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——————————— October 11, 2026 - Sunday 11, October 2026 ———————————

Héraclite et Parménide ont vécu au 6e avant JC, avant Socrate.

Héraclite : tout devient, tout change, en permanence (mobilisme universel). Permanence du devenir, métaphysique du devenir. Les états fixes et le mouvement entre deux états n'existent pas, c'est une représentation humaine pour nous rassurer, nous changeons en permanence, de manière imperceptible. Mais alors… la loi du changement, qui énonce que tout devient, cet ordre du monde, ce Logos, résiste elle-même au devenir, est immuable. Pour Parménide, c'est la faille du raisonnement d'Héraclite.

Parménide : tout demeure. Absence de devenir. Métaphysique de l'être. Les changements que nous croyons percevoir dans l'espace sont illusoirs. Tout est permanent et immobile, sans changement (même la mort, notre corps contribue à la terre, etc., il n'y a pas la cessation d'un être). L'univers, l'Être, est éternel, et n'est pas engendré (l'idée de néant, de non-être, surtout engendrant, n'a pas de sens), donc il n'y a pas de devenir, il n'y a pas de début, tout a toujours été ainsi, et il n'y a pas de destruction. Le passé, le présent et le futur existent en même temps : comme les pages d'un livre, le présent ne fait pas disparaître le passé, et le futur est déjà là. Le temps est alors des repères que l'humain crée pour s'orienter. Éternité du monde.

Platon : monde sensible versus monde des idées (formes intelligibles). Héraclite décrit le premier, Parménide le second. Le sensible imite l'intelligible : ça ressemble, mais en version perfectible et corruptible. Le sensible est une parcelle de l'idée (= le sensible participe à l'intelligible). Le temps est une imitation, mobile, de l'idée d'éternité (absence de temps ou temps qui ne passe pas). Le visage qui change dans un miroir, c'est le flux perpétuel, mais nous demeurons nous-même par le biais de l'essence (sorte d'âme). Donc, pour Platon, au niveau sensible, tout devient, mais au niveau des idées, tout demeure. Le plan d'une maison (= idée) ne disparaît jamais. Sa concrétisation, en revanche, est corruptible.

Évidemment, il n'y a pas de réponse définitive au débat « être versus devenir ».

#Le Percepteur

Émilie Jolie est un conte musical de Philippe Chatel, arrangé par Jean-Louis Bucchi et sorti en disque en 1979.

Nostalgie. 🥲️

Mes chansons préférées étaient : le grand oiseau, la chambre vide, et les lapins bleus.

Il continue d'y avoir des reprises (ex. : Kids United). 😮️ J'aime beaucoup leur reprise du Grand oiseau.

Par contre, malheur de vieillir, je ne comprends plus la chanson du Grand oiseau : Émilie demande à voler, l'oiseau répond qu'elle a tant de choses à voir avant de partir pour le firmament (= ciel), de faire un tour au paradis, etc… À quel moment Émilie a parlé d'en finir ? 🤔️

+ Communiqué de presse CEDH.

44241/20

L’affaire porte sur une condamnation pénale qui fut prononcée à l’égard de M. Russ pour infraction à l’interdiction générale du port d’armes de protection (Schutzwaffen) dans le cadre de réunions publiques en extérieur en Allemagne, au motif qu’il avait porté une visière en plastique lors d’une manifestation contre l’ouverture du nouveau siège de la Banque centrale européenne à Francfort-sur-le-Main.

La Cour juge que, si les juridictions internes ont tenu compte de la liberté d’expression du requérant, elles n’ont pas mis en balance son droit à la liberté de réunion et les buts visés par la mesure litigieuse, à savoir la défense de l’ordre et la prévention des violences, et qu’elles n’ont pas non plus examiné les caractéristiques de la manifestation.

Les juridictions internes n’ayant pas expliqué en quoi le port d’une visière improvisée constituait une menace pour la sûreté publique, la Cour conclut que les motifs invoqués à l’appui de la condamnation pénale de M. Russ étaient insuffisants.

[…]

[…] En droit allemand, le terme « arme de protection » (Schutzwaffe) renvoie aux objets, équipements ou dispositifs bricolés qui sont objectivement capables de protéger contre des attaques ou contre des mesures de maintien de l’ordre. Il ne s’agit pas d’armes au sens technique du terme. Le tribunal de district de Francfort-sur-le-Main jugea que la visière bricolée, malgré son caractère rudimentaire, était conçue pour servir d’arme de protection car elle pouvait protéger les yeux du spray au poivre. Il précisa que si M. Russ l’avait portée sur l’arrière du crâne, elle n’aurait pas été considérée comme une arme de protection, mais simplement comme une forme d’expression d’une opinion, eu égard au slogan anticapitaliste qui y était inscrit.

