Causerie datant de 2016 dans laquelle Stéphane Bortzmeyer interroge l'infrastructure actuelle de ce que l'on nomme, à tort, objets connectés : une architecture centralisée est-elle nécessaire ?
Qu'est-ce qu'un objet connecté ? Tout ce qui n'est pas perçu comme un ordinateur alors qu'il en a les propriétés mathématiques. Un réfrigérateur est un ordinateur équipé d'un refroidisseur. Un smartphone est un ordinateur équipé d'un téléphone. La notion d'ordinateur s'efface au profit de la fonctionnalité principale vendue ;
« Internet des objets » est un terme impropre car on s'attend à des objets qui communiquent entre eux en utilisant TCP/IP et d'autres normes ouvertes selon une architecture dénuée de centre. Or, ce qu'on nous vend actuellement sous ce terme, c'est des objets qui communiquent, en utilisant des normes fermées, avec un contrôleur local ou distant qui, s'il cesse de fonctionner, rend les objets inutiles ;
« Dire « Mon silo à données est sécurisé » comme argument marketing est aussi peu crédible que de dire « je ne ferai jamais d'erreur » ;
La sécurité est parfois difficile à implémenter : ces objets n'ont pas de générateur de nombre pseudo-aléatoires ni d'interface utilisateur permettant la saisie d'un mot de passe ;
Une architecture centralisée présente des avantages :
On a des bouts de solutions techniques pour construire une infrastructure acentrée, mais on n'a pas les discours marketing et politique qui vont avec (non, la vie privée et l'indépendance du client ne semblent pas être des arguments audibles de nos jours).