Mon propos était le catastrophisme. De mémoire, le besoin chiffré par RTE était une réduction de 1 à 5 % de la consommation nationale d'électricité sur certaines plages horaires, et on nous a monté tout un film comprenant des heures sans électricité après le taff, des coupures tournantes par zone géographique, des histoires de cols roulés et de machine à laver, etc. C'était totalement disproportionné. (Comme avec la guerre en Ukraine, le covid, le terrorisme ou n'importe quelle manifestation…) Tu estimes que « c'est une bonne chose », je ne suis vraiment pas convaincu que c'est la meilleure façon d'inciter et d'accompagner un changement. Je pense que la diminution de la consommation (qu'il faudra vérifier à froid dans quelque temps, et dont je doute qu'elle soit devenue spontanément une habitude) est plus liée au poids des factures qu'à de l'obéissance, qui, elle-même, doit être prépondérante sur le consentement.
La température douce de l'hiver était prise en compte par RTE dans ses calculs… Faut pas les prendre pour des idiots. Ça fait au moins 30 ans qu'on nous assure que chaque hiver est doux… On ne nous rabâchait pas les oreilles avec un hiver froid, mais avec nos centrales à l'arrêt, le fait qu'on ne pourrait pas compter sur nos voisins, notamment allemands, etc. Mon propos est précisément de dire que, même si personne n'avait réduit sa consommation, ça serait passé quand même (on parle de 1 à 5 %, cf ci-dessus… … …), car on aurait accéléré le carénage des centrales nucléaires, accepté des défauts mineurs retoqués 3 mois avant, sucé Poutine ou Al Thani ou Mohammed VI un peu plus fort, etc. C'est absolument certain. Vu la place du black-out dans l'imaginaire collectif (fin du monde, l'humain va tuer son prochain pour s'en sortir, en très gros), personne n'aurait laissé faire ça, et surtout pas les bourgeois. L'hiver froid, le gaz russe et les voisins défaillants, c'était pour amuser la galerie. Tout comme on a utilisé l'AIE pour faire flipper à propos de la centrale nucléaire de Zaporijjia…
Comme tu l'écris, rien de neuf, ni sur le niveau de flotte dans les nappes, ni sur la nécessaire réduction de notre consommation électrique (ou d'augmentation de la production, choix de Macron). C'est aussi pour cela que j'ai trouvé que ces deux épisodes médiatiques étaient du grand n'importe quoi (on te monte en épingle un truc pas nouveau pour te faire peur). Je ne nie pas qu'il s'agit de deux problèmes vraiment sérieux (parmi d'autres), je critique la manière, stérile, de les aborder (catastrophisme).
Sur l'eau, il y a eu un peu moins de cirque que sur l'électricité, je te l'accorde, mais c'était également du catastrophisme. Pour te situer la séquence, c'était pour sortir / en sortant de la "réforme" des retraites et avant d'embrayer sur les émeutes puis sur les marronniers de l'été (comme Jacqueline qui bronze, Bernard qui mange une glace, la température exceptionnelle pour la saison mais bon c'est cool, et les feux de forêt).