« «Le dessin en une et l’édito de Riss dans le numéro anniversaire sont totalement dans le ton de ce que fait Charlie Hebdo depuis quarante ans. Je suis surpris des réactions aussi vives. Ce journal a toujours utilisé sa liberté de railler: il a toujours été antireligieux et sans concession.» En effet, le Charlie actuellement dans les kiosques, avec un dieu assassin en une, a suscité de nombreuses réprobations en France et ailleurs dans le monde.
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«La France de janvier 2016, c’est le contraire de ce que souhaitait le journal… J’imagine mal un Cabu, par exemple, souscrire à la politique du tout-sécuritaire proposée par Manuel Valls», analyse l’historien. Pour qui le modèle de société libertaire et postsoixante-huitard que représentait le journal a toujours affiché sa méfiance de l’autorité.
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«Cabu aurait refusé la Légion d’honneur. Lui la décerner, en plus à titre posthume, a quelque chose de risible!» s’amuse Christian Delporte. «Quand on connaît son travail, on l’imagine mal sous un drapeau tricolore entonner la Marseillaise. Il n’aimait pas les mots d’ordre patriotiques.»
Etat d’urgence, déchéance…
«Ce n’est évidemment pas la société rêvée par Cabu et ses acolytes dans les années 70 qui ne voyaient le progrès que dans les libertés individuelles», analyse Christian Delporte. Et pour l’historien contemporain, la controverse autour de la «déchéance de nationalité» montre surtout à quel point il y a une rupture entre les élites et le peuple. «Ce n’est pas le même débat. D’un côté, c’est technique, juridique et philosophique. De l’autre, on demande aux gens de se prononcer sur le fait de savoir si des terroristes qui attaquent la France sont encore Français: que voulez-vous qu’ils répondent…»
Dessinateur emblématique de toute une génération libertaire, Cabu sera aussi chanté dimanche lors de la cérémonie place de la République par Johnny. Le Canard enchaîné rappelle, à raison, que le dessinateur antimilitariste et écolo aura droit en plus des chœurs de l’armée française à «l’idole des beaufs» qu’il n’aimait pas! «Faire chanter Johnny, c’est comme tout le reste: en contradiction avec ce que dit ce journal. Charlie, ce n’est pas un JT à 20 heures! Quand Charlie est le symbole du rassemblement, il y a erreur sur la personne», pense l’historien.
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Mais qu’est-ce qui a changé?
Christian Delporte: «Dans le fond, rien n’a changé. La polémique sur l’actuel Charlie Hebdo montre à quel point il est encore difficile d’aborder certains sujets. Pour être clair, on ne dessine plus autant de prophètes qu’avant. Les dessinateurs s’autocensurent. »
Gros +1. Faire entrer Cabu dans la Légion du déshonneur, faire chanter notre Jojo national pour ceux et celles qui sont tombé-e-s parce que la Maire de Paris kiffe bien « Un dimanche de janvier » (source : le Canard du 6 janvier) alors que Cabu est un antimilitariste convaincu et un anti-fan d'Hallyday... C'est ignoble... Tout comme d'écrire « Wolinsky » (au lieu de Wolinski) sur la plaque commémorative... Sérieux, personne à la mairie de Paris n'a eu le temps de vérifier ?! Le pouvoir pourrit même les plus pur-e-s à l'instant même où ils/elles en ont : toute cette cérémonie de commémoration n'est que de la poudre aux yeux pour afficher des valeurs qui ont bien disparue, pour rassurer, pour rappeler au Peuple qu'on est là et qu'on est légitime et pour faire passer la pilule des choses horribles qui se déroulent en France (état d'urgence, déchéance de nationalité,...).
Finalement, Luz avait raison (voir
http://shaarli.guiguishow.info/?Vyp9eg ) : on a fait devenir Charlie le symbole que l'on a voulu qu'il devienne mais que ceux et celles qui sont tombé-e-s n'ont jamais été et qu'ils n'ont jamais voulu être. C'est à gerber.
Ce genre de comportements et de bourdes ne devraient même pas exister. Tout cela m'attriste et me dégoûte...