Le 6 avril, le juge des référés a suspendu l'arrêté de réquisition des personnels de la raffinerie de Gonfreville-l'Orcher. L'atteinte à l'ordre public n'est pas établie (le gouv' justifiait la réquisition par le week-end de Pâques). Le débat sur le fond est à venir. Le recours est porté par la CGT et le SAF ;
Israël :
Dès son entrée en vigueur, les tribunaux ont rechigné à plafonner des indemnités prudhommales en cas de licenciement abusif (dit barème Macron). La Cour de cassation avait sonné la fin de partie à la mi-2019. Des tribunaux rechignaient toujours en se basant sur la Charte sociale européenne et la Convention de l'Organisation Internationale du Travail (OIT). La Cour de cassation remet le couvert en mai 2022 : le plafonnement n'est pas contraire à la Convention, et la Charte n'est pas contraignante. En février 2023, les Prud'hommes de Clermont ont jugé que l'application du barème n'interdit pas une "majoration" liée à la situation personnelle du licencié en application du principe d'égalité de traitement (des personnes placées dans la même situation objective doivent être traitées pareillement, sinon non). Ceux de Grenoble se basent sur une recommandation 2022 de l'OIT visant à suspendre le barème en attente d'une étude d'impact sur l'indemnisation effective. Bref, le combat continue.
Point dérivé du précédent mais qui n'est pas dans l'ouvrage nommé dans le titre. Dans la Fonction Publique d'État (et uniquement elle), toute grève = retenue d'un 1/30e du traitement (+ primes), même pour 1 heure. C'est la règle du 1/30e indivisible. Elle ne s'applique pas qu'à une retenue pour grève. Le Comité européen des droits sociaux, chargé d'appliquer la Charte sociale européenne, la qualifie, en février 2023, de violation du droit de grève. Mais, comme au point précédent, ça n'a aucune valeur juridique contraignante.