi pour s'attirer les faveurs Solère, « un copain de Macron » (d'après le Canard enchaîné du 2 octobre 2019) en vue des législatives de 2017.
La Cour de Justice de la République n'a pas retenu une violation du secret de l'instruction, un ministre de la Justice n'y participant pas, mais elle a condamné l'ancien sinistre à 1 an de prison avec sursis et 5 000 euros d'amende pour violation du secret professionnel, ce qui est dérisoire.
Rappelons que le sinistre de l'Intérieur dispose également de remontées d'informations sur les enquêtes en cours : perquisitions, gardes à vue, mises sur écoute, etc.
Notons que la transmission du document s'est faite via Telegram, la messagerie chiffrée, mais Solère a conservé le message… qui a donc été lu par les flics en perquisition. Cela nous rappelle l'une des bases de la sécurité informatique : ça sert à rien de protéger les communications si l'un ou l'autre des correspondants ne respecte pas les bonnes pratiques de sécurité ou si l'équipement d'un des correspondants est compromis / piraté / sous écoute.
Souvenons-nous que Solère a aussi été illégalement mis sous écoute par la DGSE avant les législatives de 2012, alors qu'il était face à Guéant, alors sinistre de l'Intérieur. Il s'agirait d'une erreur isolée d'un analyste de la DGSE.
Via les Canard enchaîné du 25 septembre 2019 et du 2 octobre 2019.