Microsoft et Éducation nationale : le gouvernement interpelle le logiciel libre - Business - Numerama
« Plus problématique peut-être, il permet aussi à Microsoft d’intégrer ses solutions de suivi personnalisé de l’évolution de l’apprentissage de chaque élève avec des « algorithmes d’analyse » qui devront faire l’objet d’un « suivi éthique et juridique ». Il s’agira d’analyser les notes des élèves et les résultats détaillés aux différentes évaluations, pour être davantage capable de cerner les difficultés ou les forces, et d’aider à orienter les élèves en fonction de leurs domaines de compétences identifiés par le logiciel. « Un soin particulier sera apporté à la confidentialité et à la sécurité des données utilisées », promet le texte.
En pratique Microsoft déploiera ses API d’Adaptive Learning qui permettent de réaliser des outils d’apprentissage qui s’adaptent à chaque élève, en fonction de son rythme et de ses compétences. La question de l’exportation des données et de l’interopérabilité des algorithmes en cas de changement de fournisseur n’est pas évoquée dans le document. Se posera aussi la question de la place du ministère et des académies dans la détermination des critères d’évaluation et l’élaboration des matériels d’apprentissage, le travail de suivi traditionnellement dévolu à la puissance publique étant en partie délégué à l’entreprise privée.
[ NDLR : mais oui, continuez à ficher les élèves dans plusieurs bases nationales comme Base élèves. Continuez de filer la vie privée de la jeunesse aux géants d'Internet. Tout ça est très bien. ]
Interpellé par l’association Léa Linux qui signale qu’il « eut été préférable de faire un partenariat entre l’Éducation nationale et les logiciels libres », le cabinet de Najat Vallaud-Belkacem a renvoyé la balle dans le camp des éditeurs de logiciels. Il assure que le ministère « est neutre technologiquement », qu’il « travaille avec le libre », et demande aux éditeurs de proposer eux-aussi des accords — même s’il sera difficile pour eux de signer un aussi gros chèque :
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Mais plusieurs internautes ont immédiatement rappelé au cabinet de la ministre de l’Éducation nationale que le libre n’est pas qu’une technologie, mais qu’il est aussi et surtout une philosophie et une spécificité juridique et pratique qui offre des avantages extra-technologiques.
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D’autres ont proposé au ministère des listes à la Prévert de logiciels libres, sans comprendre peut-être que les enjeux du XXIe siècle étaient moins dans les logiciels eux-mêmes que dans les données et leur exploitation.
[ Gros +1. L'heure est aux services et données externalisés + analyse bullshit.
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Or sur ce domaine clé les éditeurs de solutions libres peinent à rivaliser, à la fois pour des questions culturelles liées à une plus grande sensibilité à la protection de la vie privée, et à des questions de coût, l’exploitation des données demandant des serveurs et des capacités de traitement de haut niveau que les éditeurs de logiciels libres sont souvent incapables de proposer. C’est là un énorme défi pour ceux qui affrontent les logiciels propriétaires, dans le domaine de l’éducation comme dans d’autres (pensez à l’intelligence artificielle, la domotique, la reconnaissance vocale, la traduction en temps réel….).
[ NDLR : gros +1 changer de paradigme pour un modèle de société basé sur le partage de la connaissance, le respect de la vie privée et de toute liberté,... sinon, ça ne passera pas. ] »
December 5, 2015 at 8:40:52 PM UTC
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