J'aime beaucoup la présentation du protocole et le retour d'expérience (les embûches rencontrées et les contournements mis en œuvre genre les recruteurs qui redirigent vers un site web maison d'où un vivier d'offres limité, les recruteurs qui posent des questions imprévisibles, etc.).
Je ne suis pas surpris :
- ChatGPT sait inventer (genre des exemples de sites web qui n'existent pas…) et bullshiter à la perfection, c'est un outil qui sert uniquement à ça ;
- Plus l'on donne de contexte à ChatGPT avant de l'interroger, plus ses réponses sont pertinentes (d'où le "match" Enthoven versus ChatGPT pour l'épreuve de philo du bac 2023 manquait de sérieux). Dans le cas d'espèce, c'est important car les prétentions salariales et le sens des mots diffère en fonction du métier ;
- Le COBOL est toujours demandé (surtout par les banques), c'est connu ;
- Le bagout a une réelle influence (+22 %, cf. ci-dessous). Est-ce vraiment étonnant dans un monde qui a valorisé Tapie (et tant d'autres), qui se laisse enfumer par n'importe quel label, société commerciale ou politicien, et dans lequel la majorité d'entre nous est impressionnée par ChatGPT plutôt que de remettre en cause la pertinence et l'utilité des situations qui nous imposent de bullshiter et de les refuser ? On a la société que l'on forme.
J'ignorais que :
- Stable Diffusion peut être contraint par des extensions pour ajuster la pose d'un sujet, modifier uniquement une partie de l'image, etc. ;
- Des extensions Chrome toutes simples et gratos permettent de contourner les CAPTCHA (la vidéo illustre ça avec le CAPTCHA de Cloudflare). :O
Chiffres :
- 71 % des candidatures ne reçoivent pas de réponse (cf. ci-dessous) ;
- Les candidatures avec des fautes d'orthographe ont obtenu -3 % de réponses positives. Je suis en désaccord avec Micode : c'est impressionnant sur un grand nombre de candidatures, insignifiant sinon. Aucune influence pour les bac+5 (le diplôme valide de facto le profil ?), mais -12 % de réponse pour un diplôme < bac+5 ;
- Le niveau d'études augmente le nombre de réponses positives de 5 % pour un profil ingénieur, et ne change rien pour un profil commercial (est-il plus pertinent de mettre en avant ses expériences pros sur ce type de poste ?) ;
- Faut-il sourire sur sa photo de CV ? Non. (L'expression sur les photos qu'on aperçoit dans la vidéo est neutre.) ;
- Vendre du rêve, tout enrober, présenter la moindre action comme étant épique (« j'ai ré-organisé le magasin » = « Élaboration d'un plan pour ré-agencer et optimiser les surfaces de vente »), ça rapporte +23 % de réponses positives.
Il reste plusieurs biais dans la méthodologie :
- Je pense que le taux de réponse doit fortement varier en fonction du métier recherché. Ou alors il est révélateur que le CV n'est pas adapté à l'offre. Un taux de 71 % est inhabituel pour un emploi en informatique ;
- La prise en compte des fautes d'orthographe doit dépendre du métier (relations avec le public ou non) et du niveau de qualification. De même, Micode ne précise pas leur ampleur et leur récurrence dans ses candidatures (tout le monde commet des fautes, c'est la fréquence qui est pénalisée, à mon avis) ;
- L'appréciation du niveau d'études dépend de la qualification du métier. De même, la voix off parle de « grande école » ou non quand l'image montre « Bac+5 » / « Si non bac+5 », alors que ce n'est pas équivalent, surtout dans le commerce (la grande école sert à se constituer un réseau social, rien de plus).
Je ne suis pas d'accord pour affirmer qu'un premier entretien coûte rien aux sociétés commerciales. C'est une organisation et du temps supplémentaire pour étudier la candidature de manière plus approfondie, donc du fric.