« Le témoignage de Fonaas est un nouvel élément-clé. «Son récit montre que le système de surveillance n’a pas été utilisé seulement pendant le soulèvement de 2011, mais bien avant, pour la répression quotidienne», relève l’avocate Clémence Bectarte, de la FIDH.
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De qui le régime de Kadhafi se méfiait-il ? De tout le monde. Les motifs justifiant les mises sous surveillance sont ainsi très flous. Quant aux conversations échangées, peu semblent émaner de militants complotant pour la chute du régime. Un sentiment renforcé par les notes manuscrites laissées par les services de sécurité, qui parsèment ces fiches. Ainsi, deux documents retrouvés à Tripoli sont des mails interceptés émanant du Comité général du peuple pour la supervision de la Libye qui recevait les doléances de citoyens. En janvier 2011, des habitants de Benghazi se plaignent au Comité d’un détournement de fonds. Ce dernier accuse réception. L’échange est intercepté. Sur la fiche, l’agent de renseignement libyen note, à côté du nom des plaignants : «A surveiller.» Le même sort est réservé à des étudiants, en Malaisie, qui alertent sur le comportement d’un représentant libyen sur place ; il détournerait des fonds et passerait «le plus clair de son temps dans les discothèques en compagnie de prostituées», écrivent-ils. Les jeunes gens concluent, bravaches : «Nous sommes citoyens libyens, fils de la révolution et enfants du leader Kadhafi. Si ce voleur n’est pas arrêté, une révolution identique à celle de Tunisie verra le jour en Libye !» «A surveiller», écrit la main du censeur qui lit leur récrimination.
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Grâce à ces nouveaux éléments, c’est toute la chaîne qui est en train d’être reconstituée : les contrats, révélés par Mediapart, prouvaient déjà la relation commerciale ; les fiches de renseignement attesteraient de l’utilisation effective par la sécurité libyenne de la technologie française ; les témoignages de parties civiles confirment les mauvais traitements subis dans les prisons de Kadhafi.
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Lors de sa détention, ses interrogateurs l’ont confronté à des communications qu’il avait échangées sur Viber, une application de messagerie instantanée, avec son frère expatrié. Pour Alsanosi Fonaas, qui l’a dit lors de son audition, le système est encore en place et fonctionne, il a simplement changé de mains, passant de Kadhafi aux milices de Benghazi, constituées notamment de cadres de l’ancien régime. »
C'est con qu'Amesys se soit expatriée à Dubaï et ne sera donc pas concernée par la plainte. :)))) Business as usual. Ces témoignages confirment au moins qu'un système de surveillance de masse est utilisé contre *tout le monde*, *tout le temps* pas seulement contre les militant-e-s relou-e-s !
Via
https://twitter.com/bluetouff/status/709889122744270848