L'ambiance s’est sacrément refroidie dans les funérariums chinois. Le gouvernement de Pékin vient de prendre des mesures radicales pour interdire les strip-teases qui viennent égayer… les enterrements (si, si !). Ces séances d’effeuillage, qui ont cours dans plusieurs régions rurales, étaient commandées comme « produit d’appel » pour attirer un maximum de monde dans les céré— monies funéraires, histoire d’« honorer » le défunt — à défaut de l’émoustiller — et de montrer la puissance de la famille éplorée…
« Les femmes vêtues de façon sexy et exhibant leur corps devant un écran affichant un portrait en noir et blanc du défunt avec un texte intitulé : “Nous offrons de sincères condoléances pour la mort de cet homme” font maintenant partie intégrante des funérailles », se lamente le « Global Times » (20/2), quotidien en langue anglaise du Parti communiste. Mais, à la fin février, le ministère chinois de la Culture a sifflé la fin des réjouissances et violemment dénoncé ces « performances obscènes et vulgaires [qui viennent] corrompre l’atmosphère sociale ».
Dans la foulée, les autorités ont annoncé leur intention de « punir sévèrement » les contrevenants. Mais les villageois concernés semblent n’avoir rien à battre de ces menaces. Et le « Global Times » de résumer le sentiment des campagnards : « Tant que tout le monde est heureux comme ça, tout va bien. » Vu de cette manière…
Dans le Canard enchaîné du 28 février 2018.