Socrate (je sais que je ne sais rien) => Platon (Académie) => virage sceptique au 3e siècle avant JC = Nouvelle Académie, pour concurrencer les stoïciens de Zénon qui prétendent tout expliquer => virage vers le scepticisme probabiliste / modéré au 1er siècle avant JC = accepter les thèses les plus plausibles en fonction des données disponibles, rejeter les autres en attendant des preuves / suspendre son jugement => on a encore ça aujourd'hui (zététique).
Pyrrhon d'Elis (4e siècle avant JC) : sceptique / zététique / aporétique. Rien de lui. Sextus Empiricus (2-3e siècle). Pyrrhoniens. Contre la Nouvelle Académie. Un sceptique n'établit rien, pas même son doute, pas plus ceci que cela, etc. Même prétendre qu'on ne sait rien est too much pour eux (cela fait de l'inconnaissabilité une connaissance). Rejet de toute prétention de connaissance, suspension absolue du jugement (époché) dans l'indifférence, peu importe les preuves. Scepticisme radical. Ataraxie (paix de l'âme) atteinte par accident en renonçant à la chercher.
Tropes sceptiques servent à saper toute prétention de connaissance. Notamment celles d'Énésidème et le trilemme d'Agrippa : régression à l'infinie (chaîne infinie des connaissances pour en démontrer une), le cercle (pétition de principe), ou arrêt dogmatique (thèse acceptée sans justification). Dans l'épistémologie contemporaine : chaîne infinie = infinitisme ; cercle = cohérentisme ; et arrêt dogmatique = fondationnaliste (ex. : axiomes ou expériences immédiates) = option favorite, mais du coup… fondations fragiles, mais qui permettent d'avancer.
La radicalité du scepticisme pyrrhonien est juste invivable, paradoxale, comme le montrent avec humour l'introduction et la conclusion de la vidéo. 😀️ Ne rien promouvoir, pas même le scepticisme… Tension entre transmettre et ne rien affirmer, dont on ne peut sortir qu'en affirmant des choses, qu'en respectant les coutumes et les apparences tout en prétendant ne pas y adhérer, le faire par automatisme et détachement… L-O-L.
#Monsieur Phi