Demolition Man semble mesurer deux utopies : libertarianisme versus totalitarisme, liberté individuelle versus liberté collective intégrales. Mais…
La société est pacifiée, saine, heureuse, confortable, mais il s'agit d'une technocratie (contenu du programme de réinsertion choisi par autrui, flicage permanent avec une puce sous-cutanée, etc.) totalitaire (contrôle des naissances, interdiction du langage brusque ou vulgaire, interdiction alcool / drogue / sexe / etc.) que son efficacité contre le crime justifie.
Mais, à plus y regarder (et c'est l'apport de ce vidéaste à ma compréhension du film), il y a trois antagonistes : la liberté collective intégrale n'est qu'un prétexte pour un contrôle monarchique totalitaire ; la liberté individuelle n'est pas avérée, n'est-elle pas uniquement une réaction nécessaire et proportionnée au régime totalitaire ? Friendly ne contient-il pas sa contre-société ? Comme Spartan et Cocteau, ne poursuit-il pas un idéal derrière l'exercice de la violence ? ; la liberté individuelle intégrale de Phoenix est au seul service de son pouvoir personnel, sans idéal ni morale, juste pour le chaos.
Le film traite donc d'une société monarchique totalitaire aux bonnes intentions rendue, par essence, vulnérable à la liberté personnelle totale sans foi ni loi d'une personne. Affrontement entre deux pouvoirs personnels, l'un se masquant derrière un idéal, l'autre se voulant infini. La contre-société d'apparence "libertaire" de Friendly reste intacte. Elle n'est, en fait, qu'un retour à la société existante avant l'époque du film.
#Exitium