World Clean Up Day 1, c’est le nom officiel de la journée du 15 septembre dont l’objectif est que chaque habitant de la planète nettoie les tas de déchets a côté de chez lui. Ce grand ménage est ambitieux, audacieux même, mais il pousse avant tout à réfléchir à nos modes consommation et de production.
L'un de nos ennemis redoutebies, celui des océans et de notre devenir commun demeure le plastique. Les rapports des scientifiques se suivent et se ressenblent, la plastification de notre planète est en cours, et elle aura des conséquences redoutables. Quelques chercheurs travaillent sur une alternative. En France, une chercheuse, Soraya Bornaz, ingénieure en modélisation physique, consacre tout son temps à un bioplastique. « Ce plastique existe, j'en ai fabriqué », nous explique-t-elle. Elle le produit à partir de la chitine, une molécule que l‘on trouve dans l’exosquelette des crevettes, des écrevisses et des insectes. elle a installé son labo dans une petite salle de l'École des ponts, à Paris, sans financement. « Je suis seule en France, j'ai deux collègues en Espagne. On se débrouille comme on peut. » Après un processus de désacétylation de la chitine, on obtient du chitosan. C’est la molécule brûleuse de graisse que l’on trouve partout. Pour gagner du temps et de l‘argent, elle achète directement le chitosan sur les sites en ligne de diététique. Après ? Elle mélange le chitosan à de l’acide acétique et obtient une pâte qui sèche et devient du plastique nouvelle génération.
Toutes les qualités
Les propriétés de cette chitine sont hallucinantes.
Primo, elle apsorbe les métaux lourds. En inde, elle est utilisée pour purifier l’eau.
Deuxio, elle est utilisée comme engrais. En Égypte, on a développé une filière de recherche et de développement pour l’utiliser comme tel. imaginez un sac plastique que vous jetteriez dans votre jardin pour
aider les plantes à pousser.Tertio, elle est un bon antibactérien. On la retrouve d’ailleurs dans la composition des gels intimes. Bref, le remède miracle qu’on l‘on cherchait depuis des années était sous nos yeux. Reste à voir le temps de dégradation dans la nature du sac biopiastique. « C'est ce sur quoi je travailie. Mais quoi qu’il en soit, comme c’est comestible, ce ne fera aucun mal à la biodiversité, bien au contraire », ajoute Soraya Bornaz.
Ouais, le cyanure aussi, c'est comestible. La « raw water » aussi.
Seul bémol : les ressources en chitine. Si les crevettes et autres crustacés sont les fournisseurs de la sacre-sainte molécule, il y a fort à parier que ces espèces seront pêchées en masse et disparaîtront rapidement des fonds marins.
Non, sans blaaaaaaaague ?!
Certains ont déjà commencé à miser sur les insectes, comme l‘usine de fabrication Ynsect à Évry. Reste d’autres molécules comme l’amidon —— déjà exploité « et la gélatine ou la lignine qui, à leur tour, pourraient être étudiées. Mais la nature a plus d'un tour dans son sac et nous a proposé une alternative : les champignons. De récentes études ont par exemple montré que la chitine contenue dans les pieurotes était exploitable**. Or. pour développer ces champignons, il faut des arbres et donc créer des forêts. Bingo ! On résout plusieurs problématiques en un seul coup.
On déplace le problème, oui. Aura-t-on assez de ces champignons ? Pour en avoir assez, faudra-t-il faire une monoculture des arbres sur lesquels ils se développent ? Planter des arbres alors qu'on les massacrent afin d'obtenir des champs pour cultiver de quoi nourir la viande que nous consommons, c'est une blague ?!
L’avenir peut ne pas être si sombre que prévu. Mais pour ça, il faut aider les scientifiques comme Soraya Bornaz et ses collégues à aller plus loin et plus vite.
Je retiens que tout ça sonne très bullshit… Autant que le pastique « plastique réutilisable » de Coca Cola, qui est du plastique couplé à des matières végétales, comme le maïs, ce qui cause d'autres problèmes (déforestation et consommation d'eau pour les cultures, etc.)… Sans compter qu'il reste toujours des microparticules de plastique dans le mélange… qui ne sont pas biodégradables, qui polluent les océans et s'infiltrent dans les sols, etc. Ça me fait halluciner, tout ce que nous sommes prêt à faire pour ne surtout pas changer sérieusement nos petites habitudes…
Dans le Siné mensuel de septembre 2018.