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  • Mon avis sur quelques films

    L'enquête (2015)

    Fiction inspirée de l'histoire vraie de Denis Robert, le journaliste qui, au début des années 2000, a levé le lièvre Clearstream, la chambre de compensation luxembourgeoise qui permet à des organismes, dont des banques, de s'échanger des titres financiers parfois en toute opacité (comptes bancaires non publiés, comptes jumeaux, etc.), ce qui rend possible toutes les magouilles (blanchiment d'argent, financement du terrorisme / libération d'otages, etc.).

    Ce film traite également de l'affaire Clearstream II, la guéguerre EADS-Thales et Villepin-Sarkozy visant à impliquer des politiques et des industriels innocents dans les commissions/rétrocommissions du contrat des frégates vendues à Taïwan à l'aide d'une liste trafiquée de comptes non-publiés hébergés chez Clearstream. La liste trafiquée est basée sur celle fourni par une source à Denis Robert, d'où son implication dans cette histoire.

    Je trouve que ce film restitue bien le caractère de Denis Robert (recherche de la vérité, jusqu'au-boutiste, combatif, etc.) et l'acharnement dont il a fait l'objet de la part des institutions financières (plus de 60 procès judiciaires, tous remportés…). L'affaire Clearstream II est beaucoup moins bien expliquée que la première (il faut dire qu'elle est aussi bien plus complexe), mais comme elle me semble moins importante vu qu'il s'agit d'un empoisonnement entre puissants de ce monde, ça me va.

    J'en recommande vivement le visionnage.


    Into the wild

    Apparemment, tous les gens qui m'entourent ont vu ce film à sa sortie. Je devais vivre dans une grotte…

    Fiction inspirée de l'histoire vraie de Christopher McCandless, un gus fraîchement diplômé, intrépide, débrouillard et cultivé (il lisait Thoreau, Tolstoï, London) qui décide de vivre une aventure de solitude volontaire à travers les USA (l'Alaska était sa définition finale) afin de revenir à une vie plus authentique, loin du consumérisme et de la violence familiale, et de retrouver ses instincts naturels.

    J'aime bien la première partie de la cavale de Chris que je considère comme étant une ouverture d’esprit : visiter le pays, discuter librement avec des voyageurs-hippies rencontrés ici ou là, se former pour son aventure, etc. Même si Chris est trop aveuglé par son projet de solitude pour se rendre compte du présent, des gens qui l’apprécient, etc. Je considère la deuxième partie comme étant une fuite en avant. On découvre un gamin rongé par la violence et les mensonges de sa famille qu'il ne parvient pas à oublier, même dans sa solitude. Point de libération dans ces conditions…

    J’ai également apprécié les nombreux et jolis paysages.

    Je retiens les citations approximatives suivantes :

    • Une vie heureuse est une vie retirée à la campagne avec des gens qui nous font du bien et à qui ont fait du bien ainsi qu’un travail utile ;

    • Dieu a mis de la joie de vivre en tout, donc il n'y a pas besoin des autres pour être heureux, car ce n'est pas la seule source de joie de vivre ;

    • Le bonheur est réel seulement s'il est partagé.

    J'en recommande vivement le visionnage.


    Chasing Mavericks

    Fiction inspirée de l'histoire vraie de Jay Moriarity qui, à 8 ans, se découvre une passion pour le surf au point de vouloir surfer, à 15 ans, l'une des plus grosses vagues du monde au spot de Mavericks.

    J'ai beaucoup aimé ce film simple qui dépeint la passion et la détermination d'un ado (mais aussi la jalousie d'un autre…). Et puis bon, de jolis paysages ont, là aussi, été filmés.

    Je retiens les citations approximatives suivantes :

    • C'est parce que tu vois uniquement le côté gentil des gens. La plupart d'entre nous restent obnubilés par la litanie des « pourquoi ? » et des « si j'avais su », et on cherche toutes les raisons pour lesquelles on a fait fausse route ;

    • Les quatre piliers pour construire un être humain sont le physique, le mental, l'émotionnel et le spirituel ;

    • La différence entre la peur et la panique, c'est qu'on peut identifier la peur en tant que signal positif et la combattre avant qu'elle devienne une panique paralysante / limitante.

