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  • Les autoroutes publiques taxent encore plus que les privées

    L'information risque de chiffonner les opposants à la privatisation d’Aéroports de Paris qui se réfèrent à l’exemple des autoroutes. Selon eux, ces rubans bitumés coûtent moins cher aux usagers lorsqu’ils restent propriété de l’Etat.

    Erreur, les chiffres du ministère des Transports et des sociétés d’autoroutes concordent. Dans le public, les péages ont, depuis 2011, augmenté non pas plus lentement mais un peu plus vite que dans le privé : 14,3 % en moyenne, contre 13,8 % pour les axes aux mains des bétonneurs.

    Face aux 9 000 km d’autoroutes concédés, par vagues successives et jusqu’en 2006, à ces derniers, l’Etat conserve en effet deux petites autoroutes, d’une longueur totale de 250 km environ. Il s’agit de l’A43 (autoroute de la Maurienne, menant au tunnel du Fréjus) et d’une partie de l’A40 (« autoroute blanche », ralliant le tunnel du Mont-Blanc).

    Leurs profits n’inspirent pas la pitié : en 2017 (dernier chiffre connu), la société publique gérant l’A40 a réalisé un bénéfice net égal à 31 % de son chiffre d’affaires. Mieux que Vinci (29,7 %) dans les trois sociétés concessionnaires (ASF, Cofiroute et Escota) auxquelles il est lié. L’A43, contrôlée par une autre boîte publique, a fait un peu moins bien : 21 %.

    Péage de raison

    Alors que, dans les années ayant suivi la privatisation (2006 à 2010), les péages publics avaient moins augmenté que les privés, la tendance, dès 2011, s’est inversée, grâce à quelques « coups de pouce ». En 2015, alors que Ségolène Royal décrète le gel des péages privés, elle augmente les péages publics de 1,1 %. En 2013, déjà, le gouvernement PS avait doublé la redevance domaniale (payée par les autoroutes privées et publiques), d’où un sursaut des tarifs de 1,2 %.

    Interrogé sur cette hypocrisie tarifaire, l’actuel ministère des Transports invoque les « lourds investissements réalisés par les sociétés publiques ». Tiens ? l’argument préféré des sociétés privées… Au fait, avec de si « lourds investissements », d’où viennent ces bénéfices géants ? Parmi les explications, cette douceur dont bénéficient les sociétés publiques : elles peuvent répercuter dans leurs tarifs l'tégralité de l’inflation, contre 70 % seulement dans le privé.

    Le service public n’aurait pas droit à de petits privilèges ?

    Mouais… Comparer deux autoroutes à un ensemble d'autoroutes ne me paraît pas pertinent : moins il y a d'élements dans l'ensemble, plus il est difficile de mettre en place une péréquation (des autoroutes rapportent de l'argent, d'autres en perdent, le total s'équilibre), donc il faut taxer plus partout pour entrer dans les frais. Contrer l'argument d'investissement en sortant le chiffre d'affaires d'une seule année n'a pas plus de sens. Le reste des arguments (la montée constante des tarifs depuis 2011, par exemple) me semble recevable. Il faudrait tout de même vérifier que les prestations sont identiques, notamment l'état des autoroutes concernées.

    Dans le Canard enchaîné du 17 avril 2019.

    April 28, 2019 at 7:47:21 PM UTC - permalink - http://shaarli.guiguishow.info/?RA3clQ
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