« Ressentis à tort ou à raison comme simples à utiliser, efficaces à l’utilisation quotidienne, proposant des fonctionnalités pertinentes pour le travail collaboratif en entreprise ou dans le cadre d’un projet de Logiciel Libre, s’interconnectant aujourd’hui à de très nombreux services d’intégration continue, les services offerts par Github ont pris une place considérable dans l’ingénierie logicielle ces dernières années.
Quelles sont ces critiques et sont-elles justifiées ?
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L’application Github appartient et est gérée par une entité unique, à savoir Github, inc, société américaine. On comprend donc rapidement qu’une seule société commerciale de droit américain gère l’accessibilité à la majorité des codes sources des applications du Logiciel Libre, ce qui représente un problème pour les groupes utilisant un code source qui devient indisponible, pour une raison politique ou technique.
[...] de par sa taille, ayant atteint une masse critique, elle s’auto-alimente. Les personnes n’utilisant pas Github, volontairement ou non, s’isolent de celles qui l’utilisent, repoussées peu à peu dans une minorité silencieuse. Avec l’effet de mode, on est pas « dans le coup » quand on n’utilise pas Github, phénomène que l’on rencontre également et même devenu typique des réseaux sociaux propriétaires (Facebook, Twitter, Instagram).
Lorsque vous interagissez avec Github, vous utilisez un logiciel privateur, dont le code source n’est pas accessible et qui ne fonctionne peut-être pas comme vous le pensez.
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Cette fréquence de l’utilisation de Github dans l’activité de développeur du Libre aujourd’hui participe à l’uniformisation du cadre de travail dudit développeur.
L’uniforme évoque l’armée, ici l’armée des clones
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Des attaques massives par dénis de service ont eu lieu en mars et août 2015. De même, une panne le 15 décembre 2015 a entraîné l’indisponibilité de 5% des dépôts. Idem le 15 novembre.
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Les rapports de bugs sont la mémoire des projets du Logiciel Libre. Il constitue le point d’entrée des nouveaux contributeurs, des demandes de fonctionnalités, des rapports de bugs et donc la mémoire, l’histoire du projet qui ne peut se limiter au code seul. Il est courant de tomber sur des rapports de bugs lorsque vous copiez/collez votre message d’erreur dans un moteur de recherche. Mémoire précieuse non seulement pour le projet lui-même, mais aussi pour ses utilisateurs actuels et à venir.
Github propose d’extraire les rapports de bugs via son API, certes, mais combien de projets anticiperont une éventuelle défaillance de Github ou un retournement de situation arrêtant brusquement le service ? Très peu à mon avis. Et comment migrer vers un nouveau système de suivi de bugs les données fournies par Github ?
[...] Astrid, racheté par Yahoo! il y a quelques années reste un très bon exemple de service ayant grandi rapidement, largement utilisé et qui a fermé du jour au lendemain, proposant pendant quelques semaines seulement d’extraire ses données. Et il s’agissait là d’un simple gestionnaire de tâches à faire.
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Les autres voies sont totalement ostracisées. Et quelle est la punition pour celui qui désobéit ? Peu ou pas de contributeurs potentiels. Il semble très difficile de pousser aujourd’hui le contributeur potentiel à se lancer dans l’apprentissage d’un nouveau gestionnaire de sources ET une nouvelle forge pour chaque projet auquel on veut contribuer. Un effort que fournissait pourtant tout un chacun il y a quelques années.
Et c’est bien dommage car Github, en proposant une expérience unique et originale à ses utilisateurs, taille à grands coups de machette dans les champs des possibles. Alors oui, sûrement que Git est aujourd’hui le meilleur des système de gestion de versions. Mais ça n’est pas grâce à cette domination sans partage qu’un autre pourra émerger.
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Mais la récente affaire de la lettre « Cher Github… » met en avant un dernier effet, totalement inattendu de mon point de vue : la fainéantise. Pour les personnes passées à côté de cette affaire, il s’agit d’une lettre de réclamations d’un nombre très important de représentants de différents projets du Logiciel Libre qui réclament à l’équipe de Github d’entendre leurs doléances, apparemment ignorées depuis des années, et d’implémenter de nouvelles fonctionnalités demandées.
Mais depuis quand des projets du Logiciel Libre qui se heurtent depuis des années à un mur tentent-ils de faire pleurer le mur et n’implémentent pas la solution qui leur manquent ? Lorsque Torvald a subi l’affaire Bitkeeper et que l’équipe de développement du noyau Linux n’a plus eu l’autorisation d’utiliser leur gestionnaire de versions, Linus a mis au point Git. Doit-on rappeler que l’impossibilité d’utiliser un outil ou le manque de fonctionnalités d’un programme est le moteur principal de la recherche d’alternative et donc du Logiciel Libre ? Tous les membres de la communauté du Logiciel Libre capable de programmer devrait avoir ce réflexe. Vous n’aimez pas ce qu’offre Github ? Optez pour Gitlab. Vous n’aimez pas Gitlab ? Améliorez-le ou recodez-le. »
En plus de tout ça, je rappelle que Sourceforge était gentil, il y a longtemps. Puis il y a eu la pub puis la distribution de malwares. Puis les installeurs maison qui installent de la merde. Puis la reprise en main des comptes inactifs quand bien même le projet n'est pas mort, juste qu'il n'y a rien de neuf. Voir
http://shaarli.guiguishow.info/?7i6yOw
Où je veux en venir ? Toute société commerciale est gentille au début, pour percer car c'est la faiblesse de l'humain : on ira manger dans la main d'une personne qui présente bien même si elle vous poignarde derrière plutôt que d'aller causer à la personne un peu rugueuse, qui ne présente pas suffisamment mais qui ne vous poignardera finalement jamais. Github fera de la merde.
Via
http://sebsauvage.net/links/?DXMPIg