The Daily Shaarli
Excellente intervention de Benjamin Bayart datant de janvier 2009 qui nous remet les idées en place sur le droit appliqué à Internet. Cette causerie est de pleine actualité, je trouve.
D’ailleurs, une de ses fonctions essentielles, à ton cerveau, c’est de confirmer ce que tu crois déjà. En gros, plus tu crois un truc, et plus ton cerveau va sélectionner dans la réalité des détails qu’il va mettre bout à bout pour te prouver que ce que tu crois, c’est la vérité ! […] Quand il te manque des infos sur quelque chose, ton cerveau comble automatiquement les trous en piochant dans ta tête dans les trucs dans ta tête que tu crois déjà savoir pour te construire une belle vision du monde, de toute façon limitée par ce que tu crois.
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Du coup tu te rends bien compte que tout ce que tu penses consciemment, c’est qu’une toute petite sélection des informations qui existent ! Et cette sélection ridicule, elle est là pour te prouver tes croyances !
Oui c'est le cerveau, j'écoute. Sur quoi on porte son attention aujourd'hui ? Bouge pas. Ah bah tiens ça c’est le sens de sa vie, ça l'intéresse, ça, non ? Non il pense que la vie c’est de la merde. Ok ! Tu m’isoles le ciel gris, tu montes le son du marteau piqueur et tu m’fais un beau zoom sur la flaque de pisse à gauche là. Bah si, si comme ça avec un peu chance il va glisser dessus et ça va bien correspondre à l’opinion qu’il a de la vie.[…]
Et le critère qu’utilise ton cerveau pour te donner, ou pas, les informations qu’il te donne, c’est le sentiment que tu as de toi-même.
Bon, bah elle est bien cette teuf ! Comment il se sent ? Peur du rejet, peur du jugement. Bon bah très bien ! Tu vois le groupe qui a l'air sympa là ? Ouais, bah nan, on va focaliser son attention sur l’aquarium de la cuisine. Si, y'a un poisson crevé dedans comme ça on va pouvoir le regarder en faisant la gueule. Ah bah nan mais comme ça il va être sûr d’être rejetable. […][…]
Comme ta vision du monde, elle dépend entre autres du sentiment que tu as de toi bah t’as plutôt intérêt à ce que ce sentiment soit pas tout pourri ! Tu t’es déjà demandé si ce que tu croyais, ça te rendait heureux·se tous les jours ? Le moyen le plus simple que tu as d'améliorer ce sentiment, bah c'est de commencer à croire des trucs qui te rendent heureux ! Parce que si tu fais ça, ton cerveau il va isoler dans la réalité des trucs nouveaux qui vont te prouver que ce tu crois maintenant, c’est également la vérité.
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[…] Il a réussi à sortir avec elle 3 fois quand même là, il doit être content ! *Peur de l’abandon…* Alors tu m’affiches en grand le temps écoulé depuis son dernier texto et tu me lances une réinterprétation de tout ce qu’elle dit s'il te plait, ouais. Contre lui. Si si, comme ça ça va bien lui foutre la pression et avec un peu de chance, elle va finir par le larguer bien comme il faut. Ouais si si on sera bien raccord.
Je voudrais juste revenir sur un tout petit détail ton cerveau, ça te dit un truc ? Bon, en vrai je devrai dire tes cerveaux, parce que en fait t'as des neurones dans ton ventre, dans ta tête, et dans ton coeur.
Pour simplifier, t'as quatre émotions principales : la colère […], la tristesse, […], la peur […], et la joie. Et quand une de ces émotions se manifeste, ce qu'elle veut c'est te pousser à faire un truc. L'émotion, c'est ton cerveau qui te dit : « réagis ! ».
Par exemple, la colère, elle te dit pas : « mais tu vois pas que c'est rouge, connard ! », elle te dit : « J'ai besoin que mes valeurs soient respectées ». […]
La tristesse, elle te dit pas : *gérémiades*, elle te dit : « désormais, je suis disponible pour un renouveau ». Donc en gros quand t'es triste, c'est que ton cerveau a compris que c'était fini, mais pas toi et que si tu commences autre chose, et ben t'arrêtes d'être triste.
La peur, elle te dit pas « Haaaaaaaaaaah ! », elle te dit : « voilà ce qui pourrait arriver si tu ne réagis pas ». Ça veut dire : « bouge ton cul ! »
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Donc en gros c'est 3 signaux qui te disent tous la même chose : « fais une action, pour revenir à ton émotion de base : la joie ». […] C'est la seule de tes émotions que ton cerveau essaie de reproduire en permanence.
