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  • Il s'est passé quoi sur Duke nukem ? - YouTube

    Le joueur du grenier (JDG) s'est fait emmerder par la modération de YouTube sur sa vidéo sur Duke Nukem Forever et sur celle sur Cyberpunk 2077.
    Il y a des bouts intéressants à consigner et à analyser.



    Que la vidéo soit accessible aux personnes âgées de plus de 18 ans, ça ne me paraît pas absurde en soi : le jeu est classé comme jeu pour adulte. Il y a une cohérence. Bien sûr, j'ai toujours trouvé illégitime les limites d'âge et les limites à la liberté d'expression fixées par la loi de 1881. Je pense que ça relève d'un travail sur soi et de l'éducation. Je me suis déjà exprimé de nombreuses fois sur ce sujet donc je m'arrête là.

    Ce que je veux dire, c'est que la protection de l'enfance à géométrie variable provoque des effets de bords (géométrie variable = il faut protéger le gamin de tout, mais pas de papa violent, ni de maman alcoolo, ni de tonton violeur, ni de tata homophobe, ni de cousin raciste, ni de papy qui explique qu'une bonne guerre forme la jeunesse en agrémentant sa prose des détails de ses années sous le drapeau, etc.). Il me semble plus pertinent de remettre en question la limite d'âge avant toute chose.



    En revanche, JDG s'est tapé des demandes absurdes et une procédure floue, variante, arbitraire, répétitive, longue et pénible qu'il m'apparaît important de consigner.

    Comme d'hab il a flouté au préalable les seins visibles, car ça passe jamais la modération YouTube. Impact de la culture puritaine des USA sur la culture FR : on part de Marianne avec son décolleté, on passe par des films grand-public avec des seins à l'air pour arriver à la tenue républicaine, à craindre de voir les seins d'une femme qui allaite mais avec des seins et des poses suggestives dans toute pub. YouTube semble considérer les seins comme des organes sexuels (d'après les motifs relatés par le JDG), tout autant que des employés de Disneyland. Deux faces d'un même problème.

    Demandes absurdes de la modération YouTube :

    • Flouter les séquences de Duke Nukem 3D… Qui est déjà de la bouillie de pixels vu l'âge du jeu ;

    • Flouter, avec un plus gros grain, les femmes avec leurs seins à l'air car il ne faudrait pas reconnaître la forme, que c'est une humaine ;

    • Flouter la fin de fellation qu'on ne voit pas (le gag vu et revu d'une femme qui se relève entre les cuisses d'un homme) au motif qu'on comprendrait l'intention. Comme le dit JDG, on floute tout au motif qu'il peut se passer n'importe quoi hors cadre ? Ceci dit, en matière anti-terroriste, les lois votées depuis 2016 offrent des moyens d'agir basés sur une intention dépourvue de preuves matérielles de préparation. On notera que cette mise en scène ne pose pas problème à la modération quand elle apparaît dans un épisode de Bref. diffusé sur la plateforme. Arbitraire. ;

    • Flouter l'utilisation d'un glory hole alors qu'on voit uniquement une cage de WC et un bras levé ;

    • Flouter un gode que l'on devine (la forme allongée peut être environ n'importe quoi…) ;

    • Biper l'expression « pisser dans la bouche » commentant une image. Sur ce point, JDG est trompeur quand il prétend, dans un premier temps, que c'est le seul mot « pisser » qui pose problème alors que tout gamin de 4 ans dit ça, avant d'énoncer que c'est l'expression intégrale qui en pose un ;

    • Biper le mot « cul » commentant une image. Là aussi, c'est l'association d'un commentaire à une image qui pose problème. La vidéo pointée par ce shaarli contient ces propos sans image et n'est pas censurée.



