« Le gouvernement dépense des millions pour communiquer sur "la France, puissance technologique", préférant investir dans le parler plutôt que dans le faire.
Règle fondamentale de la communication : ce que l'on précise, c'est ce qui ne va pas de soi. Il y a un message pour lequel Axelle Lemaire a déjà fait dépenser quinze millions d'euros, la Banque publique d'investissement est prête à brûler 200 millions, et auquel Emmanuel Macron a consacré plusieurs milliers de miles de voyages publics : « La France est une puissance technologique. » Question : avez-vous déjà entendu parler d'un label « German Tech » ? Non ? « Japanese Tech » ? Non plus ? « American Tech » ? Pas plus ? Ces pays sont pourtant des puissances technologiques exportatrices supérieures à la France. Il semble que l'on puisse exceller sur le plan technologique sans que l'État s'autoproclame votre porte-parole obligé.
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Créer une initiative à fonds perdu pour clamer au monde que nos jeunes pousses technologiques sont les meilleures, c'est donc encore cette attitude si française : « On est les meilleurs, mais vous n'êtes pas assez bons pour le comprendre, alors on va vous l'expliquer. » Nulle remise en cause, nulle autocritique, notre gouvernement part bille en tête expliquer au monde que les entreprises technologiques françaises sont excellentes, et que les Allemands, les Américains, les Coréens, les Japonais ou les Chinois ne l'auraient pas bien compris. Je ne peux m'empêcher de penser que certains investisseurs ont déjà pris ce label comme une insulte à leur intelligence. Car si vos start-up nécessitent des millions d'argent public et un label d'exception pour être promues, n'importe quel entrepreneur ou investisseur un tant soit peu pragmatique se dit qu'il y a peut-être anguille sous roche : « Alors à Berlin les investisseurs investissent, et à Paris, l'État racole pour me convaincre que je n'ai pas bien tout compris des start-up françaises… »
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N'importe qui pourra en déduire que si l'on blinde le parler à grand renfort d'argent collectif, c'est que le faire n'est pas convaincant en lui-même. »
Via
https://twitter.com/julien_naillet/status/700386969088557056 via le twitter de Stéphane Bortzmeyer.