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——————————— August 20, 2018 - Monday 20, August 2018 ———————————

Je pose ça là pour les personnes qui t'expliquent que t'es vulgaire quand tu t'opposes avec virulence à des idées ou à des pratiques tout à fait détestables sur un ton qui leur paraît inconvenant. À force de vivre dans un monde remplis de ces saloperies, on en perd notre boussole morale. C'est alors facile de pointer du doigt la forme du discours du gugus qui dénonce ces saloperies. La remise en question, c'est bien plus compliqué. Il faut faire simple et court.

Vous me trouvez grossier, et moi, mon cher ami, je vous trouve vulgaire. […] Dire « merde » ou « mon cul », c'est simplement grossier. Maintenant, voyons donc tout ce qui est vulgaire. Prendre une voix feutrée et sur un ton larvaire vendre avec les slogans au bon con d'auditeur les signes du zodiaque ou le courrier du cœur. Connaissant son effet sur les foules passives, faire appel à Jesus pour vanter la lessive. Employer les plus bas et les plus sûrs moyens. Faire des émissions sur les vieux, sur la faim, le cancer… Enfin jouer sur les bons sentiments afin de mieux fourguer les désodorisants. Tout cela, c'est vulgaire, ça pue, ça intoxique. Mais cela fait partie du jeu radiopĥonique : vendre la merde oui, mais sans dire un gros mot. Tout le monde est gentil, tout il monde il est beau !

Cette satire, « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil », date de 1972. Je recommande de la visionner.

J'ai jamais compris cette histoire de faux positifs.
Si j'ai une machine qui trie les fruits pour sélectionner des pommes vertes, je peux avoir un système basé sur la couleur. Je me retrouve avec ceux qui sont verts. J'ai plein de faux positifs: plein de poires dans ma sélection.
Je peux aussi sélectionner basé sur la forme. Je me retrouve avec ceux qui sont ronds. J'ai plein de faux positifs: plein d'oranges dans ma sélection.
Mais en combinant les deux, j'élimine à la fois les poires et les oranges. Et le taux de faux positifs d'une méthode en particulier n'est pas important.
Une application réelle d'une recherche de terroriste via la surveillance automatique ne va jamais abandonner totalement les méthodes traditionnelles. Les réduire peut-être, mais pas les abandonner toutes. Pour savoir qui sont les terroristes, la procédure sera de demander quels sont les individus qui ont un score suffisamment élevé dans les deux procédures, et le nombre de faux positifs sera fortement réduis.
Mieux, les faux positifs de la méthode traditionnelle seront eux aussi réduit.

D'abord, un humain est peut-être un chouïa plus difficile à cerner qu'un fruit : ce n'est pas tellement ma taille ni mon régime alimentaire ni mes lectures ni mon appartenance à un parti politique qui permettent de savoir qui je suis et de me fixer une étiquette « terroriste » (ou une autre étiquette, d'ailleurs). Il va falloir aligner de nombreux critères pour que la méthode soit pertinente dans ce qu'elle remonte. Déjà qu'il y a des faux-positifs en virologie et en médecine en général…

Ensuite, tout ensemble de critères a ses limites. Une pomme n'est pas absolument ronde ni absolument verte. Il existe des nuances de formes de pommes et de couleurs qui tendent au vert et qui peuvent être la couleur d'une pomme. Donc, tu vas prévoir une marge d'appréciation… qui est une marge d'erreur… Tu obtiendras donc des faux positifs dans ton tri de fruits.

Dans le cas du terrorisme, il n'y a même pas de définition légale de ce que c'est. Du coup, une recherche manuelle ou automatique (la différence entre les deux, c'est le pouvoir de nuisance plus grand de la capacité de traitement informatisée) peut se faire uniquement sur des critères qui relèvent du fait du prince : je ne pense pas avoir la même définition de ce qu'est une atteinte à l'ordre public ou de ce qui relève des intérêts stratégiques de la Nation que Valls, Cazeneuve ou Collomb.

