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  • Mes notes du Siné Madame d'avril 2019

    Il s'agit du premier numéro de ce journal de la même maison que Siné mensuel qui se présente comme satirique, sociétal et entièrement écrit et dessiné par des femmes. Oui, quand des hommes font des trucs entre eux sans laisser entrer des femmes dans le groupe, on dit qu'ils sont exclusifs, qu'il s'agit de non-mixité subie et c'est très très mal. Quand des femmes font des trucs entre elles sans laisser entrer des hommes dans le groupe, c'est de la non-mixité voulue et c'est socialement valorisé… Néanmoins, lisons et faisons-nous un avis sur pièce.

    Mes notes :

    • Andropause ou syndrome du déficit androgénique lié à l'âge chez l'homme : baisse progressive de la testostérone à partir de la cinquantaine. Cela peut entraîner réduction de la masse musculaire, augmentation de la graisse, ostéoporose, troubles de l'humeur, bouffées de chaleur, dépression, baisse du désir sexuel, troubles de l'érection (même si le désir permet de compenser la baisse d'hormones, donc de ne pas avoir ces troubles), etc. ;

    • Le papillomavirus, que l'on associe trop souvent au seul cancer du col de l'utérus, peut provoquer des cancers de la gorge ou de l'anus. Les hommes sont donc également concernés, notamment les homosexuels ;

    • Sine Madame, comme d'autres, analyse un curieux écart publié dans la dernière enquête sérieuse sur la sexualité des Français (Contexte de la sexualité en France, 2006) : en moyenne, les femmes déclarent 4,4 partenaires sexuels au cours de leur vie. Les hommes en déclarent 11,6. Soit l'homosexualité est bien plus répandue qu'on ne le croit, soit l'enquête n'est pas représentative d'un point de vue de l'âge (plus de vieux hommes que de vieilles femmes), soit il y a des menteurs. Ça peut être des hommes (qui veulent conserver leur statut de queutard), des femmes (qui ne veulent pas passer pour des salopes)… ou les deux. Quand l'imaginaire collectif et les rôles genrés influent sur les stats ;

    • Siné Madame nous rappelle qu'au Moyen Âge, les noms de métiers disposaient d'un masculin et d'un féminin : on pouvait être autrice, tavernière, peintresse, bourrelle, philosophesse. L'usage exclusif du masculin a commencé au 17e siècle, encouragé, entre autres, par les bourgeois de l'Académie française qui jugeait le féminin moins noble. Jugesse, notaresse, mairesse, etc. continuaient à être utilisés au 18-19e siècle. Certains noms de métiers féminins ont été donnés à des machines : moissonneuse, faneuse, balayeuse, etc. D'autres ont été donnés à la « femme de » : avant, une jugesse était une juge, pas la femme d'un juge, une ambassadrice était une ambassadeur à part entière, pas la femme au foyer d'un ambassadeur, etc. Bref, ceux qui pensent que l'Académie française a fait un grand pas en avant en ce début 2019 en reconnaissant les noms de métiers féminins se trompent : nous sommes revenus dans le passé.


    L'enfant et la louve

    J'ai lu le courrier des lecteurs dont le thème majeur est, en gros : « Mais on n' y comprend rien/ on sait plus comment vous causer/ draguer/ c’est quoi la méthode, merde! » Pour y répondre, j’ ai pastiché ce finaud de La Fontaine. À la manière de celui qui se servait des animaux pour instruire les hommes, voici la fable L’Enfant et la Louve.

    Hugo, mon neveu de 8 ans et moi,
    Nous nous promenions à la campagne,
    lorsque surgit une louve d’un fourré.
    Plantée face a nous, le regard furieux et
    l’air assez affolé
    Pour qu’Hugo, enfant de la ville, soit
    pris d’effroi.
    (N’ayant plus fait de poésie depuis le
    CE2, je reprends la prose.)
    « Alors, mon chéri, commence par la
    regarder droit dans les yeux. Et parle.
    C’est pas tant qu’elle comprend le
    français, mais elle entend le son de ta
    voix. Ni agressif, ni apeuré, montre-lui
    qu’elle t’intéresse.
    Si elle s’approche, la queue battante,
    laisse-la venir. Elle s’habitue a ton
    odeur, voilà. Regarde, elle semble même
    séduite, c’est bien. À présent, tu peux la
    caresser puisqu’en venant aussi près,
    elle te l’autorise.
    Pas sur la tête, malheureux ! Je
    comprends, elle est séduisante et douce,
    cette tête, mais vous n’êtes pas
    apprivoisés encore. Tu ne voudrais pas
    la dominer, n’est-ce pas?
    Oui, sur l’épaule, c’est bien, c’est
    respectueux.
    Si elle grogne, réponds-lui. Dis-lui
    d’une voix forte que non, elle n’a pas
    à te faire peur.
    Et si elle reste à distance, alors accepte
    la frustration, tes doigts ne connaîtront
    pas la suavité de sa fourrure, il faut
    renoncer à devenir son ami : elle a le
    droit, parce que, vois-tu, l’amitié, c’est
    un truc qui se danse à deux. »

    Hugo a très bien compris. Et vous ?

    June 10, 2019 at 12:10:05 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?e7jr2g
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