« Lancé avec de grandes ambitions par François Fillon en 2009, le projet de « cloud à la française » – la création d’un futur champion de l’informatique « en nuage » (stockage à distance) 100% made in France – a droit officiellement à un enterrement de première classe ce jeudi. Avec une ardoise salée pour les finances publiques : ce sont plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissement partis en fumée. Dans les 75 millions, tout de même.
[ NDLR : les politocards devraient avoir une responsabilité et de lourdes sanctions quand ils dilapident de l'argent public, que ça soit en finançant des sociétés privées ou des associations. Tant qu'il n'y aura pas responsabilisation et sanctions, alors ça ne sera jamais grave puisque c'est pas leur fric mais celui de tous les contribuables (rappel : la TVA est un impôt ;)). Attention : je fais bien la différence entre la recherche fondamentale qui peut ne pas aboutir et c'est *normal* et la prod' de choses maîtrisées. ]
SFR vient en effet d’annoncer le rachat [PDF] des parts de la Caisse des dépôts et d’Atos (qui a récupéré celles de Bull en avalant ce dernier) dans leur société commune, Numergy : on ne connaît pas le montant mais ça n’a pas dû être bien lourd, puisque la boîte installée à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) s’était mise sous procédure de sauvegarde le 13 octobre, trois ans après sa création. Elle perdait tellement d’argent que l’Etat voulait arrêter les frais
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En début d’année, Orange avait fait la même chose avec Cloudwatt, entreprise montée à l’origine avec la Caisse des dépôts (toujours) et Thales, dont elle a pris le contrôle à 100%.
Le projet, s’appelait initialement Andromède. Fillon voulait voir naître un grand partenariat public privé dans le « cloud computing », soutenu dans le cadre du Grand Emprunt.
L’Etat était prêt à mettre les grands moyens en injectant jusqu’à 285 millions d’euros dans ce projet visant à garantir la « souveraineté numérique » du pays, en conservant les données des PME, des collectivités, etc., dans des serveurs localisés sur le territoire, dans de grandes « centrales d’énergies numériques » – des data centers.
[ NDLR : tout en continuant à signer des accords avec les mastodontes étrangers du marché et en leur laissant faire leur magouilles fiscales. ]
Après moult rebondissements entre ténors du CAC 40 incapables de s’entendre, ce sont finalement deux projets concurrents qui avaient été retenus, à hauteur de 75 millions chacun, dans le cadre du Grand Emprunt. L’idée, résumée par Fleur Pellerin, à l’époque ministre déléguée à l’Economie numérique : encourager une saine émulation entre « deux locomotives pour l’écosystème du cloud ».
Avec quel succès éclatant, comme on le constate aujourd’hui. Assez comparable au flop du grand projet de moteur de recherche européen, Quaero, voulu par Chirac... Encore un grand plan étatique sans vrai pilotage.
[ NDLR : ce n'est pas du pilotage qu'il faut, juste des techniciens/ingénieurs, pas des trouduc en costard-cravate comme y'en a par empilement hiérarchique successifs dans les sociétés sus-nommées ! Tech-driven. Il fallait se tourner vers ceux qui savent faire et dont c'est le cœur de métiers plutôt que vers les copains habituels ! Regardez OVH ! ]
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Cloudwatt n’a reçu que la moitié des 75 millions prévus, idem pour Numergy. Ce qui fait tout de même dans les 75 millions d’euros investis en pure perte.
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Mais les start-up privées-publiques se sont un peu dispersées entre logiciel à la demande et infrastructure de stockage. Des problèmes évidents de gouvernance se sont posés dans ces drôles d’attelage à trois acteurs, sachant que le cloud n’était une activité prioritaire pour aucun d’entre eux. »
VIa
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