Le Précepteur commente le totalitarisme de la société libre et permissive du Meilleur des mondes.
Libre = soma (drogue), hypnopédie (conditionnent mental), et clonage des individus des classes sociales inférieures. Le désir, la volonté, l'espoir, sont plafonnés sur les conditions réelles de l'individu (= les désirs inculqués par conditionnement = « désire ce que tu as » des stoïciens), ce qui peut apparaître moins hypocrite que la méritocratie cachant la reproduction sociale.
Le Précepteur utilise la définition du totalitarisme que j'ai déjà entendu chez Frédéric Lordon, à propos du capitalisme, et que j'aime beaucoup : contrôle de la totalité des secteurs de l'existence et de l'activité humaine. Lordon parle de main mise sur l'ensemble des sphères de pratiques (= le capitalisme dépasse l'économie).
Dans son introduction, Le Précepteur expose les divergences avec 1984. Je suis d'accord que, contrairement à celui d'Huxley, le totalitarisme d'Orwell est répressif et qu'il ne cherche pas l'adhésion du peuple par le bonheur ou le confort, mais la surveillance de la population est relative : il n'y a pas de télécran chez les prolos qui représentent 85 % de la population, uniquement chez les membres du Parti.