    Inconstance de la modération YouTube :

    • La vidéo sur Cyberpunk 2077 est autorisée puis démonétisée puis autorisée pour les +18 ans puis démonétisée puis… 5-6 fois en tout ;

    • La vidéo sur Duke Nukem est visionnée par un premier modérateur YouTube (à la demande du JDG, avant publication, qui veut s'éviter les emmerdes rencontrées après publication sur Cyberpunk 2077). JDG censure ce qu'on lui demande. Deuxième visionnage par la modération YouTube (à la demande de la régie pub du JDG). Nouvelles exigences de censure. 24 heures après la publication : nouvelle exigence de censure sur la version non-censurée (le prétendu gode, cf ci-dessus). Entre-temps, la vidéo s'est faite shadow ban (dans le cas du JDG : tendance mais invisible dans la liste des tendances, donc impact financier).

    On note la décision personnelle de chaque modérateur de YouTube, son interprétation des règles de YouTube. Le créateur vit dans une forme d'angoisse alors que j'imagine qu'il aimerait profiter de la publication d'une vidéo (préparée durant au moins 1 mois nous dit le JDG) pour passer à autre chose, faire le vide, etc.

    J'ai constaté l'aspect intemporel de la censure sur des vidéos de Squeezie. Certaines vidéos que j'ai pu regarder y'a quelques années sont désormais accessibles uniquement aux comptes qui ont validé leur âge. J'avoue que c'est pénible et que ça pose question sur l'archivage, le re-accès à un contenu après coup.

    En comparaison, le droit français prévoit un délai maximal pendant lequel on peut t'emmerder (délai de prescription de l'action publique), une procédure précise et des pratiques établies (les procureurs renvoient devant le tribunal l'écrasante majorité des affaires de liberté d'expression car, justement, ce ne sont pas des dossiers triviaux), et un nombre limités de jugements (1ère instance + appel, cassation si besoin de discuter de la bonne application de la loi au cas d'espèce mais ce n'est pas pour re-discuter du cas d'espèce). Sans compter un vrai travail d'analyse, plutôt qu'un visionnage à la va-vite par des personnes payées à la tâche.



    JDG perçoit une atteinte à la créativité. On le voit blasé par l'absurdité des demandes. Il argumente sa perception par la hausse des contenus "parlotte face caméra" (raconter sa vie, lire un sub reddit, jouer à des jeux innocents comme des quizz, etc.) qui seraient sans prise de risque, conduisant ainsi à une ressemblance entre tous les contenus.

    Je constate que d'autres artistes (Dooms, Sora, etc.), qui produisent des contenus "blabla face caméra" (mais pas que) passent leurs vidéos à craindre la démonétisation pour un moindre petit mot de travers.



    J'apprends qu'il y a un formulaire à remplir lorsqu'on uploade une vidéo sur YouTube : contient-elle de la nudité ? en gros plan ? à but pédagogique ? Insultes ? Etc. :O

    YouTube met de la publicité « de cul » sur les vidéos accessibles uniquement aux personnes âgées de plus de 18 ans. Le puritanisme oui, mais pas si ça nuit aux affaires !



    Aller sur Dailymotion ou PeerTube ? Quid de la visibilité et donc de la rémunération ? Partir par groupe de dizaines d'artistes ? Ce n'est pas un moyen de pression viable car YouTube serait massivement utilisé pour écouter des clips de musique. C'est tout un écosystème, comme le capitalisme ou la métropolisation, ça ne se quitte pas en claquant des doigts.



    D'après le JDG, les conditions d'utilisation de YouTube sont imprécises : tout contenu sexuel, habillé ou non, flouté ou non, peut être retoqué. Technique du parapluie. Sur ce passage, je trouve que le JDG est excessif. Il explique qu'à ce compte-là toute femme en maillot de bain dans un jeu vidéo peut être censurée. De mon côté, je constate que la femme en décolleté plongeant ou en maillot de bain, c'est la base de YouTube.

    JDG envisage de consulter un avocat. Pas pour faire la guerre à YouTube, mais pour s'informer sur ses droits, de la légalité des demandes de YouTube. Je trouve ça très sain.

    August 20, 2021 at 11:49:47 PM UTC - permalink - https://www.youtube.com/watch?v=wb-Tk0N8XzA
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