En février 2022, la CNIL a mis en demeure plusieurs sites web de ne plus utiliser Google Analytics : transfert illégal de données personnelles vers les États-Unis, car ils ne présentent pas de garanties suffisantes de respect de la vie privée.
La problématique fondamentale qui empêche ces mesures de répondre à la problématique de l’accès aux données par des autorités extra-européennes est celle du contact direct, par le biais d’une connexion HTTPS, entre le terminal de la personne et des serveurs gérés par Google. […] Les requêtes qui en résultent permettent à ces serveurs d’obtenir l’adresse IP de l’internaute ainsi que de nombreuses informations sur son terminal. Celles-ci peuvent, de manière réaliste, permettre une réidentification de celui-ci et, en conséquence, l’accès à sa navigation sur l’ensemble des sites ayant recours à Google Analytics.
J'en profite pour rappeler que le RGPD ne prévoit pas d'approche par les risques en matière de transfert de données persos vers un pays qui ne présente pas un niveau adéquat de protection de la vie privée. Donc, peu importe la probabilité qu'un européen fasse l'objet d'une demande des autorités ricaines.
Je découvre les recommandations du CEPD sur les mesures supplémentaires à mettre en œuvre lors d'un transfert de données personnelles hors de l'UE et en l'absence de décision d'adéquation.
En juin 2022, la CNIL a publié cette notice sur l'utilisation d'un reverse proxy comme mesure technique supplémentaire autorisant le transfert vers les États-Unis.
Cette méthode peut être utilisée avec d'autres destinations / produits / outils que Google Analytics.
Elle me semble être une mauvaise idée à tous les niveaux :
Dans le cas d'un outil de mesure d'audience (Google ou autre), l'utilisation d'un reverse proxy retire une grande partie de l'intérêt de l'outil. :D
La CNIL a une mission de conseil (article 8 de la loi I&L), mais pas de n'importe quoi. Là, on se tire une balle dans le pied, surtout avec l'absence de contrôle depuis l'extérieur. :(
Sans surprise, ce qui devait arriver arriva : https://www.linforme.com/tech-telecom/article/transfert-de-donnees-vers-les-etats-unis-le-figaro-epargne-par-la-cnil_1801.html
Certes, la Société du Figaro a bien mis en œuvre dans l’intervalle de ces trois années des mesures techniques (en l’occurrence, une « proxyfication », consistant en l’utilisation d’un serveur intermédiaire pour limiter les risques d’identification des internautes), mais les choix opérés n’ont pas été jugés suffisamment solides par la CNIL. Dans un courrier daté du 4 juin, adressé à la plaignante et qu’a pu lire l’Informé, Marie-Laure Denis, présidente de l’autorité relève qu’ils « n’ont pas permis d’éviter le transfert de données à caractère personnel des utilisateurs du site web LeFigaro.fr vers les États-Unis ».