On pourrait croire, en lisant ces lignes, que le citoyen que je suis n'a pas beaucoup de convictions, puisqu'à quelques jours d'intervalle, il me faudra affirmer être en accord avec les valeurs portées par ces trois partis qui, si l'on en croit les déclarations des uns et des autres, se détestent cordialement.
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Tout d'abord, pourquoi irai-je voter à la primaire de Les Républicains alors que je suis de gauche? Pour une raison toute simple: c'est qu'avec la présence continue de sondages créditant la candidate du FN de près de 25% des voix au premier tour, il y a de fortes chances que le gagnant de la primaire de droite soit, quelques mois plus tard, élu président de la République à l'issue de son combat contre Marine Le Pen au deuxième tour.
Or, je ne vois pas pourquoi, sous prétexte que les partis de gauche sont faibles et émiettés, je ne me mêlerai pas de savoir qui va gouverner le pays lors des cinq prochaines années. Il ne me sera pas indifférent que ce soit Juppé ou Sarkozy (ou bien encore Fillon ou le-renouveau-c'est-Bruno (Le Maire)) qui soit élu car les conséquences pour l'avenir de mon pays ne seront pas les mêmes selon que l'un ou l'autre gagne. [...]
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A partir de ce moment-là (l'annonce faite par Hollande qu'il n'y participera pas), la primaire du PS se transformera en un gigantesque vote pour savoir qui prendra le contrôle du parti après la défaite, et même si le PS est à l'heure actuelle moribond, il constituera toujours l'un des deux partis les plus structurés de France, loin devant tous les autres, bref, celui qui gagnera cette primaire deviendra le chef de l'opposition, un titre à la fois enviable et... confortable. J'irai voter, donc.
Cet article date. Je l'ai gardé ouvert car je me disais qu'il explique bien mon choix d'aller voter à la primaire présidentielle socialiste en 2012. Choix que je n'ai jamais réussi à faire piger à certains de mes proches qui restaient bloqués sur "payer 2 € pour voter, c'est scandaleux, c'est anti-démocratique, c'est une atteinte à nos droits chèrement acquis, etc.". Sauf qu'en 2012, on était en pleine mode "Tous Sauf Sarko". Donc on pouvait sentir que la gauche avait une chance d'accéder au pouvoir. Sauf que je ne voulais pas de certain-e-s des gus-se-s qui se sont présenté-e-s à cette primaire socialiste. Mais alors vraiment pas. Je les trouve dangereux en plus d'être parfaitement contraire à mes convictions. Il n'était pas question de laisser ces gus-se-s accéder au poste de Président. Participer à cette primaire ne m'a pas empêché de voter avec conviction lors du premier tour de l'élection présidentielle. J'avais simplement ceinture et bretelles, comme on dit.
Il y a quelques semaines, je me suis dit "ferme cet onglet, c'est inutile, tout le monde s'en fout complet". Mais, il y a encore deux semaines, j'entendais le PS et les Rep', surtout les Rep', hurler à la mort dans les médias : que des gauchistes votent à droite est intolérable, c'est le plus grand drame de l'histoire, on va tou-te-s crever, etc. C'est là où cet article a repris tout son intérêt.
La vérité, ce que je me fous complet du clivage droite/gauche, je me fous complet des valeurs de la droite et de celles de la gauche. C'est de l'hypocrisie : des gouvernements de gauche ont aboli des libertés, des gouvernements de gauche en ont octroyé, des gouvernements de droite ont sucré des libertés, des gouvernements de droite ont renforcé des contre-pouvoirs (genre QPC). J'ai des convictions qui transcendent ce clivage qui rend aveugle. Et je sais que, quelle que soit la personne qui remportera l'élection, ça deviendra un-e con-ne dont il faudra surveiller les propos et les faits et s'opposer à ses idées délétères. Cette personne, tout comme l'opposition. Une élection n'a aucune importance, ce n'est pas la fin, l'aboutissement du militantisme, c'en est le début et ce, quelle que soit l'appartenance politique.