Causerie Thinkerview en juin 2021. Retranscription.
Données personnelles (DCP, en vrai) et géopolitique :
L'ordinateur est fatal (inéluctable). N'existe que ce qui est implémenté (ex. : sans Unicode, des dialectes et des langues ne pouvaient être écrites avec un ordi). Rigidifie le monde (il faut entrer dans les cases prévues, et ajouter des cases après-coup pour rattraper ce qu'on nommera une bourde dans le modèle de données, ne suffit pas : il pourra toujours y avoir des cas imprévus, la multiplication des cas ajoute de la complexité, etc.). La réalité ne rentre pas forcément dans les cases. Contraint l'agent administratif comme l'usager (il a le même logiciel). Plus de négociation possible. Forte contrainte sur les individus : quand un 06 est exigé jusqu'à l'absurde, quand on ne centre pas la médecine sur le patient, etc. ;
Tout fichier est une maltraitance potentielle, car il institue une relation d'humain à objet, chosification (réification). Le contre-exemple qui me parle le plus, qui n'est pas donné par Benjamin, mais par Fakir, c'est le PDG de France Télécom qui, se déplaçant sur un site et rencontrant ses salariées (il sort donc d'une représentation sous forme de fiche de ses salariées), renonce à le fermer (source) ;
En UE, les DCP font partie des droits de la personne, pas de la propriété privé. Elles nous définissent, tels les attributs d'un objet en POO. D'où toute entité qui manipule des DCP d'Européens doit appliquer le RGPD et qu'il n'y a pas besoin d'établir un préjudice économique pour démontrer une atteinte aux droits (c'est pas faux mais tu vas pas au pénal +/- le civil pour une broutille non plus, et branche administrative dépend de la CNIL dont Benjamin évoquera l'inefficacité…) ;
Si l'on additionne les 3 points précédents, un fichier de DCP revient à maltraiter, sans recours, des personnes. D'où c'est encadré ;
Le point essentiel du cloud souverain est : quel droit s'applique ? Schrems II illustre un conflit de lois entre FISA et RGPD (comme il en existe en fiscalité et dans tant d'autres domaines). Une géopolitique ambitieuse dépend de la volonté des États membres. Actuellement, manquante. Absence de politique économique dans la présentation du cloud souverain par Bruno Lemaire (école, filière, débouchées, commande publique, etc.) ;
La CNIL a adopté ses lignes directrices cookies mi-2019 pour une application à partir de mi-2020 (après la publication de recommandations). Donc, jusqu'à mi-2020, la poursuite de la navigation valait consentement, comme avant l'entrée en vigueur du RGPD. Le RGPD a été voté en 2016 et est entré en application en 2018 justement pour laisser le temps de définir les nouvelles règles, de s'adapter, etc. Il est inacceptable que la CNIL, de son propre chef, prolonge ce délai d'adaptation. Mais le référé de LQDN avait échoué ;
Health Data Hub / Système national des données de santé (SNDS) : vrai intérêt pour la recherche ; risques induits par la centralisation et la concentration de beaucoup de données sensibles de toute une population ; risque de mésusages ; la mise en œuvre sans consentement est contestable, une médecine centrée sur le patient aurait été préférable (il choisit à qui il donne, il révoque, etc.).
Passe sanitaire :
Redevance copie privée (RCP) :
Macro-économie :