The Daily Shaarli
Bref, pour ces acteurs, il est temps de réagir. Ce mardi, à l’initiative des groupes les Echos-le Parisien et Lagardère, une grande coalition d’acteurs français a présenté l’alliance «Gravity». Il s’agit d’une plateforme numérique commune et automatisée d’achat d’espaces publicitaires destiné aux annonceurs. Sa particularité est que les partenaires de l’alliance y croiseront l’intégralité des données personnelles des internautes dont ils disposent. L’objectif est d’avoir un meilleur ciblage des utilisateurs, qui permettra de vendre une publicité plus précise et plus chère aux annonceurs, et ainsi de rivaliser avec Google et Facebook, dont la force repose justement sur la quantité de données qu’ils détiennent.
Le projet Gravity ne réunit pas que des groupes de presse et de médias (dont aussi M6, Condé Nast, l’Equipe, Prisma, Sud Ouest…). Il intègre l’opérateur télécoms SFR (propriétaire de Libération), le distributeur Fnac Darty et la maison mère des Pages jaunes, SoLocal Group. Ce qui lui offre un large panorama de données personnelles, sur la socio-démographie des internautes, leur localisation géographique, leurs centres d’intérêts et leurs habitudes et intentions d’achat. Cette alliance d’une centaine de «marques» différentes revendique un accès à plus de 10 milliards d’informations individuelles renouvelées chaque mois, touchant plus de 16 millions d’individus. Avec une pénétration du marché de 44%, elle reste un niveau en dessous des 60% et 70% de Google et Facebook, mais est en mesure de proposer aux annonceurs une nouvelle option puissante. «Nous essayons faire émerger un troisième acteur», résume Francis Morel, le boss des Echos et du Parisien.
Donc pour exister, il faut copier les pratiques détestables des gros que l'on cherche à concurrencer ? Ne surtout pas se remettre en question et persister dans le business crade de la pub … … … Cette surveillance privée est inquiétante compte-tenu de la masse d'informations dont disposera cette régie publicitaire. On râle contre les projets de surveillance et de croisement de fichiers contenant des données personnelles mis en œuvre par l'État policier mais là… Sans compter que cette initiative va agir comme un écran de fumée entre les dirigeant⋅e⋅s de ces groupes de presse et la réalité (il⋅elle⋅s croiront que leur groupe est sauvé) donc la qualité rédactionnelle continuera à être en chute libre puisqu'aucune remise en question du contenu n'émergera. Excellent…
Tiré de : https://mamot.fr/users/AdrienneCharmet/updates/375065 : Les groupes / titres de presse engagés dans le projet "Gravity" de centralisation des données personnelles :
Groupes Centre-France (La Montagne, La Nouvelle République du Centre-Ouest, entre autres), Condé Nast (The New Yorker, Vogue, Vanity Fair, Ars Technica, entre autres), FNAC Darty, L’Équipe (et donc le Groupe Amaury, organisateur d'événements sportifs comme le Tour de France ou le Rallye Dakar), La Dépêche du Midi (donc Midi Libre, La Nouvelle République des Pyrénées etc.), Lagardère Active (Le journal du dimanche, Elle, Paris Match, Ici Paris, etc.), Le Télégramme, Les Echos-Le Parisien, Marie-Claire, M6 (Ozap, jeuvideo.fr, Clubic, etc.) Groupe Perdriel (Sciences et Avenir, Challenges), Prisma Media (Ça m'intéresse, National Geographic, Capital, Télé Loisirs, Femme actuelle, etc.), SFR (Libération, L'Expansion, etc.) Sud-Ouest et SoLocal (maison mère des pages jaunes ).
