Une fois n’est pas coutume, les flics d’Interpol se soucient des droits de l’homme. Certains régimes peu démocratiques ont pris la fâcheuse habitude d’utiliser l’organisation internationale de coopération des polices pour faire arrêter leurs opposants politiques réfugiés à l’étranger.
Dernière illustration : des notices rouges émises par Interpol à la demande de la Mauritanie à l’encontre de l’homme d’affaires et milliardaire Mohamed Ould Bouamatou ainsi que de son collaborateur. Tous deux Opposants au président Abdel Aziz.
Après avoir collé à chacun un mandat d’arrêt, le 31 août 2017, pour soupçons de corruption, Nouakchott avait obtenu que l’organisation policière basée à Lyon les inscrive dans son fichier des personnes recherchées.
Las, quatorze mois plus tard, Interpol a donné raison aux avocats des deux hommes en considérant que la demande de la Mauritanie était abusive. Non seulement elle a supprimé illico les avis de recherche internationaux visant Mohamed Ould Bouamatou et son bras droit, mais, dans sa décision, elle tire à boulets rouges sur le président Aziz, n’hésitant pas à dénoncer « une dimension politique prédominante dans cette affaire ».
Un odieux procès d’intention !
Dans le Canard enchaîné du 28 novembre 2018.