    J'en recommande vivement le visionnage.


    Don Jon

    Un beau gosse accro aux films pornographiques va découvrir qu'on peut prendre son pied en baisant à deux.

    Je suis très mitigé sur ce film.

    D'un côté, j'aime beaucoup l'environnement qui boucle (travail, sport, église, etc.) avec les mêmes séquences afin de marquer les semaines qui passent. Cela me rappelle un peu le film Un jour sans fin (toute proportion gardée !).

    De l'autre, environ tout est bidon :

    • Les raisons du protagoniste de préférer le porno au sexe (pour la première fois avec une partenaire) : capote (déjà entendu trouzemille fois) ; quand elles acceptent la fellation, elles expédient ça c'est en échange d'un cuni, ce qu'il n'aime pas faire ; pas de levrette la première fois, car elles veulent te voir donc ça part en missionnaire où c'est le mec qui doit faire tout le boulot, où les seins sont flasques et où tu ne peux pas toucher son fessier vu qu'il est collé au lit ; Et surtout : le porn permet de s'abandonner, car il y a rien à faire ni à penser.

    • Les raisons de la rencontre avec la veuve : sa copine ne veut pas du tout entendre parler de porn, donc il regarde ce type de film dans sa caisse et lors de son cours du soir (mais bien sûr…).

    • Il paraît qu'un homme qui fait le ménage dans son appart', ce n'est pas sexy… Il doit faire appel à une employée précaire… Merci Scarlett Johansson pour cette déclaration…

    Le débat trouzemille fois entendu "porno de merde standardisé versus porno de qualité qui construit un imaginaire positif" est expédié… De même, l'élément narratif "une veuve va initier le protagoniste au fait que le sexe c'est l'abandon réciproque à l'autre, pas l'abandon égocentrique moderne" est très bien vu, mais il est lui aussi expédié (genre le protagoniste apprend en une seule leçon, sans plus de conseils ni de détails). L'addiction au porno qui existe, qui est traitée dans les centres d'addictologie depuis une dizaine d'années en France (exemple : Paul Brousse à Paris) est minorée et moquée. Dommage.

    Je suis déçu : la thématique était intéressante, l'angle d'attaque aussi, mais tout cela arrive trop tard et est bâclé. On préfère te montrer un mec moderne qui pecho à tout-va sans en retirer le moindre plaisir et des culs/seins pendant plus de 2/3 du film… Dommage.

    Bref, il s’agit d’un film que l'on peut regarder, mais sans plus.


    Il est de retour

    Tonton Adolf a voyagé dans le temps jusqu'à notre époque tout en perdant la mémoire. Que penserait-il de notre époque ? Avons-nous réellement laissé derrière nous les idées qu'il affectionnait ?

    Certaines scènes ont été tournées dans la rue, sans prévenir les badauds de la finalité des images. Ainsi, ceux-ci, pensant parler à un personnage satirique, se confient sur la baisse du QI prétendument due à l'immigration, sur les prétendues racailles du quartier, sur le manque d'autorité de l'État, etc. L'acteur fut surpris de la rapidité avec laquelle les gens se confient en fonction des mots clés employés, mais pour moi, cette expérience a peu de valeur : en présence d'un faux Adolf, j'aurais aussi répondu des trucs trashs mais bidon puisque j'aurais été en présence d'une satire grossière…

    Les situations comiques sont plutôt nazes… Rien de neuf, rien d'imaginatif. La critique des médias n’est également pas novatrice (TV dégénérée qui endort au lieu de montrer l'abîme qui se prépare, chaîne TV qui se rend compte que laisser parler tonton Adolf, ça fait des revenus publicitaires bien plus juteux que de le licencier, problème de la co-responsabilité, etc.).

    Je retiens les citations approximatives suivantes :

    • Je suis un monstre ?! Dans ce cas, il s'agirait de condamner aussi tous les gens qui m'ont accordé leur voix. Étaient-ils donc tous des monstres ? Non, c'était des gens ordinaires. […] Le peuple me suit. Pourquoi à votre avis ? Parce que lui et moi sommes de même nature. Nous avons les mêmes valeurs ;

    • Vous ne pouvez pas vous débarrasser de moi, je suis une part de vous-même, de vous tous.