[…]
La Cour considère que, si des violences et des infractions pénales ont été commises à la date en question à Francfort, il n’a toutefois pas été établi que de tels actes eussent entaché la manifestation
« colorée, bruyante – mais pacifique » à laquelle M. Russ avait participé. Il n’a pas non plus été démontré que les organisateurs eussent eu l’intention de mener une manifestation violente ni que M. Russ eût fait preuve d’intentions violentes ou d’un comportement violent.

[…] Elle est convaincue que les buts visés par l’interdiction des armes de protection et par la condamnation de M. Russ étaient la défense de l’ordre et la prévention des infractions ainsi que la protection des droits et des libertés d’autrui. Néanmoins, la visière en plastique utilisée par M. Russ était constituée simplement d’une feuille de plastique transparent rigide et d’un élastique, et M. Russ n’avait pas reçu d’avertissement concernant le port de cette visière au cours de la manifestation elle-même. […]

La Cour rappelle que les sanctions pénales appellent une justification particulière et qu’en principe une manifestation pacifique ne devrait pas aboutir à de telles sanctions. Lorsqu’elles évaluent la
responsabilité pénale d’un manifestant, les juridictions saisies doivent tenir compte du droit à la liberté de réunion et décider si une condamnation pénale est proportionnée et « nécessaire dans une
société démocratique » au sens de l’article 11 de la Convention.

[…] Elle juge donc que l’ingérence n’était pas « nécessaire dans une société démocratique » et qu’elle a emporté violation de l’article 11 de la Convention [liberté de réunion et d'association].



Via https://shitter.thepixora.com/N_Hervieu/status/1924759393544937809#m :

Droits des manifestants : Une condamnation pénale pour port d'une visière en plastique lors d’une manifestation viole la CEDH.

Car il n'était pas établi que le port d’une visière improvisée représentait une menace pour la sûreté publique.

[…]

A cette occasion, la Cour européenne martèle qu'en principe, « une manifestation pacifique ne doit pas faire l'objet de menaces de sanctions pénale ».

Et que toute sanction doit être strictement justifiée & proportionnée.

Monsieur Phi nous fait un peu d'histoire des sciences en matière d'apprentissage automatique (machine learning) / d'IA générative sur la période 2011-2020, du prédicteur de caractères d'un article Wikipédia à GPT 3.0 (essentiellement).

Il observe que la génération de textes n'était pas centrale dans les travaux de recherche d'alors ni dans les méthodes d'évaluation des implémentations. La recherche était focalisée sur la compréhension du langage naturel, la génération de textes n'était qu'un moyen d'y parvenir. Même OpenAI était centrée sur la conception d'une IA pour le jeu vidéo Dota 2 (= animation de personnages non joueurs pour défier l'humain).

Langage = produire, sur la longueur (des dizaines de phrases), des séquences de mots inédites / originales + cohérentes (= suivent un fil conducteur) + adaptées à divers contextes (banalités du quotidien, boulot, roman, article de presse, etc.).

Cleverbot = adaptation au contexte, la cohérence se perd vite. Cadavre exquis = inédit. Générateur de westerns du MIT (arbre de décisions) = inédit et cohérent (mais limité par l'arbre de décisions). Autocomplétion basique = inédit et adaptation au contexte. Traduction automatique pré-LLM : cohérent et adaptation au contexte. Humains ou LLM = les trois critères.

Le plus difficile a été la cohérence. Caractère après caractère, puis mot après mot, puis phrase après phrase. On peut l'associer à GPT 2 (février 2019), qui est GPT 1 entraîné sur un corpus plus conséquent et varié (GPT 1 : 2 milliards de mots ; GPT 2 : 6-8 milliards de mots provenant de Reddit).

Attention Is All You Need (papier de recherche) et BERT (Encodeur bidirectionnel de représentations par des transformeurs), l'implémentation, tous deux de Google. Passage aux transformeurs, c'est-à-dire à une nouvelle architecture. Contrairement aux réseaux de neurones récurrents qui traitent les mots un à un, dans l'ordre, avec un état interne, dans une fenêtre de taille fixe, ce qui pose problème pour faire des liens entre des mots éloignés, il s'agit de regarder, dans n'importe quel ordre (donc fortement parallélisable), le contexte précédant et suivant un mot dans une large fenêtre. Rien à voir entre prédire le prochain mot après « Il enfonça un doigt dans son xxx » et « Il enfonça un doigt dans son xxx de confiture ». BERT est entraîné sur des textes à trous.

Vers la fin, dans l'extrait d'une causerie de 2019 d'un employé d'OpenAI, on retrouve le débat sur la compréhension : prédire l'identité d'un meurtrier, n'est-ce pas avoir compris le sens d'un roman ? Écrire un résumé après un « tl;dr », n'est-ce pas avoir compris l'instruction, n'est-ce pas avoir appris à exécuter cette tâche ? Monsieur Phi en a déjà parlé (sections « De quoi ChatGPT est-il VRAIMENT capable ? » et « La preuve définitive que ChatGPT ne comprend rien »).

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