François Fillon n’a pas seulement salarié son épouse ou ses enfants avec les fonds publics mis à sa disposition par le parlement. À l’époque où il siégeait au Sénat, il s’est mis dans la poche une partie des crédits théoriquement réservés à la rémunération d’assistants, grâce à un système de commissions occultes.
Et après, on viendra t'expliquer qu'un-e pauvre député-e / sénateur-rice ne peut pas s'intéresser à tous les sujets de la vie politique car ça requiert du temps et des compétences et que le budget pour employer des gens est short… … … Pfff.
L'article oublie de rappeler que le problème est double : certes ces pratiques de clans & dynasties politiques familiales qui permettent de concentrer le pouvoir sont détestables mais surtout, le principal reproche est qu'il s'agirait d'emplois fictifs à 6 900 € puis 7 900 € brut mensuel, au moins sur la période 2002-2007 (je cite cette période en particulier car la presse dispose de plusieurs témoignages concordants sur celle-ci).
Le masque du candidat qui te parle de rigueur budgétaire, d'exemplarité (comme le faisait aussi Sarko, pour rappel), d'assistanat, de son comportement éthique, etc. tombe enfin.
On notera aussi que le "tous pourris sauf Marine Le Pen" tombe aussi bien à l'eau puisque son garde du corps fût payé comme assistant parlementaire pendant quelques mois pour un total de 40 000 €, ce qui est un mauvais usage d'un financement public dont la finalité est fixée à l'avance (oui, je sais qu'il y aurait d'autres traitements contestables mais je choisis de mettre celui-ci en avant car c'est le plus manifeste)… … … http://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/2017/01/27/35003-20170127ARTFIG00190-assistants-parlementaires-marine-le-pen-sommee-de-payer-340000-euros.php . On notera que la ligne de défense est identique : "on cherche à me salir, à me casser car mon heure de gloire est arrivée, c'est une manœuvre politicienne". Certes, ce n'est pas exclu, ça sort pile au bon moment et tout, mais quand même… … …
Les sommes siphonnées entre 2005 et 2007 par l’actuel candidat LR à la présidentielle ne dépassent sans doute pas les 25 000 euros mais des juges d’instruction ont d’ores et déjà estimé que le stratagème utilisé, partagé avec nombre de sénateurs UMP entre 2003 et 2014, pouvait relever d’une infraction pénale. Plusieurs élus en ayant profité viennent même d’être mis en examen pour « recel de détournements de fonds publics ». À ce stade, l’information judiciaire en question porte uniquement sur des faits postérieurs à 2009, période à laquelle François Fillon avait déjà quitté le palais du Luxembourg pour Matignon. Son cas ne fait donc pas l’objet d’investigations.
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Il suffit de savoir que les parlementaires n’épuisent pas toujours l’enveloppe mise à leur disposition pour salarier des assistants personnels. Plutôt que de laisser leurs « restes » dans les caisses du Sénat, certains élus préfèrent alors les déléguer à leur « groupe politique » (la structure qui se charge d’organiser le travail collectif entre élus d’une même étiquette). Jusque-là, rien d’irrégulier. Si l’institution tolère ce transfert, c’est qu’il permet aux groupes (subventionnés par ailleurs) d’embaucher des collaborateurs supplémentaires, donc d’améliorer le travail parlementaire. En théorie.
Car entre 2003 et 2014, le système a été perverti côté UMP : des sénateurs récupéraient en douce un tiers du crédit qu’ils déléguaient au groupe. Dans les couloirs du palais du Luxembourg, cette commission portait même un surnom, désuet et euphémisé à souhait : « la ristourne ». Selon les années et les courants politiques auxquels appartenaient les bénéficiaires, ces sommes ont pu suivre divers circuits, être directement distribuées par le groupe UMP ou bien transiter par une association fantoche baptisée Union républicaine du Sénat (URS), plus discrète, qui se chargeait de signer les chèques.
Uniquement l'UMP serait à l'origine de cette fraude, vraiment ? Mon œil, ouais.
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Comme Mediapart l’a détaillé dans une précédente enquête, ces commissions ont rarement dépassé 4 000 euros par personne et par trimestre. Mais sur douze ans, ce goutte-à-goutte a concerné des dizaines d’élus et les subventions publiques déroutées de leur objet initial se comptent en millions d’euros.