Monsieur Phi sur la réfutation des arguments ontologiques, c'est-à-dire la démonstration de l'existence d'un concept par sa définition (= essence / concept implique existence = preuve a priori).
Exemple : Dieu est perfection, exister est supérieur à ne pas exister, donc Dieu existe. Tiré de Descartes, même si le moine Anselme de Cantorbéry, docteur magnifique, 10e siècle, l'avait déjà formulé autrement et s'était aussi fait réfuter par l'un de ses contemporains, le moine Gaunilon et son île de la fortune. Thomas d'Aquin, le docteur angélique, réfute également, car il n'admet que les preuves a posteriori, c'est-à-dire basées sur des observations.
Leibniz complète Descartes en supposant que la prémisse « Dieu est perfection / a toutes les perfections » est cohérente, sans contradictions internes (ex. : deux perfections incompatibles). Compossibilité (plusieurs possibles peuvent être possibles en même temps).
Kant réfute : la notion d'existence n'ajoute pas d'information à un concept, elle ne le caractérise pas davantage. A contrario, dire d'un objet est rouge, ça nous avance. L'existence, n'est pas une propriété (= un prédicat réel). Un billet de 100 € possible (= concept) a les mêmes propriétés qu'un billet réel. Le concept « billet de 100 € dans ma poche » possède l'existence, mais cela est sans effet concret.
Preuve ontologique de Kurt Gödel sur l'existence de Dieu. On admet que Dieu a toutes les propriétés positives. Elles sont compatibles (compossibilité). Il est nécessaire que cet être qui a toutes les propriétés existe. Que sont les propriétés positives ? La portée de la démonstration est faible.
Edward Zalta (philosophe) et sa théorie des objets abstraits :
Deux modes de prédication. Contenir n'est pas satisfaire.
Exemple : Sherlock Holmes contient des propriétés (détective, anglais, etc.), il en satisfait d'autres (personnage de fiction, héros de tel ouvrage, etc.), mais il ne satisfait pas la propriété « existence ».
Le concept de Dieu peut bien contenir une propriété « existence », mais on ignore si quelque chose satisfait les propriétés du concept de Dieu.
Ça me fait penser à la programmation orientée objet (POO), classe versus objet, définition versus implémentation. Une classe abstraite matérialise un ensemble de propriétés qui ne peut être implémenté / réalisé. En l'espèce, on cherche une implémentation des classes « Dieu » (car il y a plusieurs définitions de Dieu, donc de classes). D'ailleurs, l'effervescence de la POO est simultanée à la théorie de Zalta. :D