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  • [ Archivage numérique : le défi de l’obsolescence technologique ] - Xenius | xenius

    Quelques notes

    • Le cloud pour nos données personnelles pose problème : on n'achète plus un support mais on loue un accès. Il s'agit d'un droit d'utilisation qui peut être révoqué à tout moment selon les CGV que personne ne lit.

    • Parfois, la numérisation des livres révèle des choses inédites comme des filigranes :O ;

    • La numérisation des livres met en exergue le manque de moyens de la puissance publique. Et c'est là que le gentil Google intervient avec son service Book. Ce n'est pas pour rien : la masse de données permet d'entraîner les automates et les IA que Google conçoit. Cela permet aussi des analyses. Il y a même un mot pour ça : culturomique. L'étude de la culture et de la pensée humaine dans le temps. Apparition et disparition d'un mot, changement de sens, etc.

    • Le projet Internet Archive (https://archive.org/ ), créé en 1996, conserve plusieurs instantanés à plusieurs instants du temps de tout un tas de sites web (1 milliard de pages web sont archivées par semaine) + des chaînes de TV H24 + toutes les informations américaines + des films + de la musique + des livres (1 millier de livres sont numérisés chaque jour grâce à 30 centres de scan répartis dans le monde et environ 400 bibliothèques partenaires).

    • L'archivage se heurte à des problèmes :

      • techniques : quels formats de fichier sont pérennes ? Quels supports de stockage le sont ? En 30 ans, on a connu : cassette audio, vinyle, CD, Super 8, VHS, DVD, disquette, etc. L'obsolescence du matériel nécessite de développer des émulateurs pour préserver les anciens jeux vidéo et logiciels. Comment sauvegarde-t-on des sites web qui évoluent en permanence ? Même chose pour toutes les vidéos ?

      • juridiques : quels sont les droits applicables à la diffusion d'une copie d'archive ? La bibliothèque nationale allemande ne publie pas ses archives en ligne en raison de cette incertitude. Internet Archive n'est apparemment pas sûre du droit applicable.

      • éthiques : qui décide de ce qui doit être conservé ? Ceci dit, pour moi, c'est le même problème que les musées qui choisissent ce qui sera exposé. Faut-il tout conserver ou doit-on oublier des choses ?
    • Remarques persos :

      • L'émission note la fugacité de notre patrimoine commun numérique mais ne relève pas que le numérique permet de retrouver des œuvres culturelles qui ne sont plus en circulation sur des supports physiques. Paradoxe intéressant, non ?

      • L'émission évoque très très peu le principe d'archive collective. C'est un changement de paradigme permis par le numérique : tout le monde peut sauvegarder un article de journal, une œuvre culturelle, un article de blog, etc. On trouve ça avec les personnes qui restent en seed sur les torrents. On retrouve ce principe avec les autoblogs. Etc. Chacun-e de nous es dépositaire de l'ensemble de la connaissance et chacun-e peut décider de ce qu'il est important de conserver.




    En complément, le documentaire « Nos ordinateurs ont-ils la mémoire courte ? » est lui aussi intéressant même s'il date de 2013.

    Mes notes

    • On estime qu'une inscription sur la pierre a une durée de vie de 10 000 ans. Un parchemin : 1 000 ans. Une pellicule photo : 100 ans. Un vinyle : 50 ans.

      • CD : des particules oxydées peuvent être introduites lors de la fabrication. L'oxydation peut percer la fine couche sur laquelle sont gravées les données. Si l'on pousse les limites en terme de température et d'humidité lors de la conservation, l'étiquette peut également endommager les données. Un CD a une durée de vie estimée de 20 ans.

      • Disque dur : durée de vie estimée à 5 ans. Sa résistance au choc est un point faible.

      • Mémoire flash : 10 ans + un nombre de réécriture limité.

      • Bandes magnétiques : 30 ans. 50 To par cartouche en laboratoire.

      • Lamelles de quartz : résistance (chocs, rayures (les données sont écrites à l'intérieur, pas sur une face), températures, acides, etc.). Étudié comme support de stockage depuis 1996. Un laser marque le binaire sur la lamelle. Durée de vie estimée à 300 millions d'années. Capacité de stockage limitée (de l'ordre d'un Blu-Ray). Données lisibles au microscope (comme pour le CD) mais j'imagine qu'il doit falloir pas mal de patience pour décoder l'information.

      • ADN : Binaire = 0 et 1. ADN = 4 molécules ACTG. On peut assembler les molécules dans n'importe quel ordre pour créer un message. On génère artificiellement, de manière chimique, des brins d'ADN inertes. Fiable ? Il faut préserver les brins d'ADN de la lumière et de la chaleur pour éviter les réactions chimiques… Dans l'expérience citée, il a fallu 2 semaines pour décoder 3 fichiers préalablement codés. La technique est complexe et chère. Quel pérennité ? On pense que l'on aura toujours des lecteurs car l'ADN est l'unité du vivant. Mais en même temps, une nouvelle machine pour travailler l'ADN apparaît tous les 3 ans !

      • Pour stocker ses informations sur les fûts de déchets nucléaires qu'elle entrepose, l'ANDRA utilise du papier sans additif et une encore acrylique réputée stable.
    • Au final, pour préserver nos données numériques, on se contente de copier l'information en permanence en plusieurs exemplaires.

    • Quantité d'infos produites par les humain-e-s depuis le début jusqu'en 2003 : 5 exaoctets. Données produites pour la seule année 2011 : 1,8 zettaoctets, c'est-à-dire une pile de DVD d'une hauteur terre-lune. Avec le stockage sur des brins d'ADN, toutes les infos de l'humanité logeraient dans 2m^3.

    • Le numérique marque un changement de paradigme : l'information devient instable, changeante en permanence et elle se présente sous forme de flux continu. Pour être fidèle, l'archivage doit tenir compte de cela et c'est un véritable challenge.

    • La numérisation de livres/documents papiers permet de réaliser des interconnexions afin de donner du sens à une masse de papiers disparate. Exemple : trouver tous les documents qui évoque une même personne.

    • INA est chargée d'archiver les flux Internet du secteur audiovisuel.

    • Au final, la pérennité n'est pas confiée à un quelconque support mais à un processus humain.

    • Remarques persos :

      • Ce documentaire évoque les durées de vie toujours plus raccourcies de nos supports de stockage modernes sans prendre en considération les autres critères qui font que les disques durs l'emportent malgré leur durée de vie minable : il s'agit d'un compromis entre vitesse de diffusion des savoir et la quantité à conserver et les usages permis par le support. Je veux dire : une diffusion papier des savoirs n'est pas envisageable par sa quantité et la lenteur pour se transmettre de tels documents. Pas plus qu'il n'est possible de transmettre des vidéos via ce biais.

      • Comme le précédent documentaire, celui-ci déplore les formats et les supports qui évoluent très vite. En même temps, on a déjà connu le même problème avec l'évolution des langues. Je veux par-là que oui, les hiéroglyphes sont restés intactes. Mais il y a eu un risque qu'on ne les retrouve pas (lieux ensevelis sous le sable) et qu'on les comprenne pas (si l'on n'avait pas trouvé la pierre de Rosette ?) donc bon… Donc oui, il y a toujours un risque de perte.



    Via Irina sur #arn.

    November 18, 2016 at 11:45:00 PM UTC - permalink - http://sites.arte.tv/xenius/fr/video/xenius-350
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