En tout cas, ça rappelle que ton système de valeurs, il vaut mieux pour toi que tu te le prennes en main… Parce qu’au final, il s’agit quand même de ton identité ! Parce que quand on est gamin·e, on grandit dans un environnement qui nous impose des valeurs qu’on choisit pas forcément. Donc au passage, quand t’es grand, et qu’on essaye de t'incruster des valeurs dans la tronche à grand coups de principes du genre le travail c’est la santé, bah ça veut dire qu’on t’infantilise ! […]
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La colonne vertébrale de ton identité : c’est les valeurs que tu choisis.
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[…] Si tu choisis pas toi-même tes valeurs au bout d’un moment, tu risques de ressentir un gros malaise, voire de rester bloqué et ton estime de toi elle finit dans l'eau potable de tes toilettes ! Du coup après, pour sauver les toutes petites miettes de ce qu’il reste de ton vrai toi, ton cerveau va déformer ta perception de la réalité pour te convaincre que, après tout, tu es toujours cohérent avec tes valeurs.
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Et sinon parfois, tu te radicalises, parce que tu peux plus supporter la différence entre ce que tu voudrais vivre et ce qui se passe vraiment. Du coup comme tu veux plus lâcher tes valeurs, bah elles évoluent plus, et tu commences à vouloir imposer ta façon de les pratiquer à tout le monde. […]
Mais tu te rends bien compte que quand tu en es réduit·e à ça, c’est que tu confonds tes valeurs et tes croyances ? Pour être clair : une valeur, c’est « pourquoi » tu fais les choses. Alors qu’une croyance, c’est le « comment » tu fais les choses pour pratiquer cette valeur !
Oui oui, Dieu a dit : « aimez-vous les uns les autres », tout à fait, oui. Mais l’amour est une valeur qui a des règles précises ! Précises, oui. Non monsieur les hommes ensembles ça ne fonctionne pas. A trois ? Quelle horreur non ! Pas du tout, ça fait pas de l’amour ça ! C'est pas chacun qui fait comme il veut ![…]
[…] Ce qui fait que t’es toi et pas un autre, c’est aussi la hiérarchie que t’apportes à tes valeurs !
La violence. Tu sais ? C’est le truc auquel tu comprends rien et qui te fait faire des trucs improbables qui se terminent dans de la souffrance véritable.
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Un acte violent, c’est de la responsabilité de celui qui le produit !
C’est aussi un truc qui te prend par surprise et auquel on a quand même donné des espèces de « nuances ». Par exemple : mettre un coup de boule à une mamie dans la rue, c’est une « agression ». Shooter dans un yorshire c’est de la « cruauté ». Et gifler un enfant, c’est de « l’éducation ». Mais tu vois bien que même si tu changes de mot, c’est toujours de la violence ?
[…]
Quand tu hurles sur quelqu’un pour lui transmettre une information, t’obtiens un choc traumatique qui engendre un état de sidération. Ça fait que ton cerveau, il imprime plus rien, oui encore moins qu'avant. Parce qu’en fait, il sécrète des produits similaires à de la morphine et à la kétamine ! Non, c’est pas pour être défoncé, c’est pour protéger ton cœur de la crise cardiaque !
[…]
Sans compter qu’à force de réprimer ses émotions à grands coups de sidération le cerveau se développe mal et devient moins capable d’empathie et plus réactif au stress ! Du coup il se met à produire de la violence plus facilement du coup il reproduit le schéma sur les autres et au final ça produit encore plus de gens violents !
[…]
La violence, dans ton cerveau c’est une alarme qui t’indique qu’il y a trop de pression parce que t’as trop de besoins que t’as pas satisfait.
Ok ! Alors tu me lèves le volume de hurlement à 12 et ensuite on va se mettre à tout insulter. Ensuite on va taper 4 fois avec le couteau sur la table, et on va finir par un lancé d’assiette à travers sa gueule, comme ça on va bien finir par se faire comprendre et avec un peu de chance on va finir par remplir un de nos besoins. Comment ça lequel ? Bah je sais pas la question ! J'en ai rien à foutre ! ACTION !
Un débat de juin 2016 sur un revenu de base inconditionnel.
