Les journalistes, à l’exception notable de ceux du « Figaro » (4/1), ont tort de ne pas lire les documents publiés en annexe de la loi de finances 2018. Ils y auraient découvert que les produits de la fameuse fiscalité verte ne bénéficient nullement à l’écologie. Pour justifier les hausses des taxes carbone, alias les taxes vertes, Bercy écrit : « Ces mesures contribueront au financement des baisses de la fiscalité pesant sur le travail et le capital en vue de favoriser l’emploi et l’activité. » Voilà qui a le mérite de la franchise.
L’appel à l’alibi écologique, en matière fiscale, devient une habitude de plus en plus rentable pour les finances publiques. Emmanuel Macron souhaite qu’à la fin de son quinquennat la fiscalité verte rapporte 40 milliards d’euros à l’Etat et aux collectivités locales, soit 14 milliards de plus qu’en 2017.
Au nom de la lutte contre la pollution et de la convergence de la fiscalité entre les deux types de carburant, les taxes sur le diesel ont donc été relevées, au 1er janvier, de 7,6 centimes par litre, et de 3,9 pour l’essence. A quoi il convient d’ajouter la TVA, dont le taux est fixé, pour les carburants, à 20 %. Soit, au total, 3,7 milliards de plus dans les caisses publiques qu’en 2017.
Les économistes de l’union française des industries pétrolières ont calculé que la facture allait augmenter de 250 à 350 euros par an et par véhicule. Mais ils n’ont pas intérêt à se plaindre, puisque c’est pour la nature…
Au moins dans les discours.
En effet, c'est ingénieux.
Dans le Canard enchaîné du 10 janvier 2018.