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  • Fillon, Macron, Hamon, Mélenchon : le club des « on » (qui prend la tête)

    Le candidat Emmanuel Macr, quant à lui est un pur bijou de l’amnésie collective. Imaginez un instant qu’il vient de sortir de 2 ans d’activité intense au ministère de l’économie et se permet d’expliquer à qui mieux mieux comment il va redresser économiquement la France tout en améliorant la redistribution des richesses.

    L’homme qui a pondu les lois travail les plus régressives, de précarisation généralisée des salariés, laissé le chômage continuer d’exploser, vient donner lui aussi la leçon sur la bonne gestion économique du pays. Son échec au ministère de l’économie, avec une faculté à appliquer une politique entièrement basée sur les demandes du MEDEF, devrait — si l’amnésie collective était moins forte — définitivement le discréditer. Sans compter que si cette politique pro MEDEF avait au moins « relancé l’économie » et fait grimper la croissance du PIB, il serait possible de suivre notre Macr dans ses délires de « baisse des charges » (les cotisation sociales) à venir, ou autre solutions pro-capital mises en œuvre depuis plus de 20 ans.

    Mais non : l’économie n’est plus celle des années 80, et toutes les solutions du premier de la classe ont été déjà appliquées, sans succès. Ce qui ressort de ce candidat, est avant tout une capacité hors du commun à renier ses propres actions tout en recyclant les solutions qu’il a déjà appliquées… en comptant sur l’amnésie collective bien française pour réussir à faire avaler la pilule.

    Sur Macron, je retiens aussi : Emmanuel Macron, le candidat de l’oligarchie et « La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler ! [...] Non, la jeunesse n'est pas que désespérée, y'en a une qui veut bosser ».


    [...]

    En gros, Ham n’a pas franchement de programme, mais des mesures qu’il a improvisées vite fait sur un coin de table d’une péniche parisienne pour séduire l’électorat qui ne supportait ni Valls ni Montebourg (les autres ne comptaient pas). Cet électorat est en grande partie : les cadres un peu bourgeois mais qui ne veulent pas l’assumer et sont « super concernés par l’état de la société vraiment trop injuste avec tous ces pauvres et ces précaires, mais laissez-moi faire fumer mon American Express. »

    Une fois cette étape effectuée, Benoit Jambon Ham va tenter de séduire une partie des fans de Mélench, tout en se propulsant sauveur du PS, dernier rempart contre l’implosion finale du gros machin plein d’éléphants corrompus. Sorti de ces calculs électoralistes, Ham est un gentil escroc, disciple de Hollande : chez lui tout est promesses radicales ou synthèse douce, fonction du vent, du public, et des échéances. Son revenu universel est tout sauf inconditionnel, ni de base, il n’est en réalité qu’une sorte de « RSA jeunes » généralisé, qui — si plein de conditions sont réunies — pourrait s’appliquer à d’autres que les jeunes, mais plus tard. Sauf qu’un RSA, même filé à tout le monde, ça ne sert pas à grand chose. Ca ne modifie pas du tout la société en profondeur comme le véritable revenu universel pourrait le faire. Quelqu’un à certainement montré le revenu universel à Benoit, et Benoit a regardé le doigt de celui qui lui montrait. Un doigt très XXème siècle, que Benoit a pris pour une révolution du XXIème…

    Je ne cite pas les paragraphes sur Fillon et Mélenchon car je pense que ce ne sont pas les angles d'analyse les plus pertinents.

    Pour Fillon, j'ai déjà mis ça de côté : Fillon promet d’envoyer la gendarmerie à ceux qui s'opposent à son choc libéral, Qu'a vraiment dit François Fillon sur l'avortement ? et Comparateur des programmes des candidats à la primaire de la droite.

    Pour Mélenchon, d'une part, je retiens le flou total (d'où l'absence de crédibilité à mes yeux) avec lequel il espère réformer la Constitution et passer en 6e République en prétendant que ça corrigera nombre de problèmes ou, à défaut, que ça sera moins pire qu'aujourd'hui (je ne veux de toute façon pas me contenter de moins pire, ça fait des décennies que l'on essaie en vain) : référendum (répondre « oui » ou « non » à l'intégralité d'un projet de Constitution = L-O-L), pas de garanties que les citoyen-ne-s fassent partie de l'assemblée Constituante (le programme officiel, trouvable en librairie, en pose la possibilité, sans plus), tromperie qui est celle de croire que l'on peut tout changer en changeant uniquement la Constitution alors que c'est le début du taff notamment car il faudra modifier les textes (loi, décrets, règlements) sous-jacents (du coup, quelles positions a-t-il sur ces textes sous-jacents et que propose-t-il pour les adapter ? Personne ne le sait). D'autre part, je retiens ses contradictions comme défendre un patriotisme économique farouche (que je trouve dangereux : l'isolement sur soi n'a jamais rien apporté, mais passons) tout en ayant recours à un logiciel américain, NationBuilder, pour son site web de campagne, ce qui est, pour moi, le marqueur d'une compromission pré-électorale (qu'est-ce que ça sera post-élection ?!).

    February 9, 2017 at 12:24:05 PM UTC - permalink - https://reflets.info/fillon-macron-hamon-melenchon-le-club-des-on-qui-prend-la-tete/
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