All links of one day
in a single page.
<Previous day - Next day>

rss_feedDaily RSS Feed
floral_left The Daily Shaarli floral_right
——————————— December 28, 2018 - Friday 28, December 2018 ———————————

J'avais mis ça de côté il y a bientôt un an. C'est très intéressant d'écouter les journalistes à l'œuvre, car ça met en exergue leur logique, leur force de caractère, leur cheminement intellectuel, donc ça permet de leur accorder (ou non) une certaine confiance. Je conseille d'écouter les auditions et entrevues de Plenel, Arfi, Mauduit et autres. Elles se retrouvent facilement sur Youtube et autres.

De cette audition-là, je retiens une anecdote. Elle est une illustration parmi d'autres qui me permet de rire jaune avec vigueur des personnes qui exposent que mon travail de classification des journaux en fonction de mon éthique personnelle « tourne en rond » et « n'alimente pas une critique saine des médias » car l'un de mes critères (ce n'est pas le seul contrairement à ce que semble penser cette personne, dommage pour un journaliste) est l'appartenance des journaux et leur financement. Le Canard enchaîné publie une anecdote comme celle-ci au moins une fois par trimestre, ce qui tend à illustrer que ce n'est pas un cas isolé. Mais on peut continuer de prétendre l'inverse.

[…] Dans l'affaire Cahuzac, nous avions créé une sorte de petit pool informel qui se réunissait souvent le vendredi soir dans un café à côté du Louvre, au plus fort de l'affaire, quand nous étions le pire du journalisme. Le fait est qu'il y a que Mediapart qui a réussi à publier les informations, pas les autres, alors que nous mutualisions l'enquête, nous mutualisions les informations. Pourquoi ? Ce sont des questions à poser aux responsables des rédactions concernées, mais peut-être il y a-t-il des réponses toutes simples : la situation capitalistique […] de la presse en France est extrêmement compliquée. […] Quand vous avez des grands capitaines d'industrie dont le cœur de l'activité n'est pas l'information qui achètent des journaux et qui, pour partie, vivent de la commande publique pour leurs activités, ça ne crée pas un écosystème journalistique […] extrêmement sain.

Documentaire diffusé en avril 2018 sur France 5 qui traite de la prostitution chez les ados. On y apprend qu'il y a des causes en amont du passage à l'acte : désir de se faire accepter au sein d'un groupe, chantage ("tu m'suces ou je balance en public le contenu de ton 06 que je t'ai volé", photo nue volée, etc.), copine qui propose de se faire du fric facile, manque d'autorité des parents, société dans laquelle la femme est avant tout un objet sexuel qui est valorisée uniquement à ce titre (pub, porno, éducation sexuelle à l'école, etc.) qui retarde la prise de conscience ("je ne suis pas une prostituée, ce que je fais est normal, habituel, non ?"), etc. Puis c'est l'engrenage : le⋅a proxénète se ramène et fait pression, une addiction (à la liberté, au fric, un besoin viscéral d'attention, etc.) commence, la rechute pointe le bout de son nez en cas, etc.

On entend un propos qui revient souvent dans les débats autour de la patrimonialisation des données personnelles ou en contre-argument à ne pas laisser le choix de renoncer à ses libertés lors des débats sur le zéro-rating au sein de la neutralité du net : "je vends mon corps comme le reste, car tout est négociable". On mesure ici les limites de la liberté individuelle que l'on peut tordre par la force (physique ou psychique), l'argent, etc. notamment auprès d'un public vulnérable (ce que sont la majorité des ados présentées dans ce documentaire car issues d'un milieu modeste).

Je note que la police est impuissante : la prostitution (tout comme le racolage - actif et passif) n'est pas illégale, seuls peuvent être poursuivis les clients et les proxénètes. La majorité sexuelle étant à 15 ans, la police ne peut pas intervenir (s'il n'y a pas de proxénète. Qu'en est-il en dessous de 15 ans, puisque le documentaire dit que l'âge moyen est en chute libre ?).

Je ne trouve pas crédible l'un des témoignages qui composent ce documentaire et je reste sur ma faim concernant les causes, ce documentaire étant surtout axé autour de témoignages de parents.

-