Si ça peut motiver des lecteur-rice-s à se bouger un tout petit peu contre l'état d'urgence… Ce n'est pas le texte le plus travaillé du monde. Pas envie d'y consacrer trop de temps pour rien.
En tant que citoyen résidant à XvilleX, je vous interpelle aujourd'hui au sujet de la énième prolongation de l'état d'urgence sur laquelle vous devriez vous prononcer sous peu.
Je suis, une nouvelle fois, vivement opposé à cette prolongation, pour les raisons suivantes :
Là encore, la discussion au Parlement aura lieu dans l'urgence, sans véritable débat de fond ni même de débat public, les parlementaires étant convaincu-e-s d'avance que le renouvellement est la seule réponse à apporter ;
- L'état d'urgence est inefficace passées les premières semaines d'application. Tous les rapports d'information de la commission des lois mettent cela en évidence ;
- En revanche, le dernier rapport d'information de la commission des lois daté du 06/12, ainsi que les travaux de différentes associations de défense des droits et de journalistes mettent en évidence que les mesures permises par l'état d'urgence ont été détournées de leur finalité première au profit de missions ordinaires de maintien de l'ordre (faire taire les pénibles, lutte contre la délinquance ordinaire, collecte de renseignements, guerre psychologique, etc.). Les confessions de François Hollande dans le livre « Un Président ne devrait pas dire ça » évoquent sans ambiguïté les assignations à résidence comme étant des facilités utilisées par l'État contre ses citoyen-ne-s. Quand ne seriez-vous plus complice de ces nombreuses dérives bien réelles ? ;
- L'article 3 me semble être extrêmement dangereux en cela qu'il tend à forcer la main au prochain président et gouvernement pour maintenir l'état d'urgence bien après juillet 2017 en s'appuyant sur un biais cognitif basé sur le confort auquel tout être humain est sensible. Cet article 3 est très clairement l'amorce d'un état d'urgence perenne, qui transcendera les élections et la volonté du Peuple. L'état d'urgence doit s'arrêter au plus tard lors de la passation de pouvoir et c'est au nouveau président et à son gouvernement de faire l'effort de déclarer à nouveau l'état d'urgence, pas au président et gouvernement actuels de lui simplifier le travail ;
- La sémantique utilisée dans l'exposé des motifs, notamment « l’usage de messageries et de réseaux sociaux clandestins » laisse entrevoir de futures atteintes toujours plus brutales et massives aux droits et libertés du plus grand nombre de citoyen-ne-s, notamment au secret des correspondances. La sur-répression à l'aveugle continue à être banalisée. Est-ce bien raisonnable ?
J'espère que ce texte ne sera pas une fois de plus rempli d'encore plus de dispositions liberticides par le Parlement comme ce fût le cas lors de la dernière prolongation qui a modifié notre droit de manière durable.
Cordialement.