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——————————— September 30, 2017 - Saturday 30, September 2017 ———————————

DataGueule s'intéresse à l'idée que les pionniers de nos Républiques se faisaient de la démocratie.

  • Ils en pensaient le plus grand mal : « gouvernement arbitraire, tyrannique, sanglant, cruel et intolérable » (John Adams, père fondateur des USA), « démocratie populaires avec ses mouvements tumultuaires et incertains » (Seyes, député à l'Assemblée Constituante française), « les malédictions que nous expérimentions découlent des excès de la démocratie » (Elbridge Gerry, l'une des plumes de la déclaration d'indépendance des USA) ;

  • Pour s'en protéger, il fallait un système représentatif avec une élite élue bien plus capable que les autres de gérer la chose publique (République = res publica = chose publique, pour rappel) ;

  • Ils présumaient que le reste de la société voulait s'occuper de ses affaires privées c'est-à-dire participer à la société commerçante et s'enrichir. Un système représentatif correspond le mieux à cela : division verticale de la société, une élite gère ce truc chiant qu'est la chose publique, les autres peuvent commercer tranquillou ;

  • Dès 1828 aux USA, se proclamer démocrate, c'est-à-dire proche des petits gens face aux élites permet de gagner une élection présidentielle.

DataGueule sur la désobéissance civile.

  • Expression d'un non, d'un refus d'agir au nom de valeurs universelles. Les lanceur⋅euse⋅s d'alerte, les ZAD, les squats de logements inoccupés, etc. ;

  • Cela permet de rendre vivante et dynamique la démocratie : la loi, nos règles de vivre ensemble sont percutées. Cette désobéissance permet de s'affranchir du carcan qu'elles représentent et ainsi de faire évoluer la société.

  • Ces formes de contestation peuvent venir en complément des actions légales qui semblent s'étouffer : l'abstention semble être privilégiée par rapport à un vote pour un parti contestataire (le FN n'est pas contestataire, il profite du système), le nombre de jours de grève diminue, les syndicats ont moins de force, etc. ;

  • On notera une forme de radicalisation des deux côtés : la désobéissance civile augmente car des personnes qui agissaient jusque-là via des moyens légaux peuvent être tentées d'hausser le ton, mais aussi parce que nos élu⋅e⋅s serrent la vis et que des actions qui étaient légales hier ne le sont plus forcément (exemples : la loi sur le service minimum imposent de nouvelles contraintes pour déclarer une grève, l'état d'urgence prévoit des limitations à la liberté d'aller et venir).

Ça date mais je note que :

  • L'État bloque l'accès majoritairement à du pédoporn et demande le retrait et le déréférencement de contenus "terroristes" en majorité. Est-ce le signe d'une police proportionnée (l'apologie/l'expression étant plus à géométrie variable qu'un acte) ou est-ce parce que les contenus "terroristes" circulent principalement sur les réseaux sociaux et qu'il est impossible (avec la technologie employée actuellement) de bloquer un contenu sans interdire l'accès à tout un réseau social ? ;

  • La nette augmentation des demandes policières est, pour moi, le signe de la montée en puissance du dispositif genre le temps que les procédures soient prises en compte par les flics. Elle ne m'étonne donc pas. Ce qui m'étonnerait, ça serait une augmentation les années à venir ;

  • Dans 90 % des cas, les hébergeurs et les éditeurs ont coopéré et ont retiré les contenus ligitieux ;

  • Aucun surblocage n'a été constaté, mais, d'un autre côté, le contrôleur manque de moyens et les flics ne répondent pas toujours à ses demandes de mise en contexte d'une demande de blocage/filtrage (car oui, un propos peut être légitime dans un contexte et pas dans un autre) ;

En ce qui me concerne je n’ai aucune haine envers qui que ce soit, j’ai des colères et des combats au niveau systémique, pour ce qui est des personnes, je juge au cas par cas.

Mais arguer de l’honnêteté de la majorité des employeurs pour par exemple casser le droit du travail est pour moi un non sens. On entend plus que cette chansonnette “il faut faire confiance” dans la bouche de nos gouvernants dirigeants. Il ne peut être question de confiance dans ces affaires. La loi est entre autre là pour protéger du pire. Cette position c’est pour moi comme vouloir adoucir la législation sur le crime organisé au prétexte que la plupart des citoyens sont honnêtes. C’est irresponsable.

+1

Dire « Faut arrêter avec le méchant patron », c'est aussi avaliser nos privilèges dans la société actuelle : ce propos est tenu exclusivement par des personnes pour qui la vie va tranquillement, des personnes qui n'ont jamais connu la précarité, le chômage, les conditions de travail déplorables voire inhumaines, le harcèlement, les licenciements économiques, etc. Donc de leur balcon, le paysage est magnifique. Pourquoi changer ? Dire « tout ce que tu viens de lister ben ce sont des choses tristes mais qui peuvent arriver », c'est faire preuve de bien peu d'empathie et de solidarité en mode « ma gueule va bien, merci ».

La loi est aussi un instrument normatif qui consigne les idéaux d'organisation de la vie en commun désirés par la société à un instant T. On a choisi de punir les crimes de sang, de construire nos habitats selon telles règles, de s'exprimer de telle façon entre nous, d'avoir ou non une filiation comme ceci et comme cela, de s'associer dans tel cadre, de travailler dans tel cadre, etc. Dire « Faut arrêter avec le méchant patron », c'est (s')empêcher de penser, c'est (s')empêcher de vouloir et de décider collectivement d'une autre forme d'organisation de nos sociétés, c'est acter que tout est figé, que rien ne change.

Dire « Faut arrêter avec le méchant patron », c'est aussi extrême que de s'exclamer « à mort tous les patrons ! ». Où est le juste milieu ?

Via https://lehollandaisvolant.net/?id=20170929181855

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