All links of one day
in a single page.
<Previous day - Next day>

rss_feedDaily RSS Feed
floral_left The Daily Shaarli floral_right
——————————— December 23, 2016 - Friday 23, December 2016 ———————————
fiche-lecture -

Là encore, un PDF que j'ai sur mon disque dur depuis mi-2011…

Le titre respire bon le Parti Pirate et entretient la confusion entre hacker et pirater… … …

Ce livre nous présente un projet de société, celui dans lequel Internet, en tant que technologie et en tant que réseau humain, permet de faire évoluer la société vers quelque chose de moins mauvais : plus de liberté d'expression pour chacun-e, fraternité, collaboration, diffusion inédite du savoir, etc.

Ce projet de société est pauvrement rédigé, présenté uniquement à des initié-e-s en cela que rien n'est expliqué, tout (les effets produits par Internet, par exemple) est censé être évident. Les sujets s'enchaînent sans transition, sans réel sens. Aucune piste n'est donnée, rien. Nous sommes en présence d'un brouillon.

Je recommande de passer son chemin.



Quelques notes :

  • Le collectif d'auteur-e-s semble avoir du mal à assumer sa position "il ne faut rien censurer" et choisit donc d'écrire, dans le même temps, que le premier amendement de la Constitution des USA (liberté d'expression avec beaucoup moins d'exceptions que chez nous) est peut-être trop extrême ;

  • Différence entre la loi et les protocoles Internet : les deux sont incontournables pour faire société ensemble mais on vulgarise ces derniers mais pas la loi. Et, en effet, je n'ai pas connaissance de l'existence de structures qui diffusent les outils, les techniques et les méthodes permettant au plus grand nombre de citoyen-ne-s de comprendre la loi. Je ne parle pas de conseiller pour un problème donné, ça c'est le boulot des avocats et il y a des permanences gratuites dans un grand nombre de villes, pour info ;

  • Attention aux nouveaux systèmes de répartition des droits d'auteur que l'on propose : un fléchage par tout un chacun-e peut entraîner des dérives comme celles autour de la taxe professionnelle pour laquelle il y a des yeux doux de la part d'établissements d'enseignement supérieur pour en récupérer le plus possible. Au final, les grosses organisations sont favorisées. Même chose pour une répartition selon l'affection : combien d'artistes de la variété française, pour ne citer qu'eux-elles ont fait de gros bide à leurs débuts ? Leur travail ne méritait donc pas rémunération ? ;

  • « À l’inverse la surveillance d’un ou plusieurs citoyens, le rattachement de sa vie sur le réseau à son identité physique, morale ou pénale ne peuvent être faits que dans l’intérêt de la société basée sur un système démocratique. ». L-O-L. Qu'est-ce que l'intérêt de la société ? C'est une notion floue et très fluctuante : ces derniers temps, la "société" a visiblement choisi "sécurité > *". Là aussi, attention au projet de société que nous formulons ;

  • Dans le monde idéal rêvé par le collectif d'auteur-e-s, les guerres ne pourraient plus exister car il y aurait le respect du Peuple dans chaque coin du globe. En quoi ça empêche l'existence de guerres pour s'accaparer des ressources naturelles ou pour le profit de quelqu'un-e-s ? En quoi cela empêche l'existence de guéguerres idéologiques ? Celles-ci sont inévitables et, de mémoire, ont fait que Paul a quitté le Parti Pirate.
fiche-lecture -

J'ai ce livre au format epub depuis avril 2013. Il était grand temps de le lire. :D

Les définitions des termes (hacker, fablab, hackerspace, logiciel libre, etc.) sont irréprochables. Les exemples de projets pour illustrer les pratiques présentées sont nombreux. L'auteure a bougé entre l'ouest de la France (Bretagne en force !) et l'Allemagne pour gratter le sujet avec les principaux-ales intéressé-e-s.

Le livre est rempli de références vers des projets, permettant ainsi au lectorat de continuer de creuser le sujet en toute autonomie. L'exemple qui m'a le plus marqué est le projet de sextoys DIY, peut-être parce qu'on est au zénith d'un projet DIY qui fait plaisir à toutes les étapes (conception->utilisation), mais bref. :)

Je trouve que l'auteure manque globalement d'un un peu de recul et de mise en contradiction des propos récoltées, on est clairement dans une vision idéalisée du monde du hacking avec très peu d'interrogations, de remise en question, de questionnement des pratiques constatées.

Malgré quelques références obscures qui ne pourront être comprises par un-e non-initié-e lors de sa première lecture, je recommande vivement la lecture de ce livre à toute personne qui croit que hacker = pirate ou qui a du mal à voir les contours du concept de hacking ou qui a du mal à concevoir comment cela se concrétise.



Quelques notes :

  • À propos du Parti pirate : il fut un temps où les trublions au parlement allemand, c'était les Verts puis la formation politique s'est structurée et a abandonné les jeans pour les costards. Le Parti Pirate se fera-t-il institutionnalisé ou les parlements se feront radicaliser ? Un peu des deux, probablement ;

  • Est-ce que les hackers seraient aussi inventifs et créatifs s'il-elle-s se professionnalisaient (même au sein d'une ONG) ? En gros, est-ce que c'est le cadre (horizontalité, relative liberté, etc.) qui fait le hacker ou est-ce que c'est le hacker qui fait son nid où que ce soit ? ;

  • Les hackers influent sur la société mais la société influe très clairement sur eux-elles. Quand les politocard-e-s viennent les consulter comme en Allemagne, ce n'est pas neutre et on retombe sur la question de l'institutionnalisation. Quand le hacking devient un phénomène de mode selon les agences de communication, ce n'est pas sans conséquence sur le monde du hacking qui doit se conformer ou repousser une image calquée, etc.
-