On en revient au flou inhérent de tout processus de détection d'une intention. Quand tu commences à faire une tambouille qui mélange ce qu'a lu une personne, ce qu'elle a écrit, ce qu'elle a acheté, qui elle fréquente, etc., tu obtiens des faux positifs. C'est tellement flou et détaché de la personne que c'est évident. Ce n'est pas parce que j'ai lu les manifestes d'Action directe, que j'ai écrit que c'est une organisation de la société qui me tente bien, et que j'ai acheté des produits ménagers qui permettent également de confectionner une bombe que je suis un terroriste d'extrême-gauche : je suis peut-être juste quelqu'un qui va nettoyer sa piaule en étant un peu plus cultivé. Tu peux remplacer « manifestes d'Action Directe » par « vidéos de propagande de l'État islamique », ça ne change rien, tu n'acquiers pas un semblant de début de commencement de certitude que je suis un terroriste. Et, en attendant, le pouvoir nous a fliqué et a conservé des infos sur nous.


Une application réelle d'une recherche de terroriste via la surveillance automatique ne va jamais abandonner totalement les méthodes traditionnelles.

Oui, c'est bien le problème. Il faudra aller vérifier la sortie de l'algorithme… Ce qui est impossible humainement et financièrement… Donc on flique tout le monde pour un résultat nul… Enfin, non, pas nul, car après un acte, ça permettra de se rassurer en tentant d'attacher son auteur à une mouvance, un groupe, une filière, etc. Impression de contrôle parfaite pour couvrir le temps médiatique.

En 2016, pour les 30 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, et 5 ans après l'accident de Fukushima, j'avais mis de côté ces deux documentaires parmi ceux diffusés à l'époque.


La bataille de Tchernobyl

Cet excellent documentaire de 2006 contient de nombreuses images d'archives et de nombreux témoignages de personnes impliquées.

  • Origine de la catastrophe : enchaînement d'erreurs humaines dans un test de la redondance électrique ;

  • La structure du pouvoir en URSS et la nouveauté du problème (la délégation scientifique dépêchée sur place fût incapable de se prononcer pendant les 2 premiers jours de ses travaux) font que les autorités soviétiques sont informées par… la Suède, qui, le 28 avril, détecte dans son air des particules radioactives. Auparavant, Gorbatchev lui-même n'est informé que d'un incendie sans explosion… ;

  • Chronologie :

    • 26 avril 1986, 1h23 : explosion ;

    • Le 26 avril, 27 pompiers tentent d'éteindre ce qu'ils pensent être un incendie ;

    • Le 27 avril à 14h, la ville de Pripiat située à 3 km est évacuée avec 1200 autobus ; Un mélange de sable et de Bore est largué par avion dans le réacteur afin d'éteindre le cratère ;

    • 1er mai : dans un rayon de 30 km, la forêt brunit… Le même jour, les manifestations de la fête du travail sont maintenues afin d'éviter la panique ;

    • 5 mai : la dalle sous le réacteur se fissure, le magma risque d'entrer en contact avec l'eau déversée par les pompiers, ce qui provoquerait une explosion… Un bataillon de pompiers mourra en purgeant l'eau… Dans le même temps, des hélicos déversent du plomb dans le cratère afin qu'il cesse définitivement de recracher des particules radioactives, tant pis pour la dangerosité du plomb inhalé par les organismes humains…

    • 11 mai : un accès à la salle du réacteur via les corridors techniques permet de se rendre compte qu'il faut renforcer la dalle sous le réacteur afin que le magma n'atteigne pas l'eau de la nappe phréatique, l'une des plus interconnectées avec des mers et des fleuves… ;

    • 12 mai : des mineurs de la région de Moscou et des pays voisins (Biélorussie) sont réquisitionnés pour aménager un accès sous-terrain permettant d'installer un dispositif de refroidissement par azote liquide. Aucun des 2500 mineurs s'en sortira indemne… mais le refroidissement ne sera jamais installé… ;

