La pilule, vous la préférez bleue ou rouge ? - Mon blog-notes à moi que j'ai
Quelques précisions concernant le vocabulaire du gouvernement dans le projet de loi renseignement.
« La communication du gouvernement à propos du projet de loi renseignement est au moins efficace sur un point: il reste dans le flou. Son arme ? Le vocabulaire. Explications.
[...]
« Il n’y a pas de surveillance de masse »: FAUX
Mais là où le technicien et le militant parlent de surveillance de masse, le gouvernement parle, lui, de « simple » collecte massive de données.
Le gouvernement ne parle de « surveillance » que lorsqu’il y a intervention des services de renseignement, donc exploitation des données collectées et intervention de l’humain. La surveillance ne peut donc être massive puisque les dits services n’en ont pas les moyens.
CQFD.
La collecte et la surveillance sont donc deux concepts totalement différents pour le gouvernement. Pour les opposants à la loi en revanche, la surveillance est consubstantielle de la collecte, puisque c’est la définition même d’une société panoptique.
Cette divergence de vue a une conséquence non négligeable en matière de communication:
le grand public frémit d’effroi devant les militants alarmistes1.
le gouvernement va venir à la rescousse pour les rassurer: il n’y aura pas surveillance de masse mais plutôt collecte, ni mieux ni pire que « Monsieur Facebook ».
l’opinion soulagée peut reprendre ses activité normales, ayant de peu échappé à un péril qu’elle croyait imminent…
Au passage, le militant va ramer comme un fou pour contrecarrer ce discours. Mécaniquement, il devient anxiogène pour être entendu, et le gouvernement quant à lui reste rassurant.
À votre avis, qui gagne à ce petit jeu finalement assez proche de Pierre & le loup ?
Il faut le dire et le répéter, la collecte massive de données, prévue dans le projet de loi renseignement, entraîne de facto une surveillance généralisée, au sens de la société panoptique.
« Seules les métadonnées intéressent les services de renseignement, pas le contenu »: FAUX
[...]
Comprenez-moi bien, les services de renseignement vont aussi enregistrer les métadonnées réseau, mais ils ne se contenteront pas que de ça.
[...]
Ce que les services de renseignement convoitent particulièrement, et qu’ils appellent métadonnées, sont donc bien des informations de contenu au sens réseau du terme.
Quelques exemples:
Champs From, To et Subject pour un mail
Entêtes HTTP qui donnent, entre autres, le nom d’hôte du site visité, l’URL, le navigateur, etc…
Les identifiants d’accès (nom d’utilisateurs et mot de passe) à, par exemple, une boîte GMail ou un compte Twitter
Toutes ces informations sont appelées métadonnées par les services de renseignement[...]
Et pour les récupérer, il n’y a pas 36 solutions, il n’y en a qu’une seule: le DPI.
Sauf que Renaud Vedel, conseiller des Affaires intérieures de Manuel Valls, venu jouer les démineurs volontaires désignés d’office lors de l’enregistrement de l’émission « Atelier des médias » le jeudi 9 avril 2015 à Numa m’a affirmé en off, après l’enregistrement, que « les contenus n’intéressent pas les services de renseignement, au contraire des métadonnées comme, par exemple, l’URL d’une vidéo de décapitation sur Youtube ». Par exemple…
C’est bien connu, l’URL HTTP se trouve aux niveaux 3 & 4 du modèle OSI, hein ?… ou pas ? On m’aurait menti ?
Vous le sentez mieux l’enfumage sur les metadonnées ? »
April 21, 2015 at 12:33:49 PM UTC
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