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  • Benjamin Bayart raconte les débuts d’Internet… en cuisinant un bœuf bourguignon | LBCN - Partie 1 - YouTube

    + Benjamin Bayart : comment la neutralité du net a été défendue en Europe | LBCN - Partie 2
    + Benjamin Bayart : les plateformes menacent-elles l’Internet ouvert ? | LBCN - Partie 3
    + Benjamin Bayart : Internet peut-il rester un espace libre ? | LBCN - Partie 4

    Historique de la vie associative de Bayart, présidence de FDN puis FFDN, paysage associatif d'il y a 20 ans (April, Association des Utilisateurs d'Internet ‒ AUI ‒, qui ne se parlent pas), conférence Minitel 2.0 et convergence logiciel libre et réseaux libres, combats (notamment la neutralité du Net), et les quatre principaux marronniers autour d'Internet (féodalisme ‒ ça serait à Facebook de faire la loi chez lui ‒, responsabilité des intermédiaires techniques, surveillance généralisée de la population / volonté de contrôle, et absence de distinction entre interdire et empêcher donc entre un régime de liberté et de sanction a posteriori et un régime totalitaire, paternaliste, sans initiatives).

    Beaucoup d'intéressantes digressions philosophiques, d'anthropologie politique, et politiques (dans le bon sens du terme). La hauteur de vue de Bayart demeure impressionnante (sans pour autant que je partage une possible causalité entre une organisation sociale observable sur Internet issue de contraintes techniques et des faits hors Internet).

    L'une des digressions les plus intéressantes est le fait que l'administrateur (root), l'intermédiaire technique, est inévitable et qu'il a tous les droits. On ne sait pas le lui retirer techniquement. Pour Bayart, la décentralisation et la fédération à-la-fediverse est un moyen de juguler son pouvoir. Quentin objecte qu'il manque quelque chose, comme un Parlement, pour définir la règle commune, et qu'on a donc une fédération de tyrannies. Benjamin répond que c'est moins pire qu'un média social centralisé, que c'est moins compliqué de changer d'instance que de déménager dans un autre pays pour fuir une dictature, et qu'on n'a pas mieux.

    Une société ouverte, démocratique, etc., amène nécessairement la liberté d'entreprendre, mais pas l'inverse. D'où Benjamin se bat d'abord pour les droits et les libertés fondamentales des personnes physiques, qui incluent la libre entreprise.

    On retrouve également l'idée que les mots, le langage, ne permettent pas seulement d'exprimer des concepts, de les transmettre, mais qu'ils nous permettent de conceptualiser. Exemple : le glissement d'« exploité », courant il y a encore 50 ans, à « pauvre » ; dans le premier cas, on cherche qui est l'exploiteur et on corrige le tir à la racine par un jeu de pouvoir / contre-pouvoirs, alors que, dans le second, il n'y a pas de responsable, la pauvreté est arrivé comme ça, c'est tout, on n'est pas tous égaux, et on va corriger avec de la redistribution de miettes du gâteau. Quentin embraye sur le fait que le langage n'est pas toujours performatif et qu'il ne se suffit pas à lui-même pour faire advenir un changement. Typiquement, l'écriture inclusive permet de mettre en exergue un problème et d'en débattre, mais elle ne résoudra pas l'inégalité hommes-femmes. Ce n'est pas Internet qui a fait les révolutions arabes du début des années 2010, mais les citoyens dans les rues, Internet n'a fait que diffuser et amplifier cela.

    Épisodes les plus intéressants : 2 et 4. Le 1 est historique et décousu. Dans le 3, censé être centré sur le modèle de pensée féodal, ça part dans tous les sens.

    D'une manière générale, Quentin interrompt trop souvent Benjamin.

    05/04/2026 11:03:09 - permalink -
    - https://www.youtube.com/watch?v=b-YMg84rJOg
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