Règlement européen « responding to Child Sexual Abuse Material (CSAM) » en cours de discussion depuis 2022. Suite de la dérogation à ePrivacy de 2021.
Fait partie de la stratégie de l'UE « pour un meilleur Internet pour les enfants » (ça fait penser au Online Safety Act du Royaume-Uni, j'vais y revenir).
Faire surveiller par les hébergeurs et les opérateurs / fournisseurs, les publications, les magasins d'applis, et les messageries privées (côté client, donc avant chiffrement) afin d'identifier le pédoporn (plus largement les violences sexuelles sur mineur). Vidéo, image, audio (hors temps réel), et URL 😮️. LQDN considère que les chats dans les jeux vidéo sont concernés. Contrairement au DSA, pas d'exemption en dessous d'un seuil (CA, nombre d'utilisateurs, etc.) ;
Plusieurs étapes obligatoires :
Récemment, Apple s'est fait mousser en annonçant renoncer à détecter les contenus pédoporn sur iCloud. Comme le rappelle LQDN : « Néanmoins, il faut relativiser cette prise de position dès lors que la firme continue d’expérimenter une technologie similaire dans une fonction facultative dénommée « Communication Safety » qui recherche de la nudité directement sur les terminaux. ». On constate cela dans les articles de Wired et d'Ars Technica.
Sources :
ÉDIT DU 21/12/2023 :
Fin novembre 2023, les différents groupes politiques du parlement se sont mis d'accord sur une position commune refusant les injonctions généralisées de surveillance d'un acteur. Une surveillance ciblée, sur injonction judiciaire, d'individus et de groupes (genre tout un canal de discussion) sur lesquels pèserait une suspicion resterait possible. Restera à voir les détails quand la nouvelle monture du texte sera publiée genre comment cela sera-t-il fait si chiffrement de bout en bout ? La vérification de l'âge demeure (nouveautés : pas de conservation des "justificatifs" et trucs du même genre, vérification proportionnée pouet-pouet, etc.)
Suite ? Gérer le dissensus avec le Conseil (co-législateur UE). Rien n'est encore joué.
Rejet le 20 juin 2024, sous la présidence belge de l'UE, qui poussait. La Hongrie, qui prend la présidence, a annoncé qu'elle poursuivrait les négociations… Dans cette version, on a tout vu : chantage "consentement à l'analyse sinon interdiction d'envoyer des images ou URL" (allo, le caractère libre du consentement ?)…
Concernant le Online Safety Act anglais : il concerne l'automutilation, les menaces, le harcèlement, les fausses infos (kézako ? Tout gouvernement, collectif ou individu en diffuse en permanence…), la pub pour des escroqueries (tout le marketing n'est-il pas une escroquerie ?), l'accès au porn par les mineurs et donc l'impossible question de la vérification de l'âge. Il a un côté DSA : il concerne aussi les adultes, il vise les grands acteurs numériques, il exige d'eux des évaluations de la menace, il prévoit de lourdes sanctions, etc. Comme le règlement CSAR, il prévoit l'analyse des messages interpersonnels mais le gouvernement a promis qu'il n'obligera pas les acteurs à compromettre le chiffrement ni à utiliser des techniques qui n'existent pas (encore heureux), et, c'est bien connu, quand un gouvernement promet, on est rassuré. :))))
FIN DE L'ÉDIT DU 21/12/2023.
Avis de 2024 du CEPD sur ChatControl.
ÉDIT DU 01/11/2025 : deuxième abandon de Chat Control sous la présidence du Danemark (qui a poussé à la roue). Jusqu'à la prochaine tentative… Dans cette version, c'était nommé « modération de l'envoi des fichiers », joie du marketing politique. FIN DE L'ÉDIT du 01/11/2025.
Début 2026, l'analyse généralisée passerait à la trappe (à confirmer d'ici fin juin 2026), mais… la dérogation permettant au privé de la réaliser pourrait être prolongée et/ou l'accès à des services ne mettant pas en œuvre une telle analyse pourrait être conditionnée à une vérification de l'âge…
Mars 2026 : rejet du prolongement de la dérogation.
Fin juin 2026 : trilogue infructueux sur le règlement CSAM + nouveau règlement pour réintroduire la dérogation. Source.
Juillet 2026 : dérogation adoptée jusqu'en avril 2028, mais avec l'exclusion des comm' chiffrées de bout en bout. Reste l'adoption par le Conseil. Suivi de la procédure législative.