    • Dans le même temps, 500 000 soldats réservistes, nommés liquidateurs, sont chargés de coller la poussière au sol en procédant à des largages aérien de produits coagulants, puis de nettoyer la couche de poussière sur les sols et les habitants (si ce n'est pas possible, les bâtiments sont détruits), puis de tuer tous les animaux, puis de racler la terre à proximité de la centrale. Le tout est enterré dans de grandes fosses ;

    • Août : utilisation de robots pour récupérer les débris de l'explosion ;

    • Septembre : des morceaux de graphites hautement radioactifs (les robots cessent de fonctionner à leur contact !) présents sur les toits de la centrale empêchent la mise en place du sarcophage. Des hommes seront réquisitionnés pour dégager ces déchets… ;

    • Octobre-décembre : la construction du sarcophage est terminée ;
  • Bilan : 27 pompiers sacrifiés, 600 pilotes sacrifiés, 500 000 réservistes exposés (malades ou mort), 2500 mineurs malades ou mort, 130 000 personnes exilées, 200 000 personnes rendues invalides, 8 millions de personnes vivant sur des terres irradiées, des malformations à gogo sur la descendance… Ces chiffres sont flexibles, car le taux de contamination a changé plusieurs fois afin de minimiser l'impact de la catastrophe et qu'aucune étude n'a été conduite durant 20 ans… ;

  • Cette catastrophe et la chute du cours du pétrole expliquent, en partie, la chute du bloc soviétique ;

  • Tchernobyl rend concret le processus de désarmement nucléaire quand on se rend compte que le plus puissant missile russe peut disperser autant de particules radioactives que 100 catastrophes de Tchernobyl… ;

  • L'iode provoque un goût métallique persistant. Les robots et les appareils photos cessent de fonctionner. La radioactivité génère des flashes blancs sur les photos ;

  • Point négatif : ce documentaire cautionne le mythe du nuage radioactif arrêté aux frontières de la France. Les autorités françaises n'ont jamais déclaré ça et leur communiqué annonçant la détection de particules dans l'air a mis 2 jours à se diffuser compte-tenu de la fête du 1er mai…


Tchernobyl, 30 ans après

Ce deuxième documentaire, datant de 2016, est moins précis, plus désorganisé (on passe du passé au présent pour revenir au passé, de l'URSS à l'Allemagne, etc.), militant pour la fin du nucléaire, et il se répète beaucoup (les images d'archives sont toujours les mêmes, même quand ça ne correspond pas à la voix off…).

  • Lors du démantèlement d'une centrale nucléaire, on utilise de l'acide phosphorique pour détacher les particules radioactives des supports contaminés. Le liquide acide devient contaminé, on le conserve séparément. Comme je le supposais : on n'élimine pas la radioactivité, on la déplace… ;

  • L'ancienne mine de sel d'Asse (Allemagne) a été utilisé pour enfouir des déchets nucléaires. Problème : l'exploitation passée de la mine a fragilisé le sous-sol. De l'eau s'infiltre dans les galeries et des éléments radioactifs y sont relâchés… Il faut donc extraire les fûts radioactifs emmurés puis les stocker ailleurs… ;

  • Le sarcophage construit en 1986 sur la centrale de Tchernobyl s'est usé plus vite que prévu : pluie, neige (donc risque de contamination de la nappe phréatique par infiltration), radioactivité… Un nouveau sarcophage a été construit et installé de 2012 à 2016. Il a été cofinancé par les pays du G7. 1,5 milliards d'euros. Il a encore fallut nettoyer le sol avant intervention… Évidemment, ça ne corrige pas le problème : il faut toujours récupérer le combustible et le stocker de manière sécurisée… ;

  • En 1986, les exilés nucléaires étaient rejetés par le reste de la population, ajoutant une misère sociale à la misère économique de personnes qui avaient perdu toutes leurs possessions… ;

  • Temps de démantèlement d'une centrale : échec allemand en 25 ans pour démanteler Lubmin ;

  • Aujourd'hui, il y a 440 centrales nucléaires en activité dans le monde.
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