The Daily Shaarli
Ce qui me fait dire que c'est de l'intox, c'est que je le vois revenir avec l'argument du : "si ça se paye pas, ça tue le business". C'est tendancieux et généralement faux, non ?
Malgré de bonnes solutions libres (et souvent gratuites), je ne vois pas de domaine ou le business ne peux plus jouer le game. Au contraire même peut-être. (c'est un ressenti j'ai pas fait d'étude de marché lol).
Je ne discuterai pas des non arguments "pas sûr, pas pro", etc. : ils ont été démontés trouzemille fois.
Considérer que libre = gratuit, c'est partir sur de mauvaises bases, de toute façon. J'essaye de financer mes logiciels libres, même si c'est souvent impossible pour les petits logiciels qui n'ont pas de mécanismes de collecte de fonds et pour les logiciels piliers / cachés (FreeBSD / PF pour PFSense, par exemple. Le fait de payer une prestation + licence PFSense ne fait pas automatiquement remonter du pognon à FreeBSD -> il faut demander / faire pression sur la société commerciale éditrice de PFSense pour qu'elle le fasse systématiquement). J'essaye que mon employeur en fasse autant : BIRD, Proxmox, OpenVPN, PFSense, Asterisk, etc. tu peux acheter du support ou des licences à la société commerciale éditrice. Donc, oui, le libre, ça rogne potentiellement des parts de marchés aux autres solutions, mais comme autre tout produit ou service, libre ou non, quoi, ça n'empêche pas le business. Ça vit de modèles économiques différents (don, vente de support / prestations intellectuelles, mutualisation par la demande, licences, fonctionnalités supplémentaires, etc.). Donc, là encore, ce n'est pas le sujet, et encore moins pour les salariés puisque l'argent ne sortira pas de leur poche.
ça n'a pas tardé avant d'avoir des demandes auprès des managers... sans réponses. (alors qu'on nous casse les couilles toute l'année pour "se former"). Faut se former mais faut pas que ça coûte, surtout en temps, la ressource qui vaut plus cher que ton petit cul de travailleur. Bref, nos managers ne se mettent pas au niveau qu'il nous impose (comment les respecter à terme ?)...
J'ai aussi entendu ça : "il faut se former afin de continuer à produire de la valeur qui sera captée par l'employeur, mais ça serait bien de ne pas s'absenter pour autant parce que sinon la société commerciale perd du fric". Tu le sens, le bel avenir des MOOC et autres formations continues à distance que tu pourras faire en dehors du temps de travail ? :))))
Je rejoins le râlage de seb (ou de Framasoft, April, LQDN, ...) sur la priorité : que les pouvoirs publics ne soient pas sur ce registre affectif, certains fonctionnaires ont une responsabilité pour proposer de nouvelles solutions et ils doivent avoir les moyens en conséquences ! Le discours officiel est aussi une priorité : valoriser équitablement les solutions et LAISSER UNE MARGE aux utilisateurs.
Personnellement, je préfère m'attaquer aux serveurs de la fonction publique et à leurs logiciels : il y a énormément plus de données personnelles et d'intelligence de ce côté-là que sur le PC de Ginette qui, soit se connecte aux logiciels distants, soit saisit des documents qui seront par nature publics (compte-rendu du Conseil d'Administration, acte de nomination, etc.). En situation de sous-effectif voulu (on dégrade le service en privant de ressources ceux qui le font tourner -> le citoyen râle -> on impose l'externalisation en expliquant que ça va résoudre tous les problèmes), ça me semble plus pertinent de prioriser cet aspect-là. Laisser une marge, ça consiste aussi à ne pas râler en permanence, à ne pas vouloir imposer le libre dans le public (ce qui était la position de l'April sur la loi pour une République numérique), et à accepter qu'un utilisateur te dise "je ne veux pas de ta merde, même si c'est dans le référentiel bidule du ministère machin".
Je vais faire mon libriste au melon démesuré, mais pour ce dernier point je pense que tu ne couvre pas l'ensemble du problème qui est aussi en grande partie que les "alternatives" libres ne sont pas le même logiciel, et ne s'uitlisent pas pareil. Au final la qualité de l'outil n'a que peu de rapport avec la question, la question est beaucoup que la personne est là pour faire son taf, pas pour prendre en main quelque chose de nouveau.
C'est vrai, mais il y a une limite à ce raisonnement : pour qu'un gus prenne sur lui l'étude d'un autre logiciel (libre ou pas, ce n'est pas mon sujet), il faut que celui-ci soit techniquement ou qualitativement supérieur à la norme. Or, winwin versus nux ou MS Office versus LibreOffice, y'a pas de différence quand t'es une secrétaire. Les deux vont faire chier (si, nux peut faire chier), les deux permettent de saisir le courrier demandé par le boss, sur les fonctions de base, GIMP apporte rien par rapport à Photoshop (et inversement), etc. C'est juste une guéguerre de chapelles (genre en vrai winwin, quand t'as compris la logique, que tu t'es formé, que t'as les bons outils d'administration et les bonnes pratiques, ça juste fonctionne aussi bien que nux, faut arrêter de mentir). Donc quand tu vois l'ordi comme un simple outil pour faire le taff demandé afin de toucher ton salaire, t'en a rien à faire d'une alternative tant que ça t'apporte rien, que ça ne te simplifie pas la vie, que ça ne te permet pas d'aller plus vite (et même, si le boss s'en rend compte et qu'il te file plus de taff, t'as rien gagné, donc, parfois, faut pas chercher à optimiser son temps), etc. En gros, si je devais faire plus court : je ne blâme pas le salarié lambda, il a raison de ne pas se poser de questions, car, dans l'écrasante majorité des cas, ça lui apportera aucun avantage. C'est mon point de divergence avec toi.
Tous les logiciels métiers n'existent pas en logiciels libres utilisables par le commun des mortels (tu ne fais pas de la comptabilité sérieuse ‒ = comptes à rendre ‒ à grande échelle ‒ = Grande Entreprise ‒ avec Ledger, GNUCash ou Odoo, par exemple) et inversement, y'a des domaines ou le libre remplace avantageusement la bouse privatrice (genre pour piloter certaines machines dans les laboratoires de recherche ou pour de l'enseignement très ciblé).
Dans le cas que j'ai présenté, il me semble que cette personne a essayé GIMP (elle en donne l'impression en tout cas), d'où l'ampleur de sa réaction outrée "arrêtez de vouloir m'apprendre mon métier alors que vous avez jamais utilisé GIMP pour effectuer mon travail !" (ce qui est vrai). Du coup, j'en arrive à la conclusion qu'il y a plusieurs manières de faire une chose et que, si cette personne n'a pas accroché à GIMP, ça sert à rien de la forcer ni de râler ni de la former. C'est dommage et tout ce qu'on veut, mais elle a fait son choix.
Et, dans les deux cas, on retombe sur les blocages formation et notoriété que j'énonce dans mon premier shaarli.