    Ce film comporte aucune critique des idées chères à tonton… Tout est basé sur le seul rejet de son personnage… Comme s’il était le seul à tenir ce genre de discours et que c’était de ça qu’il fallait s’inquiéter.

    Au final, je suis plutôt déçu : à part une prétendue audace et une prétendue impertinence, que reste-t-il à ce film ? Il manque de profondeur.

    Bref, il s’agit d’un film que l'on peut regarder, mais sans plus.


    La crème de la crème

    Deux étudiants et une étudiante d'une école de commerce fondent un réseau de prostitution.

    Ce film dépeint la théorie selon laquelle le marché matrimonial / de l'amour est comme tout autre marché économique : y'a une demande, y'a une offre, y'a un prix, y'a des règles, etc. Les femmes ne veulent pas d'un mec qui leur plaît, mais d'un mec qui plaît à la majorité d'entre elles. Ce conformisme permet de sécuriser leur investissement. Cela fait augmenter la demande, donc le prix. Or, le prix est souvent perçu comme une évaluation de la qualité, donc seul le haut de gamme des mecs s'en sort et baise. Pour contourner ça, il faut des faire-valoir (rémunérées) de plus en plus jolies / mignonnes afin de faire monter la côte du mec, donc sa gamme, ce qui permet de le rendre intéressant selon cette théorie.

    Le milieu des écoles de commerce est plutôt bien décrit : clubs et polos, dont le polo BDE, pour exister, se constituer un réseau plutôt qu'étudier, etc. En revanche, je ne crois pas aux jeunes qui écoutent de la variété française des années 60-90 en permanence (en soirée, en voiture, à la maison, etc.) même s'il semblerait que les soirées variété française étaient tendances il y a quelques années, y compris dans les plus grands clubs parisiens. Bref, ça sent le film français.

    Quelques citations approximatives :

    • Mais non, tu n'es pas amoureux, tu l'aimes pour te faire une frayeur. Un amour d'été avec une prolo et ça sera retour à Versailles. Et ça, elle le sent ;

    • Sans formation, sans grande école, sa progression de carrière est limitée. Pas la tienne. Profite de sa beauté maintenant, et, en échange, elle profitera de ton blé demain, quand sa beauté sera fanée et sa carrière limitée. C'est une transaction très courante, ça se nomme le mariage. Sans mariage, il n'y a pas d'équilibre donc pas de deal : sa beauté, donc son prix dépasse tes capacités actuelles. Plus tard, ton prix, issu de ta réussite, dépassera sa beauté. C'est pour ça qu'il faut dealer sur le long terme ;

    • Un mec gentil baise jamais. Un mec baise parce qu'il est beau ou parce qu'il est drôle, mais gentil, ce n'est pas suffisant. Tout le monde peut jouer le gentil ;

    • Quel parfum homme pour attirer quel genre de fille ? Dior Homme pour la petite fille attentive qui aura envie de vous cajoler le soir après une dure journée de travail (la mère) ; Dior Dune pour la jeune cadre dynamique qui mange des sushis et qui habite dans un loft, successful, mais avec ses failles (la femme) ; Diesel, c'est le genre garce, la recherche sans cesse d'un dominateur (la fille).

    Ce film vaguement provocateur se termine à l'eau de rose (en plein conseil de discipline, la prolo se laisse rouler une pelle par le bourgeois qu'elle n'a cessé de repousser… … … Crédibilité au top).

    Bref, il doit y avoir plus intéressant à regarder…


    Les Animaux fantastiques II : Les crimes de Grindelwald

    Deuxième film de la nouvelle trilogie qui prend place dans le monde magique de J. K. Rowling, des décennies avant la naissance d'Harry Potter.

    Comme le premier film, celui-ci m'a également ennuyé. Il est narratif, descriptif, lent.

    La seule chose que j'ai appréciée dans ce film, c'est l'évolution d'Albus Dumbledore puisque l'on est passé d'un jeune homme qui a recherché le pouvoir totalitaire avec Grindelwald à un homme lâche mais réfléchi qui deviendra un vieux sage.

    Bref, il doit y avoir plus intéressant à regarder…

    May 4, 2019 at 9:03:54 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?f6xKfA
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